Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,

Le Général de Gaulle a offert à la France des Institutions, une Constitution d'une solidité absolument extraordinaire. Une solidité qui a permis à notre pays de traverser de graves crises sans que jamais la conduite de l'Etat n'en souffre.

Avez-vous conscience Monsieur le Premier Ministre que, si vous êtes là, devant nous, pour quelques semaines, ce n'est certainement ni grâce à la cohésion de votre majorité, ni grâce à vos talents personnels mais par la grâce des institutions de la Vème République.

La logique constitutionnelle veut qu'un Chef du Gouvernement émane de deux légitimités. Celle du Président de la République et celle de sa majorité parlementaire. Il est arrivé que des Premiers Ministres ne possèdent que l'une des deux. Mais jamais qu'il n'en ait aucune des deux.

Or, c'est bien la situation inédite, insolite et pour tout dire pathétique dans laquelle vous êtes.

Nous ne doutons pas, Monsieur le Premier Ministre, que vous aimez notre pays, que vous aimez l'Etat et la République. Et que, par conséquent, comme l'immense majorité des Français, vous avez un peu honte du spectacle délétère que la gauche de Gouvernement a donné au pays depuis 15 jours ?

Il est insupportable -parce que nous parlons de la France et de son image- que certains tentent de faire croire à nos concitoyens que François HOLLANDE a pris une décision aussi courageuse qu'élégante et estimable. De qui se moque-t-on ?

Il a pris la seule décision qu'il pouvait prendre, celle de la fuite en rase campagne, de la reddition sans conditions, en un mot de la démission pure et simple. Une démission sous les coups de boutoirs d'un Premier Ministre qui, il faut le dire, l'a trahi.

Le Président de la République, et on le comprend, ne pardonnera pas à celui qui lui a donné le dernier coup de poignard. Pourriez-vous, droit dans les yeux, m'affirmer que ce n'est pas la vérité ? Non, et vous le savez très bien.

François HOLLANDE aurait pu être destitué pour bien d'autres raisons. Mais, en dernier ressort, c'est son propre Premier Ministre qui l'a destitué, enivré, aveuglé même qu'il est par l'image qu'il a de lui-même dans son beau miroir.

Si je rappelle ces faits précis, bruts, presque tragiques, c'est pour mettre en lumière ce qui restera sans doute comme l'un des fautes majeures du Président de la République et de votre majorité : avoir abîmé profondément nos institutions.

Oui, Monsieur le Premier Ministre, le spectacle affligeant de ces derniers jours a abîmé la République et il n'est que l'ultime acte d'un quinquennat de tous les échecs.

Vous avez tenté, dans un exercice un peu désespéré, de vous accrocher à une déclaration de politique générale.

Une déclaration de politique générale, à cinq mois de la fin de la partie, personne ne l'avait imaginé, ni même essayé.

Vous, vous n'avez pas reculé devant le ridicule mais vous n'avez trompé personne. Votre discours n'était bien évidemment pas une déclaration de politique générale. A certains égards peut-être un discours d'adieu parce que votre obsession, c'est maintenant de vous racheter et de repeindre un bilan qui n'est pas, qui ne sera jamais défendable.

Ce quinquennat ne mérite aucune oraison. Il ne mérite qu'une critique sévère, implacable et cinglante. Un réquisitoire qui puise ses fondements dans le commencement de ce quinquennat et même, pour être tout à fait précis, dans ses préliminaires. Je sais et je comprends que cette critique vous blesse comme la vérité blesse toujours.

Votre quinquennat, Monsieur le Premier Ministre, a commencé par un mensonge, celui de l'élection de François HOLLANDE qui a dupé le pays, et a bâti sa campagne sur des caricatures indignes.

Car vous le voyez bien, avec le recul et à la lumière de ce qu'est votre exemple, le couple exécutif, entre 2007 et 2012, a tenu le cap de la première à la dernière seconde. Avec Nicolas SARKOZY et François FILLON, les institutions ont été respectées. Cela n'a pas été le cas avec vous.
Notre majorité, de 2007 à 2012, est restée, sans jamais faillir, unie, soudée et cohérente autour de François FILLON, notre Premier Ministre et Nicolas SARKOZY, notre Président de la République. Votre majorité, elle, en a été incapable.

Viens maintenant le moment de vous rafraîchir la mémoire, tout heureux que vous semblez être de loger à Matignon pour quelques semaines. Vous rafraîchir la mémoire car vous êtes aussi responsable de ce bilan désastreux et de la bérézina hollandaise.

Vous avez été en charge des comptes publics avec le succès que l'on sait.

Vous avez été en charge de la sécurité des Français, avec le succès que l'on sait.

Qui est responsable de l'anarchie des Nuits debout en plein état d'urgence ?

Qui est responsable des actes odieux des casseurs contre l'hôpital Necker ? Qui est le Ministre de l'Intérieur qui a dû subir des mouvements de désobéissance des policiers nationaux ? Qui, à peine nommé Premier Ministre, a posé un genou à terre devant les Zadistes de Notre Dame des Landes ?

Qui a refusé toutes les propositions que nous avons faites pour bâtir une législation d'exception de lutte contre le terrorisme islamique, pour neutraliser les individus de retour du Djihad, pour neutraliser les fichés S les plus radicaux, pour que nos prisons cessent d'être les fabriques d'un Islam radical qu'elles sont devenues.

Nous continuons à penser que votre aveuglement est une faute, d'autant que vous savez mieux que quiconque l'intensité de la menace qui pèse sur la France.

Il y a un domaine où votre responsabilité est moins directement engagée, c'est celui de l'échec social et économique des Gouvernements AYRAULT et VALLS. Elle est certes moins engagée. Mais vous n'êtes pas moins comptable de cet échec collectif. Et vous ne partirez pas par la petite porte, comme le Président de la République, sans rendre des comptes sur ce bilan.

Ce bilan, c'est d'abord l'explosion du chômage. 700 000 chômeurs de plus, un taux de chômage très supérieur à la moyenne de nos partenaires. Un chômage des jeunes qui touche 1 jeune sur 4 de moins de 25 ans.

Vous aviez la jeunesse comme priorité. Et c'est peut-être votre principal échec.

En sacrifiant l'apprentissage sur l'autel de votre idéologie, vous avez éloigné encore davantage de jeunes français de l'emploi.

Revenus au pouvoir, nous ferons de l'apprentissage une priorité. On ne peut continuer à envoyer des générations de jeunes dans le mur du chômage de masse alors qu'avec l'apprentissage, avec en main un métier manuel et technique, on assure un taux de placement sans équivalent dans nos entreprises, dans nos TPE, chez nos artisans.

Oui pour nous, c'est le travail qu'il faut réhabiliter, en libérant les énergies, en abandonnant cette masse de normes qui entravent les chefs d'entreprises, les indépendants, les agriculteurs, les professions libérales.

L'urgence commande aussi de baisser le coût du travail et naturellement de faire sauter le verrou des 35 heures qui tire le pays vers le bas depuis 20 ans. La France ne sortira pas du piège du chômage et ne redeviendra pas une grande Nation industrielle si elle ne travaille pas davantage.

Votre bilan, c'est aussi le cercle vicieux de la dette, du déficit et des impôts. Des impôts confiscatoires que vous avez concentrés avec méthode, avec une pointe de cynisme même, sur les classes moyennes.

Les classes moyennes ont subi la surconcentration de l'impôt, la baisse du quotient familial, la suppression des allocations familiales et la fiscalisation absolument inique des complémentaires santé.

