CIOTTI EricINTERVIEW - Député UMP des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti dénonce la procédure « expéditive » du débat sur la réforme pénale. Il y voit une manœuvre visant à recaser ensuite Mme Taubira comme Défenseur des droits et crie au scandale.

LE FIGARO - Comment voulez-vous combattre le texte de la garde des Sceaux, Christiane Taubira ?

Éric CIOTTI - Le combat sera déterminé de la part de l'UMP. Ce texte recèle des dangers majeurs...

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FENECH GeorgesUne nouvelle fois, la question de la surpopulation carcérale est au coeur de l'actuelle reforme pénale. Plus de 67 000 personnes sont incarcérées dans les prisons françaises, soit un taux d'occupation supérieur à 115 %. Convaincue d'une dérive du " tout-carcéral ", la ministre de la justice, Christiane Taubira, apporte ses remèdes qui, au final, risquent d'être pires que le mal.

Le fantasme d'un peuple " suremprisonné " ne repose sur aucune réalité. Le taux de détention en France n'est pas plus élevé qu'ailleurs. La vraie raison de cette faillite du système répressif réside dans le sous-équipement chronique du parc immobilier pénitentiaire. A titre de comparaison, la France compte 57 235 places de prison contre 96 200 au Royaume-Uni, à population équivalente...

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MARITON HervéQuelle est la bonne réforme pour les territoires ?

C'est celle qui permet de faire des économies et de maintenir une très forte responsabilité des élus envers les citoyens. J'assume la réduction du nombre des régions et la disparition des départements. Ce qui ne me va pas, c'est que la réforme prospère sur l'ambiguïté de l'intercommunalité à la française, alors qu'on a besoin d'un mouvement de fusions de communes. Je suis volontiers audacieux sur le sujet, je ne reprocherai pas au gouvernement de l'être aussi.

De quelle ambiguïté parlez-vous ?

Celle qui consiste à garder les communes et l'intercommunalité. Le renforcement de l'intercommunalité en maintenant le fait communal a ajouté une strate, un échelon supplémentaire... et un discours de plus dans les inaugurations ! On a érigé les intercommunalités en quasi collectivités, et on a appauvri les communes en les laissant comme le lieu de la démocratie. L'interco se vit comme une manière de faire le bonheur des gens malgré eux, avec un vice de démocratie. Vous aurez observé qu'on a eu, aux dernières élections municipales, des communes qui ont connu l'alternance sans que l'interco alterne, avec parfois un maire battu qui reste président de l'interco. C'est tout de même problématique !

Où met-on la barre pour fusionner les communes ?

C'est affaire de bassins de vie, de situations locales. Soit une commune a la taille suffisante pour exister, et l'intercommunalité doit être un échelon purement technique. Soit elle ne l'a pas et il faut pousser de façon plus ardente vers des communes nouvelles, par exemple à l'échelon des anciens cantons.

Localement, les esprits sont-ils mûrs pour ces fusions ?

Oui. Je le constate sur le terrain, beaucoup plus qu'avant. Les gens sont plus disponibles qu'on ne pouvait le penser.

L'UMP est-elle aussi volontariste que vous sur le sujet ?

On trouve sur le site de l'UMP la trace d'une proposition de 8 régions et la suppression des départements là où il y a une métropole. C'est une prise de position du 18 décembre 2013, pudiquement oubliée depuis. L'opposition doit s'opposer lorsque c'est justifié, mais lorsqu'un sujet intéressant est mis sur la table, elle doit être exigeante sur le contenu et critique sur ce qui ne nous conviendrait pas. Une réforme doit se faire, acceptons ce débat. Est-ce que ce serait un crime qu'il y ait un consensus entre majorité et opposition sur un sujet ? Je ne le crois pas.

Y compris avec une réforme constitutionnelle ?

Si on est capable de trouver un accord, oui, il vaut mieux assumer une modification de la Constitution. Mais le président de la République, dans son absolue sagesse, ne doit pas en profiter pour essayer de faire passer, par exemple, le vote des étrangers.

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DEBRÉ BernardLe djihadisme en France : « Aucun pays au monde ne peut assurer un risque zéro en matière de terrorisme. Dans l'état actuel des choses, le fichage et les écoutes téléphoniques sont nécessaires. Pour autant, il faut prendre le mal à la racine. La base, c'est l'éducation et la prévention. Nos prisons sont dans un état de délabrement ou de surpopulation intolérable. Nous devons surveiller qui vient y faire du prosélytisme. Imam, curé ou rabbin, ils doivent être modérés. Par ailleurs, la binationalité est un vrai sujet. Quand des binationaux sont coupables de crimes et délits importants, il faudrait pouvoir les expulser et leur enlever la nationalité française. »

L'avenir de l'UMP : « Le triumvirat était la seule solution après l'affaire Bygmalion, qui nous a coûté 2 ou 3 % des suffrages aux élections européennes. Qui est Nadine Morano pour critiquer ce nouveau fonctionnement ? C'est une femme qui s'est fait battre aux élections législatives. Elle s'est vu confier un poste européen parce que c'est une amie de Copé. Il faut qu'elle se taise! Si des critiques sont formulées, c'est parce qu'un certain nombre de personnes ont intérêt à ce qu'il y ait des champs de ruines. Je parle de Jean-François Copé, et peut-être de Nicolas Sarkozy. Mais je suis dubitatif sur le retour de Sarkozy. Oui, il a été président de la République, mais faut-il continuer à regarder dans le rétroviseur ? A l'UMP, nous avons des jeunes pousses charismatiques et pleines de valeur. »

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JACOB ChristianINTERVIEW - Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale met l'accent sur l'échéance municipale et souhaite pour les européennes «des listes communes de la droite et du centre».

