Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,

Le Général de Gaulle a offert à la France des Institutions, une Constitution d'une solidité absolument extraordinaire. Une solidité qui a permis à notre pays de traverser de graves crises sans que jamais la conduite de l'Etat n'en souffre.

Avez-vous conscience Monsieur le Premier Ministre que, si vous êtes là, devant nous, pour quelques semaines, ce n'est certainement ni grâce à la cohésion de votre majorité, ni grâce à vos talents personnels mais par la grâce des institutions de la Vème République.

La logique constitutionnelle veut qu'un Chef du Gouvernement émane de deux légitimités. Celle du Président de la République et celle de sa majorité parlementaire. Il est arrivé que des Premiers Ministres ne possèdent que l'une des deux. Mais jamais qu'il n'en ait aucune des deux.

Or, c'est bien la situation inédite, insolite et pour tout dire pathétique dans laquelle vous êtes.

Nous ne doutons pas, Monsieur le Premier Ministre, que vous aimez notre pays, que vous aimez l'Etat et la République. Et que, par conséquent, comme l'immense majorité des Français, vous avez un peu honte du spectacle délétère que la gauche de Gouvernement a donné au pays depuis 15 jours ?

Il est insupportable -parce que nous parlons de la France et de son image- que certains tentent de faire croire à nos concitoyens que François HOLLANDE a pris une décision aussi courageuse qu'élégante et estimable. De qui se moque-t-on ?

Il a pris la seule décision qu'il pouvait prendre, celle de la fuite en rase campagne, de la reddition sans conditions, en un mot de la démission pure et simple. Une démission sous les coups de boutoirs d'un Premier Ministre qui, il faut le dire, l'a trahi.

Le Président de la République, et on le comprend, ne pardonnera pas à celui qui lui a donné le dernier coup de poignard. Pourriez-vous, droit dans les yeux, m'affirmer que ce n'est pas la vérité ? Non, et vous le savez très bien.

François HOLLANDE aurait pu être destitué pour bien d'autres raisons. Mais, en dernier ressort, c'est son propre Premier Ministre qui l'a destitué, enivré, aveuglé même qu'il est par l'image qu'il a de lui-même dans son beau miroir.

Si je rappelle ces faits précis, bruts, presque tragiques, c'est pour mettre en lumière ce qui restera sans doute comme l'un des fautes majeures du Président de la République et de votre majorité : avoir abîmé profondément nos institutions.

Oui, Monsieur le Premier Ministre, le spectacle affligeant de ces derniers jours a abîmé la République et il n'est que l'ultime acte d'un quinquennat de tous les échecs.

Vous avez tenté, dans un exercice un peu désespéré, de vous accrocher à une déclaration de politique générale.

Une déclaration de politique générale, à cinq mois de la fin de la partie, personne ne l'avait imaginé, ni même essayé.

Vous, vous n'avez pas reculé devant le ridicule mais vous n'avez trompé personne. Votre discours n'était bien évidemment pas une déclaration de politique générale. A certains égards peut-être un discours d'adieu parce que votre obsession, c'est maintenant de vous racheter et de repeindre un bilan qui n'est pas, qui ne sera jamais défendable.

Ce quinquennat ne mérite aucune oraison. Il ne mérite qu'une critique sévère, implacable et cinglante. Un réquisitoire qui puise ses fondements dans le commencement de ce quinquennat et même, pour être tout à fait précis, dans ses préliminaires. Je sais et je comprends que cette critique vous blesse comme la vérité blesse toujours.

Votre quinquennat, Monsieur le Premier Ministre, a commencé par un mensonge, celui de l'élection de François HOLLANDE qui a dupé le pays, et a bâti sa campagne sur des caricatures indignes.

Car vous le voyez bien, avec le recul et à la lumière de ce qu'est votre exemple, le couple exécutif, entre 2007 et 2012, a tenu le cap de la première à la dernière seconde. Avec Nicolas SARKOZY et François FILLON, les institutions ont été respectées. Cela n'a pas été le cas avec vous.
Notre majorité, de 2007 à 2012, est restée, sans jamais faillir, unie, soudée et cohérente autour de François FILLON, notre Premier Ministre et Nicolas SARKOZY, notre Président de la République. Votre majorité, elle, en a été incapable.

Viens maintenant le moment de vous rafraîchir la mémoire, tout heureux que vous semblez être de loger à Matignon pour quelques semaines. Vous rafraîchir la mémoire car vous êtes aussi responsable de ce bilan désastreux et de la bérézina hollandaise.

Vous avez été en charge des comptes publics avec le succès que l'on sait.

Vous avez été en charge de la sécurité des Français, avec le succès que l'on sait.