Vous ne leur avez rien épargné. Vous en avez même poussé certaines vers les extrêmes en niant une évidence. Cette évidence, c'est que les Français ne supportent plus que le fruit de leur travail soit confisqué au moment même où les vannes de l'assistanat sont ouvertes en grand avec le RSA, la CMU, l'AME ou le tiers payant généralisé. Notre devoir, demain sera de rétablir une équité de traitement, ce sera de récompenser le travail de celle et ceux qui produisent de la valeur ajoutée et rendent ce pays plus riche. En un mot ne pas toujours prendre aux mêmes pour donner à ceux qui profitent du système.

Notre devoir, ce sera de rompre avec le matraquage des familles, cette politique volontairement anti-famille tellement brutale qu'elle commence déjà à avoir des effets négatifs sur la natalité française.

Comprenez nous bien Monsieur le Premier Ministre, ce qui nous sépare irrémédiablement, c'est que nous pensons que les enfants, tous les enfants, d'où qu'ils viennent, quel que soit leur milieu d'origine, ont les mêmes droits et qu'ils sont la richesse de la France de demain. Nous rebâtirons une politique familiale juste qui n'oublie aucun des enfants de France.

Votre bilan, c'est également une politique du logement incohérente et dangereuse qu'il faudra reprendre de fonds en comble après la chute brutale de la construction depuis 2013.

Tout a été fait en dépit du bons sens ; les secteurs du bâtiment, de la construction et des travaux publics ont durement souffert de votre aveuglement.

Aveuglement idéologique avec la loi Duflot qui a pointé les propriétaires comme des privilégiés alors que nous savons tous que pour avoir des logements à louer, il faut des propriétaires qui investissent. Au lieu de les stigmatiser, il faut les remercier et les encourager.

Aveuglement avec une baisse insupportable des dotations aux collectivités locales qui a pesé, qui pèse lourdement sur l'investissement public. Votre réforme des collectivités n'a consisté qu'en une pression budgétaire sans aucun discernement.

Vous auriez été inspiré de faire confiance aux communes de France dont les Maires sont plus que jamais la colonne vertébrale de la République. Vous auriez été bien inspirés de ne pas supprimer le conseiller territorial qui était le pas en avant intelligent vers le rapprochement département/région.

Il nous faudra très vite remettre de l'ordre dans le désordre territorial que vous avez créé.

Un mot évidemment, parce que cela devait être le marqueur du quinquennat HOLLANDE, sur l'Education Nationale. J'ai parlé de l'apprentissage. Mais que dire du bilan des 3 ministres qui se sont succédé, Messieurs PEILLON et HAMON et Madame BELKACEM ?

L'avenir dira sans doute qu'ils ont formé le pire trio de ministres de l'Education de notre Histoire car ils ont mené une politique dogmatique. Dogmatique sur la réforme des rythmes scolaires qui est un fiasco pédagogique.
Dogmatique sur la réforme des collèges avec un affaiblissement des disciplines fondamentales, maths, français, histoire-géo au profit d'enseignement pratiques interdisciplinaires qui sont une supercherie. Tous les professeurs de collèges nous le disent.

Dogmatique enfin sur les nouveaux programmes, notamment ceux d'Histoire. Nous risquons vraiment, et je le dis avec gravité, de creuser un fossé entre nos enfants et l'histoire de leur pays dont des pans entiers seront occultés.

Non, Monsieur le Premier Ministre, la France et les Français, tout particulièrement les plus jeunes, n'ont pas à s'excuser d'être les produits de la civilisation judéo-chrétienne. Ils n'ont pas à s'excuser d'être les enfants de l'esprit des Lumières. Ils n'ont pas à s'excuser d'être les héritiers d'une République indivisible et laïque où le communautarisme n'a pas sa place.
Vous n'avez pas le droit de travestir, de dissimuler l'Histoire de France quand elle ne correspond pas aux valeurs de la gauche.
C'est une faute lourde et il nous reviendra avec la future majorité, de mettre fin à cette dérive idéologique et de remettre l'Eglise au milieu du village.

Le bilan politique de François HOLLANDE est indéfendable. D'ailleurs, personne et pas lui-même, ne le défend. Personne ne défend non plus le bilan éthique de celui qui avait osé, sans gêne : « Moi, Président, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire. »

En la matière, ce quinquennat a été une farce tragi-comique. L'affaire CAHUZAC, des ministres victimes de phobies administratives, et ce n'est peut-être pas fini.

Je n'évoquerai pas outre mesure, les « sans-dents », le scooter d'un Président inconscient dans ses comportements, Mademoiselle Léonarda Dibrani et tout ce que ce Président bavard n'aurait jamais dû dire, notamment en qualité de chef des Armées.

Je dirais simplement à tous les membres du Gouvernement qui sont encore ici, à 5 mois du clap de fin, que vous avez un mérite infini de soutenir encore un Chef de l'Etat qui a perdu les Français, qui a perdu son propre camp, qui a perdu sa majorité parlementaire avec, pour la première fois sous la 5ème République, un groupe majoritaire qui s'est fracturé en 2.

Dans quelques minutes, vous ne recevrez Monsieur le Premier Ministre, sans doute qu'une petite confiance, qu'une confiance rétrécie d'une assemblée de gauche qui attend, fataliste et résignée sa chute programmée.
Monsieur le Premier Ministre, vous ne serez pas plus que Monsieur VALLS, le Chef de la majorité. Car il faudrait pour cela qu'il y ait une majorité. Vous serez seulement, pour la postérité, le plus éphémère Chef du Gouvernement de la 5ème République. Celui qui va emmener les siens à une débâcle qui sera, je vous le prédis, plus rude que celle de 1993. Personne ne peut aujourd'hui parier que vos députés seront plus de 70 sur ces bancs.

Le temps de l'alternance approche. Le temps d'une rupture profonde, d'un changement qui permettra à la France d'être vraiment présidé, qui permettra à la France d'être vraiment gouvernée. Le temps tout simplement de la grande alternance que rend possible l'extraordinaire légitimité populaire de François FILLON.

C'est à cet unique objectif, l'élection de François FILLON à la présidence de la République, que nous allons désormais travailler de toutes nos forces : pour lui, pour l'élection de la grande majorité parlementaire qui gouvernera demain notre pays et par-dessus-tout pour la France.

A Nice, jeudi dernier, la France a été une nouvelle fois lâchement attaquée. C'est un 14 juillet, ce jour sacré où la France se rassemble, qu'un barbare a choisi pour anéantir les vies si précieuses d'innocents.

Nous avons vu monter le débat de savoir si cet assassin était un illuminé. Ce débat, au-delà de son indécence quand on songe aux vies enlevées, n'a aucun sens à nos yeux. Il n'a aucun sens car cet homme est un terroriste. Il a préparé méticuleusement ce carnage. Il a clairement répondu à un appel au crime selon un mode opératoire préconisé et recommandé par l'Etat islamique. Les Français ne comprennent pas ce débat. Ce qu'ils constatent, avec colère et écœurement, c'est qu'un homme, au pédigrée inquiétant qui aurait justifié qu'il soit expulsé de France, a pu commettre l'irréparable.

Cette rage, dont vous avez mesuré la force à Nice, monte partout dans le Pays. Notre devoir, aujourd'hui, collectivement, c'est de répondre aux attentes de nos compatriotes.

