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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

CHRETIEN Alain

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MARDI 26 MAI 2015

Réforme des collèges

Question de M. Alain Chrétien à Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre


M. le président. La parole est à M. Alain Chrétien, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.

M. Alain Chrétien. Non, madame la ministre de l’éducation nationale, nous ne vous lâcherons pas sur votre réforme du collège (Exclamations sur les bancs du groupe SRC), une réforme dogmatique dont vous avez signé les textes en catimini, voire en catastrophe, avant le congrès du parti socialiste.

Non, vous n’écoutez pas les enseignants, vous n’écoutez pas les parents d’élèves, dont l’une des premières fédérations vient de désavouer son président.

Non, vous n’écoutez pas les Français, qui sont plus de 26 000 à avoir signé la pétition de Bruno Le Maire, ainsi que près de 300 parlementaires.

Non, tous les enfants ne méritent pas une pédagogie uniforme et médiocre. (Protestations sur plusieurs bancs du groupe SRC.) A prétendre tout donner à tout le monde, on finit par abandonner l’essentiel. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

Oui, il faut revenir aux fondamentaux, savoir lire, écrire, compter. Oui, l’enseignement professionnel est tout aussi honorable que l’enseignement général. Sortir du collège unique, ce n’est pas faire de l’élitisme, c’est comprendre que chaque enfant est unique et que chaque parcours est différent. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et UDI.)

Non, nous ne vous lâcherons pas sur cette réforme car elle est l’essence même de l’égalitarisme socialiste qui tire la France vers le bas. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

Non, madame la ministre, vous n’êtes pas la digne héritière de Jules Ferry !

Vous avez reculé sur la suppression des notes, vous avez reculé sur la théorie du genre, vous avez reculé sur la bourse au mérite, alors reculez sur votre réforme du collège ! (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe UMP et sur plusieurs bancs du groupe UDI.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Je ne doute pas, monsieur le député, que le président de votre formation politique, Nicolas Sarkozy, aura bu du petit-lait en vous écoutant cet après-midi, lui qui vous a en effet donné pour instruction de harceler le Gouvernement sur cette question de la réforme des collèges. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

La réussite de nos enfants mérite tellement mieux que ces polémiques politiciennes à n’en plus finir. Oui, la réforme des collèges a été adoptée. La pédagogie étant l’art de la répétition, je veux bien, pour la trente et unième fois – j’ai compté le nombre de questions que vous m’avez adressées depuis quelques semaines – vous expliquer en quoi le collège que nous préparons pour nos enfants a vocation à faire réussir chacun d’entre eux ; en quoi nous ne pouvons plus admettre un collège qui fait qu’un enfant sur quatre, en classe de troisième, ne maîtrise pas les fondamentaux en lecture et en écriture ; en quoi, avec de l’accompagnement personnalisé, du travail en petit groupe, de nouvelles pratiques pédagogiques, dont toutes les enquêtes démontrent les vertus, nous allons mieux faire réussir non pas simplement 15 % d’élèves mais 100 % des collégiens.

Monsieur le député, je ne me souviens pas que vous vous soyez intéressé à l’éducation avant de vous saisir de ce sujet comme prétexte. (Vives protestations et claquements de pupitre sur les bancs du groupe UMP.)

M. Alain Chrétien. Vous me déniez le droit de poser une question ?

Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre. L’éducation est un sujet sérieux. (Protestations sur les bancs du groupe UMP – Bruit continu.) Parce que l’éducation est un sujet sérieux, il faut écouter ce que vous disent les enseignants eux-mêmes car ce sont eux qui, les premiers, ont inspiré cette réforme. (Mêmes mouvements.)

Avec l’autonomie que nous laissons aux établissements, ces derniers pourront enfin répondre aux besoins de leurs élèves. (Mêmes mouvements.) Avec des pratiques pédagogiques qui ont été inspirées du terrain partout et qui ont révélé qu’elles permettaient aux enfants de mieux apprendre, le collège 2016 s’intéressera enfin à la réussite. (Mêmes mouvements.)

Vous ne voulez pas y adhérer, c’est votre politique. La nôtre, nous l’assumons. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe SRC – Vives protestations et huées sur les bancs du groupe UMP.)

M. Yves Censi. C’est inadmissible !

M. Daniel Fasquelle. C’est scandaleux !

Conférence de presse de Christian Jacob - Mardi 21 mai 2019
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