LE FIGARO. Que vous inspirent les déclarations de François Fillon à Valeurs actuelles ?

Christian JACOB. Quelles que soient les responsabilités passées ou futures des uns et des autres, les Français attendent de nous que l'on joue collectif. C'est ce à quoi je me suis engagé à la présidence du groupe UMP. Nous ne devons pas brûler les étapes. Il faut d'abord nous mobiliser pour reconquérir les territoires en 2014, nous mobiliser pour les élections municipales et européennes. Nous devons être dans l'opposition et dans la proposition. Il faut serrer les rangs.

Le non-lieu pour Nicolas Sarkozy rouvre-t-il la guerre des présidentiables à l'UMP?

Non. D'abord c'est une bonne nouvelle que la vérité éclate et que son innocence soit clairement établie. Ensuite, je n'ai pas le sentiment que Nicolas Sarkozy ait été absent de la scène publique depuis quinze mois.

Quelles leçons tirez-vous de l'élection de Brignoles?

La gauche est éliminée dès le premier tour dans un canton de gauche. C'est un fiasco sans précédent pour François Hollande. Jamais un président de la République n'avait dilapidé en si peu de temps son capital électoral. Huit législatives partielles perdues sur huit, une fois sur deux sans que la gauche soit présente au second tour! C'est une hémorragie de son électorat sans précédent.

Pour autant, l'UMP n'en profite pas beaucoup...

Je le rappelle, c'est une terre de gauche et l'UMP maintient son capital de voix. En réalité, les vases communicants se font entre la gauche et le Front national. En clair, le FN progresse grâce à des voix de gauche, et les opérations de communication à répétition de Manuel Valls ne sont pas une réponse. Les Français attendent de lui qu'il soit un vrai ministre de l'Intérieur et non pas un beau parleur qui mène campagne contre François Hollande, comme mardi à Forbach. Manuel Valls essaie d'éclipser François Hollande et de se positionner comme le recours à gauche dès 2017. Mais il sera rattrapé par son bilan catastrophique.

Que faut-il faire pour faire baisser le FN?

Le FN progresse quand la gauche est au pouvoir. On l'a vu en 1981, en 1988, en 1997 et on le voit encore aujourd'hui. Nous, nous devons nous intéresser aux vrais problèmes des Français, par opposition à Manuel Valls et à Christiane Taubira, qui sont dans le dogmatisme et le sectarisme. Et le premier sujet, c'est l'emploi, auquel nous avons consacré notre journée parlementaire, après avoir réuni des groupes de travail pendant six mois. Nous proposons les 39 heures payées 39, nous voulons redonner de l'oxygène aux entreprises, baisser le coût du travail et assurer le financement de la protection sociale par la TVA compétitivité. Par ailleurs, il faut revoir entièrement notre système éducatif en remettant en cause le collège unique, et en développant l'apprentissage à 14 ans et la formation en alternance. Nous devons être mobilisés autour d'un corps de doctrine sur le travail, par opposition à la gauche droguée à l'impôt et l'assistanat. François Hollande est vraiment le président des impôts.

L'UMP récuse le front républicain, mais la victoire de sa candidate dimanche à Brignoles ne peut venir que de l'électorat de gauche...

Je ne crois pas aux petits arrangements politiques, au boursicotage entre partis où l'on s'échange tel ou tel soutien sous la table. Les électeurs n'appartiennent à personne et tout cela les agace profondément.

Marine Le Pen affirme que le FN est le premier parti de France...

C'est faux. Le premier parti de France, en nombre de militants, c'est l'UMP. J'observe que sur les sujets économiques, le FN est beaucoup plus proche de la gauche que de l'opposition. Sur les retraites, ils tiennent le même discours. Sur l'Europe, entre le Front de gauche et le FN, j'ai du mal à voir la différence.

Pour éviter que le FN ne devienne le premier parti aux européennes en mai, faut-il des listes uniques UMP-UDI ?

C'est dans la nature des choses. Je souhaite que la droite et le centre fassent listes communes. Il faut bien sûr tenir compte des rapports de forces. Il y a 200 députés UMP d'un côté, 30 UDI de l'autre. Sur la question européenne, nous devons être offensifs, comme nous le sommes sur le plan économique. Il faut l'être aussi sur la PAC pour aller gagner des parts de marché et ne pas nous mettre en position de faiblesse au moment des négociations transatlantiques. Ce n'est pas de moins d'Europe que l'on a besoin, mais d'une Europe politique plus forte.

Le rapprochement UDI-MoDem ne risque-t-il pas de perturber ce mouvement?
François Bayrou a appelé à voter François Hollande à la dernière élection présidentielle. L'esprit de l'UMP, créée par Jacques Chirac en 2002, c'était le rassemblement de la droite et du centre. Revenir au RPR et à l'UDF serait un retour en arrière. Ce qui nous a permis de gagner deux élections présidentielles, deux élections législatives de suite et de toujours nous qualifier au second tour, c'est l'UMP.

(4/4) Conférence de presse de Christian Jacob - 19032019
(4/4) Conférence de presse de Christian Jacob - 19032019

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