Quels crimes avaient donc commis tous ces innocents ? Celui d'être Français, celui d'être en France, celui d'être fidèle aux valeurs de la République, celui de vouloir tout simplement partager le bonheur de vivre un moment de communion nationale.

La France vient de vivre l'un des 14 juillet les plus sombres de son histoire.

Cette tuerie de masse, parce qu'il faut bien dire les mots, perpétré le Jour de la Nation prend une résonance d'une densité et d'une profondeur inouies.

Car le 14 juillet, à Nice, comme dans toutes les communes de France, les Français célèbrent le souvenir de celles et ceux qui ont choisi de devenir libres. Ils célèbrent ensemble les valeurs qu'ils ont choisies pour leur pays et qu'ils ont offertes au monde. Ils célèbrent la Liberté, l'Egalité, la Fraternité. Ils revendiquent leur mode de vie que cet ennemi exècre. Ils proclament enfin leur attachement à la Nation qui nous rassemble par-dessus-tout et qui s'est construite, en France, par le rejet absolu du communautarisme, ce poison qui divise, qui fracture, qui exclut, qui repli sur soi.

Comment accepter que, justement, ce soit ce jour de fête sacré de la Patrie où tout a basculé. Où des vies d'hommes, de femmes, d'enfants, de très jeunes enfants ont été fauchées au nom d'une folie religieuse, au nom de l'islamisme radical qui n'est rien d'autre qu'une sauvagerie, qu'une bestialité et, disons-le, qu'une inhumanité.

Cette idéologie de mort qui a fait de la France son ennemi, est contraire à tout ce que nous sommes, à tout ce qu'est la France, contraire aux valeurs que nous tenons de notre triple héritage : l'héritage gréco-romain, l'héritage judéo-chrétien et la philosophie des Lumières qui a posé les fondements de notre République.

Ce soir, nous pensons évidemment aux Niçois. Nous pensons aussi avec tristesse à toutes les victimes des attentats qui sont tombées le 7 janvier 2015, puis le 13 novembre 2015. Nous pensons à ce chef d'entreprise décapité le 26 juin 2015. Nous pensons aux fonctionnaires de police qui ont été sauvagement assassinés le 13 juin dernier devant leur enfant. Nous pensons à tous les blessés, les mutilés qui souffrent et qui ne se relèveront peut-être jamais de ce traumatisme.

La mort gratuite qui frappe au hasard est une terrible injustice. Jeudi soir, les hommes et les femmes qui ont été assassinés –ne vous y trompez pas chers collègues- l'ont été parce qu'ils sont Français, par ce qu'ils sont la France. Comprenons bien qu'hier, c'était eux et que demain, si nous ne réagissons pas, d'autres tomberont encore.

Parce que le moment est douloureux pour tant de nos compatriotes, parce que la période est tragique pour la France toute entière, notre pays doit accepter le défi historique qui lui est lancé.

Accepter ce défi, c'est combattre sans pitié. Combattre à l'extérieur. Combattre à l'intérieur avec la même détermination car c'est une même et unique guerre que nous devrons livrer.

Nos soldats sont déjà engagés sur plusieurs théâtres d'opérations extérieures. Ils sont les sentinelles de notre Liberté et toute la Représentation nationale mesure le poids de leur responsabilité dans la lutte contre le djihdaïsme. Ils sont parfois bien seuls, comme au Mali et l'Union européenne devra un jour prendre conscience que nos soldats protègent la liberté de tous les européens.

Ailleurs, comme en Syrie et en Irak, la question de leur participation à une grande coalition mondiale, avec tous nos alliés, avec les russes aussi, doit être posée de manière pragmatique et avec un seul souci : celui de l'efficacité et de la priorité de nos intérêts stratégiques.

Nous continuons de penser que François HOLLANDE doit réorienter la diplomatie française et que la Russie, dans la lutte contre l'islamisme, est incontournable.

Combattre, c'est aussi prendre conscience qu'une guerre commande un effort de guerre décuplé. Au moment où nos forces de sécurité et nos militaires de l'opération sentinelle sont sur-employés, cela doit être notre priorité politique, opérationnelle et budgétaire.

Les mots ont un sens : la guerre, c'est l'anéantissement, c'est l'éradication. Ils ont manifestement un sens pour notre ennemi. Ils doivent avoir un sens pour la France, pour son Gouvernement, pour son Parlement.

Allons-nous mener cette guerre ? Avons-nous pris la mesure du défi ? La France a-t-elle compris que cette guerre est une guerre à mort qui nécessite de prendre enfin des mesures radicales et non de baisser la garde.

Oui, nous approuvons la prorogation d'un état d'urgence qui protège vraiment.

Au regard de l'intensité de la menace et des informations dont le Gouvernement n'a pas pu ne pas être destinataire, on ne comprend d'ailleurs pas que le Président de la République ait envisagé jeudi en début de journée de suspendre l'état d'urgence.

Peut-être s'expliquera-t-il sur les raisons qui l'ont poussé à prendre cette décision ? A défaut, c'est à vous, chef du Gouvernement, de nous donner des explications.

Nous approuvons la poursuite d'un état d'urgence renforcé car nous pensons que parfois les circonstances imposent de restreindre certaines libertés pour le temps qu'il faut, et aussi longtemps que la sécurité des Français l'oblige.

Cela signifie que nous demandons la possibilité de perquisitions administratives avec des saisies informatiques, des contrôles d'identité, des fouilles de véhicules et de bagages.

Nous demandons l'expulsion de France de tout étranger ayant des connexions avec un groupe terroriste.

Nous demandons solennellement la fin des réductions de peine pour les individus condamnés pour terrorisme.

Nous demandons aussi la fermeture immédiate par les Préfets, des mosquées salafistes dans lesquelles nos valeurs sont piétinées, dans lesquelles les lois religieuses s'imposent aux lois de la République. C'est là que la République doit prouver qu'elle est partout chez elle, qu'elle doit refuser ce qui ne sont même plus des zones de non-droit, mais des zones d'un autre droit. D'un droit que nous ne voulons pas en France.

Nous demandons enfin, l'interdiction des manifestations quand les Préfets considèrent qu'ils n'ont pas les moyens d'en assurer la sécurité.

A ce stade, je constate que votre projet de loi, sorti de commission, est encore insuffisant. Nous souhaitons que le débat dans l'Hémicycle, permette d'aller plus loin.

Monsieur le Premier Ministre, depuis 18 mois, sans relâche, c'est le discours que nous tenons. Depuis 18 mois, nous avons été présents, à vos côtés pour combattre le terrorisme. Toujours présents même quand nous pensions que cela n'allait pas assez loin. Après Charlie Hebdo, après le Bataclan, après Bruxelles, nous avons dit qu'il faut avoir le courage de dire aux Français, même si c'est difficile, que l'éradication des djihadistes commande de prendre des mesures d'exception.

Nous avons été constructifs, notamment au cours de la commission d'enquête présidée par Georges FENECH qui a fait des propositions de bon sens que votre Ministre de l'Intérieur a balayé d'un revers de main.

Nous pensons que c'est une erreur car à circonstances exceptionnelles, après plusieurs centaines de victimes, une législation d'exception s'impose. Elle devrait déjà être mise en application. Elle ne l'est pas et permettez-moi de vous dire que c'est de moins en moins justifiable.

