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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

TAUGOURDEAU Jean-Charles

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MERCREDI 31 JANVIER 2019

Grand débat national

Question de M. Jean-Charles Taugourdeau à M. Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement


M. Jean-Charles Taugourdeau. Monsieur le Premier ministre, il y a bientôt trois ans, Emmanuel Macron a semé les graines d’une variété formidable dénommée « espérance », qui a poussé jusqu’à le conduire à l’Élysée et, en même temps, vous conduire à Matignon. Toutefois, vous n’avez su, ni l’un ni l’autre, cultiver et entretenir cette espérance, qui a grandi très vite, trop vite.

M. Frédéric Reiss. Elle est flétrie !

M. Jean-Charles Taugourdeau. Forts de vos certitudes, vous n’avez pas vu qu’après s’être brièvement épanouie, elle a produit les graines d’une redoutable variété dénommée « colère ». Quel gâchis ! Quel gâchis ! (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)

M. Fabien Di Filippo. C’était prévisible !

M. Erwan Balanant. La colère a poussé sur le terreau de vos politiques passées !

M. Jean-Charles Taugourdeau. Vous n’avez voulu ni voir ni entendre cette colère, soutenu par les applaudissements incessants de votre majorité debout, enthousiaste et, en même temps, si méprisante envers l’opposition. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR, sur quelques bancs du groupe SOC et parmi les députés non inscrits.)

Un député du groupe LaREM. Jaloux !

M. Jean-Charles Taugourdeau. Ah ! Si vous aviez accepté de coconstruire les textes avec tous les députés, comme promis aux Français, qui n’en peuvent plus de votre « en même temps », qui signifie en fait « tout et son contraire » !

M. Éric Straumann. Les marcheurs sont trop intelligents ! C’est leur grand défaut !

M. Jean-Charles Taugourdeau. Voici trois exemples pour que l’on comprenne mieux.

Vous déclarez assurer la sécurité des citoyens dans la rue avec un texte du Sénat, vidé de son contenu, et, en même temps, vous annoncez le retour de 130 terroristes, qui seront incarcérés alors que vous n’assurez toujours pas la sécurité des surveillants dans les prisons. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR. – Exclamations sur les bancs du groupe LaREM.)

Vous déclarez avoir libéré les entrepreneurs par les accords d’entreprise et, en même temps, vous les sanctionnez par un bonus-malus sur l’usage des CDD, imposés par l’instabilité de votre propre créativité juridique.

Vous déclarez réformer la justice, alors que vous l’éloignez du citoyen et, en même temps, la rapprochez de l’exécutif. Où sera son indépendance ? (M. Thibault Bazin applaudit.)

Monsieur le Premier ministre, puisque vous êtes le chef du Gouvernement, ma question s’adresse à vous : quand allez-vous, méthodiquement, marche par marche, améliorer concrètement le quotidien des Français ? Les Français souffrent ; ils attendent des décisions claires et des actes concrets. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR et parmi les députés non inscrits.)

M. Éric Straumann. Le problème, c’est qu’on descend les marches !

M. le président. La parole est à M. le ministre chargé des relations avec le Parlement.

M. Marc Fesneau, ministre chargé des relations avec le Parlement. Monsieur Taugourdeau, je vous remercie de votre question, qui me donnera peut-être l’occasion de donner un éclairage à propos de notre méthode, en faisant le lien avec le grand débat national que nous avons lancé.

Nous partageons le sentiment que des débats et des controverses sont nécessaires à l’Assemblée nationale. Nous partageons aussi le sentiment que nous pouvons trouver des points d’accord sur un certain nombre de sujets. Vous avez d’ailleurs parfois agi en ce sens – je pense notamment à vos collègues du Sénat lors de la réforme de la SNCF. Nous aurions aimé trouver plus souvent des points de convergence sur bien d’autres sujets. Néanmoins, assumons nos éventuelles divergences.

Vous avez su évoluer – je vous en donne crédit – sur un certain nombre de textes. Toutefois, si vous voulez que notre pays avance et que nous menions les réformes nécessaires,…

M. Christian Hutin. Demain, nous allons examiner cinq propositions de loi !

M. Marc Fesneau, ministre. …il faut que personne ne se cantonne dans son camp.

Mme Amélie de Montchalin. Très bien !

M. Marc Fesneau, ministre. La majorité est prête à travailler avec ceux qui veulent vraiment réformer le pays. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes LaREM et MODEM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)

M. Maxime Minot. C’est du pipeau !

M. le président. Un peu de calme, mes chers collègues !

M. Marc Fesneau, ministre. L’espérance portée en 2017, que vous avez décrite avec justesse, répondait aussi à la désespérance nourrie pendant des années, quand on voyait les camps s’affronter, les uns contre les autres. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM.) Nous sommes prêts à franchir le pas, nous le faisons régulièrement (« Non ! » sur les bancs du groupe LR), et c’est aussi l’objet du grand débat national. Je vous donne donc rendez-vous dans quelques mois. Chacun sera placé devant ses responsabilités. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et MODEM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)

Conférence de presse de Christian Jacob - Mardi 11 juin 2019
Conférence de presse de Christian Jacob - Mardi 11 juin 2019

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