Qui est responsable de l'anarchie des Nuits debout en plein état d'urgence ?

Qui est responsable des actes odieux des casseurs contre l'hôpital Necker ? Qui est le Ministre de l'Intérieur qui a dû subir des mouvements de désobéissance des policiers nationaux ? Qui, à peine nommé Premier Ministre, a posé un genou à terre devant les Zadistes de Notre Dame des Landes ?

Qui a refusé toutes les propositions que nous avons faites pour bâtir une législation d'exception de lutte contre le terrorisme islamique, pour neutraliser les individus de retour du Djihad, pour neutraliser les fichés S les plus radicaux, pour que nos prisons cessent d'être les fabriques d'un Islam radical qu'elles sont devenues.

Nous continuons à penser que votre aveuglement est une faute, d'autant que vous savez mieux que quiconque l'intensité de la menace qui pèse sur la France.

Il y a un domaine où votre responsabilité est moins directement engagée, c'est celui de l'échec social et économique des Gouvernements AYRAULT et VALLS. Elle est certes moins engagée. Mais vous n'êtes pas moins comptable de cet échec collectif. Et vous ne partirez pas par la petite porte, comme le Président de la République, sans rendre des comptes sur ce bilan.

Ce bilan, c'est d'abord l'explosion du chômage. 700 000 chômeurs de plus, un taux de chômage très supérieur à la moyenne de nos partenaires. Un chômage des jeunes qui touche 1 jeune sur 4 de moins de 25 ans.

Vous aviez la jeunesse comme priorité. Et c'est peut-être votre principal échec.

En sacrifiant l'apprentissage sur l'autel de votre idéologie, vous avez éloigné encore davantage de jeunes français de l'emploi.

Revenus au pouvoir, nous ferons de l'apprentissage une priorité. On ne peut continuer à envoyer des générations de jeunes dans le mur du chômage de masse alors qu'avec l'apprentissage, avec en main un métier manuel et technique, on assure un taux de placement sans équivalent dans nos entreprises, dans nos TPE, chez nos artisans.

Oui pour nous, c'est le travail qu'il faut réhabiliter, en libérant les énergies, en abandonnant cette masse de normes qui entravent les chefs d'entreprises, les indépendants, les agriculteurs, les professions libérales.

L'urgence commande aussi de baisser le coût du travail et naturellement de faire sauter le verrou des 35 heures qui tire le pays vers le bas depuis 20 ans. La France ne sortira pas du piège du chômage et ne redeviendra pas une grande Nation industrielle si elle ne travaille pas davantage.

Votre bilan, c'est aussi le cercle vicieux de la dette, du déficit et des impôts. Des impôts confiscatoires que vous avez concentrés avec méthode, avec une pointe de cynisme même, sur les classes moyennes.

Les classes moyennes ont subi la surconcentration de l'impôt, la baisse du quotient familial, la suppression des allocations familiales et la fiscalisation absolument inique des complémentaires santé.

Vous ne leur avez rien épargné. Vous en avez même poussé certaines vers les extrêmes en niant une évidence. Cette évidence, c'est que les Français ne supportent plus que le fruit de leur travail soit confisqué au moment même où les vannes de l'assistanat sont ouvertes en grand avec le RSA, la CMU, l'AME ou le tiers payant généralisé. Notre devoir, demain sera de rétablir une équité de traitement, ce sera de récompenser le travail de celle et ceux qui produisent de la valeur ajoutée et rendent ce pays plus riche. En un mot ne pas toujours prendre aux mêmes pour donner à ceux qui profitent du système.

Notre devoir, ce sera de rompre avec le matraquage des familles, cette politique volontairement anti-famille tellement brutale qu'elle commence déjà à avoir des effets négatifs sur la natalité française.

Comprenez nous bien Monsieur le Premier Ministre, ce qui nous sépare irrémédiablement, c'est que nous pensons que les enfants, tous les enfants, d'où qu'ils viennent, quel que soit leur milieu d'origine, ont les mêmes droits et qu'ils sont la richesse de la France de demain. Nous rebâtirons une politique familiale juste qui n'oublie aucun des enfants de France.

Votre bilan, c'est également une politique du logement incohérente et dangereuse qu'il faudra reprendre de fonds en comble après la chute brutale de la construction depuis 2013.

Tout a été fait en dépit du bons sens ; les secteurs du bâtiment, de la construction et des travaux publics ont durement souffert de votre aveuglement.

Aveuglement idéologique avec la loi Duflot qui a pointé les propriétaires comme des privilégiés alors que nous savons tous que pour avoir des logements à louer, il faut des propriétaires qui investissent. Au lieu de les stigmatiser, il faut les remercier et les encourager.