Le 22 juin, dans votre bureau, avec vos ministres de l'Intérieur et de la Justice, j'ai réitéré nos propositions. Je vous les rappelle :

- D'abord la rétention de sureté des individus repérés comme dangereux, dans deux cas de figure bien précis. En premier lieu, à leur sortie de prison car franchement comment imaginer que ce qui est en vigueur et possible pour les délinquants sexuels ne le soit pas pour des individus clairement radicalisés. En second lieu, à leur retour du Djihad quand malheureusement ils reviennent. Le simple contrôle administratif prévu dans votre dernière loi n'est pas suffisant. Nous réclamons une assignation en centre fermé car le séjour intentionnel sur un théâtre étranger d'opérations terroristes est pour nous une preuve suffisante d'extrême dangerosité. Faire le Djihad est un crime, il doit être puni comme tel.

Le Procureur Molins a certes lui-même reconnu que depuis le départ de Madame Taubira, la politique pénale a évolué et s'est durcie s'agissant du Djihad franco-syrien. Nous nous en félicitons mais il faut aller plus loin en mettant en place une mesure de rétention dès le retour de djihad.

- Notre deuxième série de propositions concerne le suivi et le contrôle des fichés S. Votre majorité, depuis des mois, se retranche derrière des arguments juridiques sans réels fondements. Que les fichés S en matière de terrorisme ou les individus identifiés comme constituant une menace pour la sûreté de l'Etat ne puissent être privés de liberté est incompréhensible pour les Français. Vous pouvez évoquer les jurisprudences ou les avis du Conseil d'Etat aussi longtemps que vous le voulez, cela ne les convaincra pas.

Il faut d'urgence bâtir un arsenal juridique de mesures coercitives sur la base d'un fichier S vraiment opérant et centré sur les islamistes radicaux.

La France doit pouvoir, pour protéger les siens, enfermer les plus dangereux, les surveiller par bracelet électronique et assigner à résidence, en état d'urgence et hors de l'état d'urgence, tous ceux sur lesquels un doute sérieux existe.

Nous vous avons également proposé des mesures pour nos prisons qui sont devenues des pépinières djihadistes. Vous avez fait un pas avec l'intégration du renseignement pénitentiaire dans les services de renseignements. Mais il est temps, au-delà de la création d'unité ad hoc pour les détenus radicalisés, de légiférer sur la mise à l'isolement systématique des islamistes avec isolement électronique.

Un mot également, à l'heure où nos policiers et gendarmes sont au front pour nous, sur le régime de légitime défense des policiers. Vous avez autorisé le port d'arme hors service. C'était nécessaire. Désormais, le régime de la légitime défense doit être assoupli. Face à un individu qui va commettre un meurtre de masse, il ne faut pas attendre qu'il ait tiré. Si le danger imminent est réel, il faut pouvoir tirer. Les policiers de France, qui sont nos premiers protecteurs, attendent cette décision. Il faut la prendre.

Les Français comprennent que le risque zéro n'existe pas. Mais ils ne vous pardonneront pas d'avoir tergiversé, d'avoir hésité, d'avoir tremblé.

Toutes ces mesures sont de nature à leur prouver notre détermination sans faille.

Monsieur le Premier Ministre, dans une grande démocratie comme la France, notre divergence d'analyses n'est pas une entorse à l'unité nationale.

Pour que les choses soient bien claires, l'unité nationale n'est pas finie. Ce qui est fini, c'est la gestion exclusivement compassionnelle des évènements. Ce qui est fini, c'est le temps des mots qui ne suffisent plus à soulager la douleur des victimes et à pleurer les morts.

L'opposition s'exprime. C'est notre devoir car nous ne sommes pas d'accord sur tout avec vous.

Monsieur le Premier Ministre, lorsque quelqu'un exprime un point de vue différent du vôtre ou des réserves sur la politique que vous menez, ne pensez pas, de manière un peu caricaturale, qu'il n'est pas à la hauteur des circonstances.

Etre à la hauteur de la situation, c'est d'abord prendre toutes les décisions, mettre en œuvre tous les moyens que la sécurité de nos compatriotes exige.

Pour une raison simple qui résonne comme une évidence après 18 mois d'horreur : les Français ne supporteront plus longtemps que des innocents soient enlevés à leur famille comme si c'était une fatalité. Il n'y a pas de fatalité !

Non, Monsieur le Premier Ministre, contre le terrorisme, on n'a pas le droit de dire qu'on a tout essayé.

Vous avez raison de dire que ce combat sera long. Mais parce qu'il sera long et difficile, et si nous voulons être dignes de la mémoire de celles et ceux qui sont partis trop vite et sans raison, il faut engager ce combat de manière implacable, impitoyable et sans état d'âme.

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mes chers collègues, voilà presque vingt-cinq ans, Philippe Séguin nous avertissait, ici même, dans un discours historique, de l'engrenage infernal dans lequel s'engageait l'Union européenne. Ses prévisions se sont réalisées une à une.

La construction européenne s'est lancée dans une tragique fuite en avant. Lors des dernières élections européennes, de nombreuses voix se sont élevées, notamment dans notre groupe et malgré les procès en sorcellerie, pour dire que l'Europe s'enfermait dans une impasse. Rien n'y a fait – rien jusqu'à ce vote du Brexit. Soyons lucides : ce n'est pas le Royaume-Uni qui est en cause, mais le rejet de cette Europe. Ce vote n'est pas une affaire exclusivement britannique et rares sont les peuples européens qui, aujourd'hui, répondraient positivement à un référendum sur l'Europe.

Certains nous disent qu'il suffit de ne pas leur demander leur avis. Mais ce n'est pas le peuple qui est aveugle, ce sont les élites européennes qui sont restées sourdes ! Nous sommes dans le déni de la réalité depuis bien trop longtemps.

On ne peut que relever, monsieur le Premier ministre, l'état d'impréparation insensé dans lequel vous nous avez enfermés. Vous étiez, avec les autres dirigeants européens, à ce point dans l'aveuglement que vous n'avez pas préparé le moindre scénario pour faire face à une sortie du Royaume-Uni.

Pire, depuis quatre ans vous n'avez lancé, avec le Président de la République, aucune initiative,, vous n'avez fait preuve d'aucune volonté politique forte pour faire bouger l'Europe et éviter cette catastrophe annoncée. 

Aujourd'hui vous feignez devant nous de découvrir un désastre dans lequel vous portez une lourde responsabilité car vous n'avez rien fait, notamment pour résoudre la crise migratoire.

Alors oui, ce Brexit est une opportunité car dorénavant on ne peut plus faire semblant : l'Europe ne marche plus et il faut aujourd'hui tout changer.

Des propositions telles que celle de punir le Royaume-Uni ou encore, venant de vos rangs, d'aller vers plus de fédéralisme européen sont l'exact inverse de ce qu'attendent les pays d'Europe et ne sont qu'une nouvelle manière d'esquiver le débat.

Nous voulons l'Europe mais nous ne voulons plus de ce que l'Europe est devenue. Tout d'abord, l'Europe à vingt-sept, ça ne marche pas : trop de pays qui ont trop peu d'intérêts communs.

Il faut recréer un noyau dur efficace rassemblant un plus petit nombre d'États membres car on ne fait pas la même chose avec l'Allemagne et l'Italie qu'avec la Roumanie et la Bulgarie.

Nous exigeons de ce point de vue que le Président de la République sorte de l'ambiguïté : nous vous demandons d'arrêter le processus d'élargissement. Toutes les négociations doivent immédiatement cesser et il faut dire clairement que la Turquie n'entrera jamais dans l'Union européenne.

