JACOB ChristianLa France, meurtrie et endeuillée, pleure, par dizaines, des hommes et des femmes, qui vendredi soir, ont croisé le chemin de fanatiques qui les ont massacrés. Ces barbares n'ont qu'un but : terroriser notre pays et le menacer dans ce qu'il est au plus profond de lui.

La France n'est pas un pays comme les autres. Elle a offert au monde des valeurs universelles qui sont le creuset du pacte républicain qui nous unit.

Aujourd'hui, tous les patriotes, rassemblés, doivent se lever pour défendre ces valeurs, la liberté de pensée, la liberté de conscience, l'égalité, le respect absolu de la personne humaine.

Ceux qui ont commis l'irréparable doivent savoir que nous ne plierons pas, nous ne transigerons jamais avec la défense de notre identité profonde. Ces valeurs, ce sont les valeurs de la France. Ce sont les valeurs de l'Occident. Ce sont les valeurs d'une civilisation dont, plus que jamais, nous pensons qu'elle a vocation à l'universalité.

Depuis des mois et des mois, nos soldats, nos pilotes sont les sentinelles de ce combat. Au Mali, en Irak, en Syrie maintenant, ils agissent pour nous protéger. Notre reconnaissance, pour leur engagement et leur sens du devoir et du sacrifice, est infinie.

Demain, plus encore, nous allons avoir besoin d'eux. Nous allons avoir besoin de nos gendarmes, de nos policiers, de nos pompiers, de toutes les forces de sécurité publique et de secours pour nous protéger.

Mais c'est aussi en nous-même que nous devons puiser le courage de nous opposer. C'est un combat de tous les citoyens qui refusent de poser un genou à terre devant l'islamisme radical.

Aujourd'hui, il faut le dire, si l'ennemi est à l'extérieur, il est aussi à l'intérieur, sur le territoire national.

Des fils de France, nés ici pour certains, n'hésitent plus à devenir des bombes humaines pour semer la terreur, pour tuer froidement et gratuitement au nom d'une idéologie qui n'aura jamais sa place en France.

Ayons le courage et la tristesse aussi de dire que d'une certaine manière, ces évènements à la suite d'autres depuis 1 an, signent l'échec de l'intégration républicaine. Il s'agit d'une rupture qui va peser lourd au cours des prochaines années. Nous devrons collectivement, en tirer les conséquences en étant, demain plus encore, inflexibles sur l'affirmation de notre identité, de notre mode de vie, de la laïcité. Ils sont nos biens communs les plus précieux.

Vendredi, c'est cet idéal républicain que cet ennemi a voulu atteindre dans un déchainement de haine qui mérite une riposte implacable.

Le Président de la République a eu raison de décréter l'état d'urgence qui donnera à nos forces des moyens exceptionnels pour mettre hors d'état de nuire, celles et ceux qui s'apprêteraient à commettre des nouvelles actions terroristes.

Le temps est à l'émotion, à la compassion, au recueillement. Il est aussi au sursaut. Sursaut de citoyens qui veulent vivre ici, en France, à Paris et partout à travers le pays, comme nos grands-pères, comme nos pères ont voulu que nous vivions : libres.

Monsieur le Premier Ministre, trop de temps a été perdu depuis janvier pour préparer ce sursaut.

Le 13 janvier, à l'Assemblée nationale vous aviez parlé de failles. 10 mois plus tard, ces failles n'ont pas disparu.

Ce jour-là, je vous ai dit qu'à circonstance exceptionnelle, il fallait une loi d'exception. Je vous avais dit que nous devions, sans trembler, restreindre les libertés publiques et la liberté individuelle de quelques-uns pour protéger nos concitoyens.

Nos attentes, Monsieur le Premier Ministre, sont toujours les mêmes. Elles n'ont pas variées. Vous les connaissez ; nous les avons défendues sans relâche à l'Assemblée. Je les ai évoquées hier avec le Président de la République.

Le Président de la République a fait des annonces qui semblent aller dans ce sens. Nous prenons acte qu'il a changé d'avis mais nous resterons extrêmement vigilants.

Quant à la révision de la Constitution, rien à ce stade ne le justifie. Notre Constitution offre tous les outils juridiques pour répondre à toutes les situations.

Nous vous demandons de condamner durement la consultation habituelle des sites faisant l'apologie du terrorisme.

Nous vous demandons la fin des aménagements de peine pour les islamistes radicalisés, l'isolement en prison des détenus les plus radicaux et que les prisons françaises ne soient plus un trou noir pour nos services de renseignement.

Nous vous demandons d'autoriser nos services à arrêter des terroristes en puissance dès lors qu'ils sont soupçonnés de préparer le pire. Nous vous demandons de fermer les mosquées où l'idéologie salafiste à pignon sur rue.