Aveuglement avec une baisse insupportable des dotations aux collectivités locales qui a pesé, qui pèse lourdement sur l'investissement public. Votre réforme des collectivités n'a consisté qu'en une pression budgétaire sans aucun discernement.

Vous auriez été inspiré de faire confiance aux communes de France dont les Maires sont plus que jamais la colonne vertébrale de la République. Vous auriez été bien inspirés de ne pas supprimer le conseiller territorial qui était le pas en avant intelligent vers le rapprochement département/région.

Il nous faudra très vite remettre de l'ordre dans le désordre territorial que vous avez créé.

Un mot évidemment, parce que cela devait être le marqueur du quinquennat HOLLANDE, sur l'Education Nationale. J'ai parlé de l'apprentissage. Mais que dire du bilan des 3 ministres qui se sont succédé, Messieurs PEILLON et HAMON et Madame BELKACEM ?

L'avenir dira sans doute qu'ils ont formé le pire trio de ministres de l'Education de notre Histoire car ils ont mené une politique dogmatique. Dogmatique sur la réforme des rythmes scolaires qui est un fiasco pédagogique.
Dogmatique sur la réforme des collèges avec un affaiblissement des disciplines fondamentales, maths, français, histoire-géo au profit d'enseignement pratiques interdisciplinaires qui sont une supercherie. Tous les professeurs de collèges nous le disent.

Dogmatique enfin sur les nouveaux programmes, notamment ceux d'Histoire. Nous risquons vraiment, et je le dis avec gravité, de creuser un fossé entre nos enfants et l'histoire de leur pays dont des pans entiers seront occultés.

Non, Monsieur le Premier Ministre, la France et les Français, tout particulièrement les plus jeunes, n'ont pas à s'excuser d'être les produits de la civilisation judéo-chrétienne. Ils n'ont pas à s'excuser d'être les enfants de l'esprit des Lumières. Ils n'ont pas à s'excuser d'être les héritiers d'une République indivisible et laïque où le communautarisme n'a pas sa place.
Vous n'avez pas le droit de travestir, de dissimuler l'Histoire de France quand elle ne correspond pas aux valeurs de la gauche.
C'est une faute lourde et il nous reviendra avec la future majorité, de mettre fin à cette dérive idéologique et de remettre l'Eglise au milieu du village.

Le bilan politique de François HOLLANDE est indéfendable. D'ailleurs, personne et pas lui-même, ne le défend. Personne ne défend non plus le bilan éthique de celui qui avait osé, sans gêne : « Moi, Président, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire. »

En la matière, ce quinquennat a été une farce tragi-comique. L'affaire CAHUZAC, des ministres victimes de phobies administratives, et ce n'est peut-être pas fini.

Je n'évoquerai pas outre mesure, les « sans-dents », le scooter d'un Président inconscient dans ses comportements, Mademoiselle Léonarda Dibrani et tout ce que ce Président bavard n'aurait jamais dû dire, notamment en qualité de chef des Armées.

Je dirais simplement à tous les membres du Gouvernement qui sont encore ici, à 5 mois du clap de fin, que vous avez un mérite infini de soutenir encore un Chef de l'Etat qui a perdu les Français, qui a perdu son propre camp, qui a perdu sa majorité parlementaire avec, pour la première fois sous la 5ème République, un groupe majoritaire qui s'est fracturé en 2.

Dans quelques minutes, vous ne recevrez Monsieur le Premier Ministre, sans doute qu'une petite confiance, qu'une confiance rétrécie d'une assemblée de gauche qui attend, fataliste et résignée sa chute programmée.
Monsieur le Premier Ministre, vous ne serez pas plus que Monsieur VALLS, le Chef de la majorité. Car il faudrait pour cela qu'il y ait une majorité. Vous serez seulement, pour la postérité, le plus éphémère Chef du Gouvernement de la 5ème République. Celui qui va emmener les siens à une débâcle qui sera, je vous le prédis, plus rude que celle de 1993. Personne ne peut aujourd'hui parier que vos députés seront plus de 70 sur ces bancs.

Le temps de l'alternance approche. Le temps d'une rupture profonde, d'un changement qui permettra à la France d'être vraiment présidé, qui permettra à la France d'être vraiment gouvernée. Le temps tout simplement de la grande alternance que rend possible l'extraordinaire légitimité populaire de François FILLON.

C'est à cet unique objectif, l'élection de François FILLON à la présidence de la République, que nous allons désormais travailler de toutes nos forces : pour lui, pour l'élection de la grande majorité parlementaire qui gouvernera demain notre pays et par-dessus-tout pour la France.

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