Ensuite, les institutions doivent être totalement réformées, à commencer par la Commission, qui est le symbole des dérives technocratiques : tirons-en les conséquences et arrêtons de nous payer de mots sur le retour de l'Europe politique.

Il faut supprimer la Commission en tant qu'institution dotée d'un pouvoir d'initiative législative. Le politique doit reprendre une parole qu'il a désertée depuis trop longtemps. Dans quelle constitution politique digne de ce nom a-t-on déjà vu une structure administrative non élue avoir un pouvoir d'initiative et dicter une législation à l'ensemble de ses membres, y compris aux parlements nationaux ? 

Enfin, il faut revoir le pacte fondateur. Ils avaient cru que l'Europe pouvait se passer de frontières mais défendre ses frontières n'est pas un gros mot ! Nous ne voulons plus d'une Europe qui assiste passivement à l'entrée irrégulière de 1,5 million d'étrangers, comme nous l'avons vu au cours des derniers mois.

Or vous avez laissé faire cela par vos discours lénifiants, alors que les opinions publiques étaient révoltées par cette passivité. Vous avez agité les bras en évoquant une réforme de Schengen mais rien n'a bougé. Il faut sortir de Schengen, retrouver la maîtrise de notre politique migratoire et laisser les gouvernements et les parlements nationaux libres d'agir dans les domaines régaliens.

Ils avaient cru que la politique de la concurrence pouvait servir d'unique idéologie. Le résultat, c'est qu'on ne fait même plus la différence entre nos entreprises et nos concurrents. Nous avons le droit de défendre nos entreprises, surtout quand des pays comme la Chine sont les premiers à bafouer les règles de la libre concurrence. Nous voulons assumer une vraie stratégie industrielle européenne.

Ils avaient cru enfin que l'Europe pouvait exister sans se référer à son histoire et à sa culture. Mais l'Europe, c'est la tradition gréco-latine, ce sont les racines chrétiennes...

C' est l'Europe des Lumières, et on ne construira plus l'Europe sur la négation des identités nationales.

Une fois arrêtée cette refondation complète, il faudra consulter les Français par référendum parce qu'en démocratie on ne bannit pas le peuple.

Vous êtes face à l'Histoire. François Hollande, tout au long de son mandat, n'a procédé que par compromis, par petits ajustements, par demi-mesures. Le résultat, c'est que la France s'est déclassée en Europe et que l'Europe s'est déclassée dans le monde.

Ne cédez pas à Mme Merkel. Ne laissez pas l'inertie gagner.

Il faut bouger et il faut bouger vite, il faut tout réinventer. Ce défi est celui d'un continent qui ne veut pas mourir. Assumez enfin d'être à la hauteur de ce rendez-vous : si vous voulez l'Europe, alors l'Europe doit changer. Sortez enfin de ces demi-mesures !

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, chers collègues, la vieille Europe est morte jeudi dernier à Londres. Une nouvelle Europe peut naître : cela ne dépend que de nous, de nous tous ici et de la France.

Nous sommes, nous Français, face à une responsabilité historique. Nous avons d'abord à régler rapidement les problèmes qui se posent avec la Grande-Bretagne, ainsi que François Fillon l'a très bien dit tout à l'heure. Il faut régler les problèmes financiers : il n'est pas question que Londres dispose demain d'un passeport financier pour implanter ses institutions financières en Europe.

Il faut régler les problèmes économiques pour que nos exportations puissent se poursuivre vers la Grande-Bretagne.

Il faut régler le problème des migrants : cela suppose, comme l'a très bien dit Xavier Bertrand, de revoir les accords du Touquet et de déplacer la frontière de Calais à Douvres.

 Il faut ensuite ouvrir rapidement une négociation pour signer un nouveau traité qui permette de réinventer le projet européen conformément à nos intérêts à nous, Français, et conformément à l'idée que nous nous sommes toujours faite de la construction européenne.

Cette négociation doit évidemment commencer avec Berlin car rien de grand ne se fait en Europe sans un accord entre la France et l'Allemagne. C'est parce que nos deux pays sont si différents qu'un accord entre eux permet de trouver un compromis entre les vingt-huit États membres de l'Union européenne.

Cette négociation doit également être ouverte aux six États fondateurs de l'Union européenne, parce que c'est leur responsabilité : on ne peut pas avoir construit l'Europe en 1957 et se détourner devant le risque de la voir disparaître en 2016.

Bien entendu, tous les États membres qui souhaiteraient s'associer à cette négociation, autour de l'Allemagne, autour des six États fondateurs, sont les bienvenus.

Quels sujets devrions-nous traiter dans le cadre de cette négociation ? D'abord la question des institutions européennes, devenues illisibles à force de bureaucratie. Nous ne pouvons pas demander des efforts ici et réduire les effectifs dans la fonction publique française tout en laissant Bruxelles recruter toujours plus de fonctionnaires européens. 

Il faudra ensuite s'attaquer à la question des frontières : il est temps de clarifier notre projet européen et de dire une bonne fois pour toutes qu'il n'y a pas de grand projet politique sans frontières. Mieux vaut dire immédiatement à ce grand État, cette grande nation qu'est la Turquie que sa place n'est pas dans l'Union européenne. Nous devons dès maintenant conclure un accord de coopération avec la Turquie plutôt que de lui faire miroiter une adhésion qui n'aura jamais lieu ! 

 Le troisième sujet devra être l'économie : il faut en finir avec le dogme de la concurrence libre et absolue comme seule boussole de la construction économique européenne ! Apprenons à défendre nos intérêts industriels, nos intérêts agricoles face à la Chine et face aux États-Unis ! Nous ne devons pas être dépourvus de moyens de réaction, de puissance, d'organisation économique dans la mondialisation telle qu'elle se construit.

Le dernier sujet c'est la sécurité. Face aux menaces, face à la déstabilisation du Moyen-Orient, face aux risques de terrorisme, face à l'afflux de réfugiés, il est temps que l'Europe prenne conscience de la nécessité d'avoir les moyens de protection nécessaires. La France seule ne peut pas assumer le fardeau : tous les États européens doivent augmenter leur budget de défense pour participer à la sécurité du continent européen. 

Une fois que ce traité aura été négocié – soyons clairs, ce ne sera pas une affaire de mois mais d'années si nous voulons reconstruire sur des bases solides, il faudra le soumettre au vote des Français par la voie du référendum.

L'Europe de 1957 s'est faite sans les peuples. C'était la méthode de Monnet et de Schuman : on négocie dans les couloirs et on ne consulte pas les peuples. Puis l'Europe s'est faite contre les peuples : en 2005, lorsque le peuple français a voté non, au lieu d'écouter ses inquiétudes, on l'a méprisé et on a continué d'avancer dans la construction européenne.

L'Europe de demain devra se faire avec l'assentiment des peuples. N'ayons pas peur des peuples pour construire l'Europe ou les peuples se vengeront de la construction européenne.

À ceux de mes amis gaullistes qui douteraient de l'intérêt du référendum, je veux dire que c'est le général de Gaulle qui a inscrit cette possibilité dans la Constitution ; à tous mes amis socialistes qui seraient dans le même cas, je rappelle la phrase prononcée par Mitterrand à l'occasion du référendum de 1992 : l'Europe n'est pas ma propriété, elle est celle des Français.

C'est bien parce que l'Europe n'est pas notre propriété mais celle du peuple français que, le moment venu, quand un traité permettant d'impulser une nouvelle orientation à l'Europe aura été négocié, il faudra donner la parole aux Françaises et aux Français.

 

Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, chers collègues, après la crise financière, après la crise des réfugiés, après le terrorisme, voici le choc du brexit, qui peut s'avérer fatal si nous n'agissons pas avec un sens aigu de l'intérêt général européen.

Il serait dangereux, et médiocre, de voir dans le vote britannique la simple rançon d'un populisme insulaire.

En 2005, le peuple français lui-même n'avait pas hésité à dire non au traité établissant une constitution pour l'Europe. Le mal est profond : on ne le guérira pas à coups d'incantations ni à coups d'intimidations.

À l'occasion de la ratification du traité de Maastricht, plusieurs d'entre nous – dont je fus – pressentaient les failles d'une construction européenne plus mécanique que politique.

Cet avertissement ne fut pas entendu et progressivement les peuples se sont détachés d'un projet européen qui, à leurs yeux, ne leur garantissait ni la prospérité ni la sécurité des frontières. À tort ou à raison, un sentiment de déracinement est venu étreindre nos sociétés et le réflexe du repli vient maintenant percuter nos démocraties.

De tout cela, on peut accuser les institutions communautaires et leur caractère technocratique. Je ne crains pas de le faire mais il serait juste d'en accuser aussi tous ceux, Gouvernement compris, qui, de façon cynique, n'eurent de cesse d'accuser Bruxelles de tous les maux pour ne pas avoir à les régler eux-mêmes.

C'est sur fond de scepticisme et de démagogie électorale que s'est déroulé le référendum britannique. Je regrette ce vote mais nous devons le méditer parce que ce qui s'est passé au Royaume-Uni aurait pu se passer ailleurs.

L'urgence est à présent de régler le cas britannique : le divorce doit être serein mais il doit être rapide. Les Vingt-Sept doivent faire pression sur les Anglais et se mettre d'accord sur un délai qui ne doit pas aller au-delà de la fin du mois de septembre. En attendant, les membres britanniques du Parlement de Strasbourg ne devraient plus participer aux votes et leurs fonctionnaires à Bruxelles à la prise de décision.

Je veux à ce propos rendre hommage au commissaire britannique, qui a, en toute cohérence, tiré les conséquences de ce vote en démissionnant de ses fonctions.

Les objectifs à atteindre sont clairs : les Anglais sortent mais ils ne deviennent pas pour autant des adversaires.

Ni hostilité, ni complaisance ! On ne peut pas avoir quitté la maison commune, n'en plus payer les charges et continuer à bénéficier du toit, des chambres et du couvert. En revanche, on peut négocier un bon accord de voisinage.

Si les Britanniques sont demandeurs – ce que je souhaite –, il faudra, monsieur le Premier ministre, maintenir et approfondir les accords de défense avec la Grande-Bretagne. Mais il n'y a aucune raison de leur laisser le passeport financier européen et la zone euro doit récupérer le clearing de sa monnaie. Dans la foulée, nous devrons tendre la main aux Français installés au Royaume-Uni et à ceux qui pensent devoir être localisés au sein de l'Union européenne.

En cela, monsieur le Premier ministre, la réforme de notre fiscalité et le renforcement de notre compétitivité deviennent une nécessité vitale.

La seconde étape devra être de recentrer l'Europe sur des priorités stratégiques. À force de vouloir s'occuper de tout, l'Union européenne passe à côté de l'essentiel.

Nous ne serons jamais un État fédéral.

Nous sommes trop différents pour y parvenir. Ce serait, au demeurant, un contresens historique car plus les nations sont bridées, plus les nationalismes sont agressifs.

Arrêtons donc de vouloir passer tout le monde sous la toise et recentrons l'Union européenne.

La première des priorités, c'est l'indépendance économique de l'Europe dans la mondialisation. Assez d'angélisme ! Nous n'avons l'obligation ni de signer un traité transatlantique déséquilibré ni de subir la domination économique de l'Asie.

Mais pour protéger nos économies du dumping chinois, nous avons besoin d'une Europe forte et lucide. Or notre indépendance est mise à mal aussi par la tutelle qu'imposent les États-Unis aux entreprises européennes soumises à la législation intérieure américaine, soit au prétexte qu'elles utilisent le dollar, soit au motif de la lutte contre la corruption. La seule façon de résister à cette emprise, c'est d'avoir une monnaie qui assure notre indépendance. L'euro doit donc devenir une monnaie de réserve et de règlement. À cette fin, la zone euro doit se doter d'un gouvernement économique piloté par les chefs d'État et de gouvernement, contrôlé par les parlements nationaux, ainsi que d'un calendrier d'harmonisation de la fiscalité des entreprises.

Deuxième priorité, la sécurité européenne. L'Europe des marchands, des touristes et de la monnaie unique ne suffit pas : elle est menacée de disparaître si elle n'est pas en même temps l'Europe de la sécurité, si elle n'est pas l'Europe qui maîtrise l'immigration, si, dans ce domaine comme dans le domaine économique, elle n'est pas l'Europe qui protège. Nous avons besoin d'un nouveau Schengen, avec un vrai corps de garde-frontières et de garde-côtes pour venir en aide aux pays dont les frontières maritimes sont prises d'assaut mais nous avons besoin aussi d'un recours systématique aux moyens modernes de contrôle, informatiques et biométriques et d'une coopération sans faille entre les services de sécurité.

Notre sécurité passe aussi par une défense militaire. Depuis la fin de la guerre froide, l'Europe n'a rien fait pour prendre son destin en main.

Elle continue de s'en remettre aux États-Unis pour la protéger. Or cette protection est devenue aléatoire, notamment face à la menace durable que fait peser sur notre continent le totalitarisme pseudo-islamique qui déstabilise une grande partie du monde, du Pakistan jusqu'au Nigeria.

Dans le respect de la souveraineté des nations, nous devons constituer une alliance de défense européenne qui permette un juste partage des charges.

Troisième priorité : l'éducation, la culture, la recherche et l'innovation. On a bien sûr mis en place Erasmus, harmonisé les diplômes, relié les laboratoires mais a-t-on assez fait pour développer notre conscience d'appartenir à une civilisation singulière et brillante ? À force d'être mondialistes, certains ont non seulement contesté les nations mais aussi enterré la civilisation européenne. À force de ne plus voir l'Europe que comme un marché, on continue de négocier l'adhésion de la Turquie. Non ! Il y a des frontières et il y a un patrimoine qui est le nôtre. La philosophie antique, les valeurs chrétiennes, l'État de droit, la solidarité, le goût des arts et des sciences, la liberté de parler, de penser et de voter : c'est tout cela qui forge l'âme européenne. Si ce patrimoine ne vibre pas en nous, si notre jeunesse ne se sent pas chez elle à Rome, à Berlin, à Athènes ou à Prague, si nous ne sommes pas capables de conjuguer nos identités, pourquoi donc sommes-nous ensemble ? L'âme de l'Europe au XXIe siècle : voilà le défi de notre époque pour notre jeunesse !

Enfin, nous devons engager une refonte des institutions européennes. Ma conviction, c'est que l'Europe à Vingt-huit a rendu caduc l'objectif d'une Europe fédérale – à laquelle je n'ai d'ailleurs jamais cru – et déréglé le fonctionnement de l'Europe communautaire des années quatre-vingt. La nouvelle Europe, recentrée sur les coopérations essentielles, doit rendre à la compétence des États membres tout ce qui ne s'y rapporte pas.

La Commission et le Parlement européens n'ont jamais réussi à acquérir une véritable légitimité démocratique.

Il faut donc redonner au Conseil européen et au contrôle des parlements nationaux leur prééminence. La subsidiarité et la géométrie variable doivent s'imposer en lieu et place de l'uniformité actuelle. La zone euro doit être plus efficace et le reste de l'Europe moins normé.

Mes chers collègues, l'Union européenne existera-t-elle encore dans dix ans ? L'Asie devient l'épicentre économique du monde et l'ancienne domination occidentale est chaque jour contestée par des milliards d'habitants, qui se lèvent chaque matin en se disant que le progrès est à portée de leur main. Nous, nous ne savons même plus ce que le mot « progrès » signifie ; pire, il nous angoisse quand, de l'autre côté de la Méditerranée, des millions de déshérités sont prêts à tout tenter pour rejoindre nos côtes. Et voilà que nous sommes menacés sur notre propre sol par le fanatisme islamique : il ne pose pas seulement des bombes, ne mitraille pas seulement des innocents ; il rêve aussi de ronger l'esprit humaniste de l'Europe.

Face à tous ces défis, nous devons être sûrs de ce que nous sommes. Je suis fier d'être Français et je me sens européen. Pour moi, la nation française a été et restera d'actualité mais soyons clairs : on ne fera pas l'histoire en défaisant l'Europe. Dans un monde de sept milliards d'habitants, les Européens ont un choix à faire : ou bien ils se battent chacun dans son coin, ou bien ils se battent ensemble ! Sauf à vouloir saborder l'intérêt national, nous avons le devoir d'être européens, mais pas à n'importe quelle condition, pas par défaut, pas par résignation. Ce que nous devons défendre, c'est la civilisation européenne et la place que doit y tenir la France, mais il ne suffit pas de dire « vive l'Europe ! » pour que celle-ci vive réellement.

Monsieur le Premier ministre, l'Europe, vous le savez, est un lieu de pouvoir où les nations fortes imposent leur rythme aux autres. Lorsque la France est faible, elle subit l'Europe ; lorsqu'elle est puissante, elle la conduit. Le Général de Gaulle disait que l'essentiel, pour jouer un rôle au-delà de ses frontières, « [...] c'est d'exister par soi-même, en soi-même, chez soi. » Eh bien, pour le groupe Les Républicains, il est temps de redonner à la France le pouvoir d'être forte chez elle afin qu'elle soit grande en Europe.

Monsieur le Premier-Ministre,

Le Président de la République, dans une sorte de thérapie personnelle tente depuis plusieurs jours d'expliquer l'inexplicable, de justifier l'injustifiable, de maquiller un bilan politique et économique qui est indéfendable.

« La France va mieux » nous dit-il. En d'autres temps, nos compatriotes auraient pu sourire, voire rire au bon mot d'un Président complétement en apesanteur. Mais ils n'ont plus envie de rire. Ils n'ont plus envie de rire au spectacle pathétique d'un pouvoir exécutif en perdition.

Je sais qu'au fond de vous-même, vous en avez conscience. C'est d'ailleurs –je l'admets- à votre honneur de rester loyal à un Président si impopulaire, au moment où un de ses Ministres, et non des moindres, rompt avec tous usages de la solidarité gouvernementale et de la droiture en politique.

Le Président de la République vient pour la quatrième fois en un an de faire le choix d'utiliser l'article 49.3 de notre Constitution, donc de violenter sa propre majorité ou ce qu'il en reste, plus grave encore d'abaisser le Parlement, et surtout de discréditer votre Gouvernement.

François HOLLANDE par ce choix autoritaire, a fait la démonstration éclatante que décidemment cela ne va pas mieux en France. Il a fait la démonstration qu'en vérité –et c'est ce que les Français éprouvent- cela va de mal en pis. A moins d'un an du terme de son quinquennat, il vient lui-même d'en acter la fin, la fin d'un quinquennat pour le pire, d'un quinquennat d'immobilisme, d'un quinquennat perdu et définitivement irrécupérable.

Que révèle ce soir l'utilisation de l'arme constitutionnelle des pouvoirs faibles ? Elle révèle la décrépitude de votre majorité. Elle révèle aussi et surtout le vide de votre bilan de gouvernement.

Monsieur VALLS, vous souvenez-vous de votre nomination à Matignon ? Ce jour où la gauche dite moderne devait s'assumer pour réformer le pays et ainsi effacer les échecs de Jean-Marc AYRAULT. Vous arrive-t-il de regarder lucidement dans le rétroviseur. Si vous le faisiez, vous reconnaitriez que finalement Jean-Marc AYRAULT n'a pas démérité au regard de votre propre bilan.

Lui n'a jamais eu recours à l'article 49.3. Lui n'a jamais vu, comme vous, son autorité bafoué à ce point par un de ses ministres qui se promène en France pour préparer son plan de carrière, qui créé un parti politique en dehors de la majorité et qui, semble-t-il à votre insu, lève des fonds à l'étranger pour financer son activité politique.

Jean-Marc AYRAULT, a maintenu la cohésion de sa majorité car, sous la Vème République, c'est ce qu'on demande d'abord à un Premier ministre.

La réalité politique de la France, Monsieur le Premier ministre, c'est que vous ne tenez plus rien.

Je vous rappelle qu'à peine devenu chef du Gouvernement, après la défaite historique des socialistes aux élections municipales, vous avez creusé un fossé entre vous et votre majorité parlementaire ; ce fossé ne se comblera plus.

Chers collègues députés de gauche, vous êtes arrivés ici 340 en juin 2012 après la victoire électorale de François HOLLANDE qui sonne chaque jour davantage comme un malentendu.

Aujourd'hui, combien êtes-vous encore ? Dans quel état se trouve le Groupe Socialiste qui aurait dû être la colonne vertébrale de la majorité ; il en est devenu le fossoyeur. L'arithmétique est brutale : près de 100 députés de gauche ne soutiennent plus le Gouvernement.

Oui, Monsieur le Premier ministre, votre bilan c'est d'abord le dépôt de bilan du Groupe socialiste. Ce sera votre marque dans l'histoire politique.

Si encore cette opposition frontale avec les vôtres avait été mise au service d'une grande réforme du pays, nous aurions pu vous accorder des circonstances atténuantes.

Avec cette loi Travail, nous revivons l'exacte réplique de la loi dite « Macron ». Des mots, des mots, toujours des mots. Et pour résultat un texte creux, vide et même dangereux qui ne sera adopté que par un consternant et piteux recours à l'article 49.3.

Ce recours à l'article 49.3, ce n'est pas seulement un affligeant mépris pour les organisations syndicales que vous n'avez jamais associées à vos travaux. Ce n'est pas seulement un affront à vos électeurs de 2012 que vous trahissez. Ce n'est pas seulement un odieux camouflet pour votre majorité.

C'est maintenant un coup de force contre l'Assemblée nationale toute entière car vous avez confisqué le débat parlementaire sans même qu'il y ait eu d'obstructions.

Depuis plusieurs semaines, vous laissez prospérer des mouvements anarchistes, violents, qui ont occupés l'espace public et vous refusez aux députés de la Nation, élus du peuple, le vote et plus incompréhensible encore la discussion.

Au fond, ce que l'on ne vous pardonne pas, c'est de tolérer la chienlit Place de la République et d'interdire le débat ici à l'Assemblée nationale.

On vous le pardonne d'autant moins que ce projet de loi ne répondra à aucun des défis auxquels la France est confrontée. De reculades en reculades, de renoncements en renoncements, que reste-t-il dans ce texte ? Rien !

Et c'est bien là que réside le problème majeur. Nous aurions pu comprendre que vous utilisiez le 49.3 pour imposer la grande réforme du code du travail qu'attendent nos entreprises, nos artisans, nos commerçants, nos agriculteurs et les salariés de notre pays. Ils l'attendent tous car votre politique conduit la France à la ruine, à la dégradation, au déclassement.

Nous vous aurions suivi dans une belle ambition, suivi sur la liberté de conclure des accords dans les entreprises, suivi sur la fin des 35 heures. Suivi sur l'abandon du compte pénibilité. Suivi aussi sur une profonde réforme de l'apprentissage. Suivi sur un nouveau barème prudhommal. Suivi enfin sur la définition du licenciement économique pour renforcer l'attractivité de la France pour les investisseurs étrangers.

Nous ne devons avoir qu'une obsession : donner de l'oxygène à nos entreprises. Eh bien, il n'y aura rien de tout cela. Le texte que vous imposez aux forceps est au mieux un statu quo, mais plus vraisemblablement une régression.

Vous parlez d'un texte de compromis. C'est faux. C'est un texte de petites compromissions. Demain si ce texte venait à être adopté, ce sont de nouveaux freins, de nouveaux blocages à l'emploi dont vous porterez la responsabilité.

Avec votre texte, notre pays fera un pas de plus vers une société de défiance. C'est ce qui nous sépare par-dessus-tout. Nous faisons confiance aux chefs d'entreprises. Vous, vous voulez les infantiliser et les surveiller en imposant notamment le mandatement syndical pour nos petites entreprises. C'est dire le mépris dans lequel vous les tenez comme s'ils n'étaient pas capables de négocier directement avec leurs salariés qu'ils connaissent mieux que personne.

Monsieur le Premier Ministre, quand allez-vous ouvrir les yeux sur l'état du Pays qui perd des places dans la compétitivité mondiale ?

Lorsque François HOLLANDE a été élu, notre pays était la 5ème puissance du monde. Il le rendra à quelle place, 7ème, 8ème, 9ème ?

Dans un monde en pleine mutation, les 4 années qui viennent de s'écouler ne sont malheureusement même plus des années d'immobilisme, elles sont des années de recul de repli et de déclin.

Il est grand temps dans l'intérêt supérieur de la France que cette mascarade se termine. Le bilan de François HOLLANDE est accablant. La France est à la traîne sur tous les indicateurs. Elle est la très mauvaise élève de l'Europe.

- Dans la France de François HOLLANDE, les impôts ont flambé dans des proportions jamais atteintes et se sont concentrés sur les classes moyennes. Vous vous préparez même à mettre en place le prélèvement à la source qui n'est rien d'autre que le faux nez de la fusion CSG/IR et la mise à mort des quotients conjugaux et familiaux. Sachez que nous nous y opposerons.

- Dans la France de François HOLLANDE, la dette a explosé et atteint 2100 Mds d'euros, près de 100% de notre richesse.

- Dans la France de François HOLLANDE, le déficit, toujours bien au-delà de 3%, reste votre marque de fabrique et François Hollande distribue depuis quelques semaines des milliards qu'il n'a pas.

- Dans la France de François HOLLANDE, la croissance reste atone et inférieure à la croissance de la zone Euro.

- Dans la France de François HOLLANDE, le chômage a galopé. Il touche 700 000 français de plus qu'en 2012. Il frappe près d'un jeune français sur 4 de moins de 25 ans. Ces jeunes sont les premières victimes de votre obstination idéologique à casser l'apprentissage.

- Et enfin, le fiasco le plus insupportable de votre action, c'est votre incapacité à rompre avec la logique de l'assistanat. Nous pensons qu'il faut d'abord aider celles et ceux qui travaillent dur, se lèvent tous les matins pour nourrir leurs enfants, les éduquer aussi bien qu'ils le peuvent.

A toutes ces familles de France qui ne sont pas au RSA, à la CMU, à l'AME, quel message avez-vous envoyé ? Un message de stigmatisation, de division, de fracturation des Français entre eux.

Cela faisait pourtant la fierté de notre modèle social : l'égalité de tous les enfants de France, d'où qu'ils viennent, où qu'ils habitent, quelle que soit la situation de leurs parents. Vous avez bafoué le principe sacré de l'universalité des allocations familiales. Je vous dis solennement que nous reviendrons sur cette injustice, car on ne fabrique pas une Nation solide et solidaire en créant deux catégories d'enfants.

Vous dire aussi, que nous nous élevons contre votre folie de créer un RSA jeune pour les moins de 25 ans. Quelle idée du travail allez-vous transmettre à cette jeune génération, si avant même de travailler, de gagner sa vie, elle est assistée. Nous ne partageons pas votre vision idéologique d'une société où ce sont toujours les mêmes qui reçoivent sans jamais rien donner.

Nous, la société, nous la voulons fondée sur le mérite, l'effort, le travail, sur la solidarité quand c'est nécessaire, mais jamais sur l'assistanat, car l'assistanat, c'est le germe de l'appauvrissement général.

L'échec de votre politique, Monsieur le Premier-Ministre, est à la mesure du mouvement de défiance qui se manifeste dans les profondeurs du pays contre votre pouvoir.

84 % des français, dont 68 % de ceux qui ont voté pour lui, pensent que le bilan de Français Hollande est mauvais.

Tout est dit. Vous n'avez plus de base politique. Et, le peuple français a zappé François Hollande. En toute franchise, le mieux qui puisse se produire pour la France, c'est de mettre fin, et vite, à votre aventure qui se terminera -je vous le prédis- comme celles des années Mitterand et des années Jospin.

Pour cela, j'appelle vos frondeurs à prendre leurs responsabilités puisqu'ils ont échoué de peu à déposer leur propre motion de censure. Je sais que certains d'entre eux auront le courage de leur conviction profonde. Que celles et ceux qui veulent votre chute et celle de François HOLLANDE passent à l'acte. C'est le moment. S'ils ne le font pas, s'ils vous repêchent par crainte d'être emportés, ils vous permettront de rester en place.

Mais ne vous y trompez pas Monsieur VALLS, vous n'avez plus le pouvoir. Vous n'en possédez plus que l'apparence. Si cette censure échoue, il restera aux Français à compter les jours, à compter fébrilement les jours qui nous séparent de l'alternance.

Aujourd'hui, vous gagnerez un peu de temps pour vous-même, pour vos ministres et les députés socialistes qui redoutent par-dessus-tout d'affronter leurs électeurs.

N'ayez crainte, ce moment-là viendra. Ce sera dans un an. Préparez-vous à la force de la vague qui vous submergera. Elle sera à la mesure de la déception de vos électeurs et de l'écœurement des Français.

Vous ne serez plus qu'une poignée sur ces bancs. Et ce sera justice car François HOLLANDE aura ruiné la France, trahi les siens et profondément divisé les Français.

Ce jour-là, vous vous souviendrez de cette censure qui est un fait politique majeur puisqu'elle est une double censure.

La censure de tous ceux qui ont cessé de croire en vous et au Président de la République. Ils sont dans vos rangs.

Et la censure de ceux qui n'ont jamais cru en vous. Ils sont en face de vous, unis et déterminés à préparer la grande alternance de 2017.

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