Nous vous demandons de neutraliser les milliers de français partis faire le djihad. Les neutraliser, cela veut dire leur interdire le retour. Cela veut dire aussi que si par malheur pour le pays ils reviennent, il faut les placer en centre spéciaux de détention ou en prison ; il faut les enfermer car enfermer un fou dangereux, c'est le moins que l'on doit à la sécurité des français.

Il faut aussi se donner les moyens, tous les moyens, d'une surveillance généralisée des individus fichés « S », par leur placement en résidence surveillée dans les plus brefs délais.

Reste enfin la question d'ordre moral de la déchéance automatique de nationalité des binationaux. On ne peut plus accepter qu'un Français porte les armes contre son pays, contre nos soldats, contre nos policiers, contre nos gendarmes. 3 fois, vous vous êtes opposés à nos propositions de loi. Vous devez bouger sur ce point et vite.

Monsieur le Premier Ministre, si vous pensez que l'unité nationale est un moyen à elle seule de lutter contre le terrorisme, vous vous trompez. Elle n'est pas un moyen. Elle est un préalable, une condition. Et pour remplir cette condition, nous devons nous retrouver sur l'essentiel.

L'opposition parlementaire a pris ses responsabilités à plusieurs reprises, en votant tous les textes sur le renseignement que vous nous avez proposés, même quand nous pensions qu'ils n'allaient pas assez loin. A vous maintenant, dans ce moment historique, de prendre vos responsabilités.

Il est temps aussi que l'Europe prenne les siennes. La France est à la pointe du combat contre le djihadisme. Nos Armées défendent les libertés de tous les européens. La solidarité européenne doit prendre un contour plus réel. Cela signifie que le fardeau budgétaire de nos engagements extérieurs doit être partagé. Les Européens doivent admettre que si la France prend ses responsabilités, elle le fait pour toute l'Europe, elle le fait pour un combat qui la dépasse, qui la transcende.

L'Europe doit également comprendre, -et c'est le devoir du Président de la République et de votre gouvernement de porter ce débat- qu'une révision totale des accords de Schengen est devenue la priorité des priorités.

Notre devoir de Français, c'est de combattre la passivité, la résignation et le fatalisme d'une Europe passoire qui n'aurait pas le droit de maitriser les flux migratoires, qui n'aurait pas le droit d'empêcher l'entrée de terroristes qui viendraient depuis l'extérieur grossir les rangs des ennemis de l'intérieur.

Vous ne pourrez pas, l'Europe ne pourra pas disjoindre le défi de la crise migratoire et le défi de la lutte contre le terrorisme. Les Français ne nous pardonneraient pas de laisser faire. La France a des frontières. Il faut les surveiller.

Enfin, cette grande loi de mobilisation générale contre le terrorisme appelle un effort budgétaire. Elle appelle des moyens extraordinaires pour nos services de sécurité et de renseignement car la menace a changé de nature et de dimension. Elle appelle également une révision de la loi de programmation militaire car nos soldats, très vite, ne pourront plus faire face aux engagements opérationnels que le Pays leur demande.

Monsieur le Premier Ministre, il n'y aura pas de guerre victorieuse sans un effort de guerre à la hauteur de la menace qui pèse sur la France. Nous vous demandons solennellement de proposer, en seconde lecture de la loi de finance, cet effort.

Parce que notre groupe parlementaire puise une partie de ses racines dans la tradition gaulliste, nous pensons qu'il revient au Président de la République de fixer le cap de la politique étrangère de la France. Mais la franchise nous oblige à vous dire, ici devant le Congrès de la République, que François Hollande faut fausse route sur la politique syrienne de la France.

Il veut être impitoyable avec notre ennemi, l'Etat islamique. Il a raison. Cela commence par une lutte totale, sans merci, en Irak et en Syrie. Et la France, si c'est vraiment son but de guerre, doit accepter de reconsidérer ses alliances, parler avec la Russie, avec tous les grands pays de la région. Et participer à une grande coalition internationale.

Car l'objectif n°1, c'est d'éradiquer l'Etat islamique. Après les attentats de vendredi, cette question, tant c'est une évidence, ne devrait plus faire débat et nous réunir.

Monsieur le Premier Ministre, parce que vous êtes au pouvoir, c'est vous qui avez les clefs d'une union nationale forte et durable. D'une union nationale qui ne soit pas un slogan, des mots, de belles paroles. Les Français attendent en effet des actes, des actes qui prouveront que, vraiment, nous serons impitoyables avec nos ennemis.

La Lettre Républicaine

Déconfinement

Stratégie de déconfinement - Contribution des Députés les Républicains

200115 Damien Abad

Réforme des Retraites

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Discours à la tribune de Damien Abad, Président du groupe : présentation de la motion de censure des députés Les Républicains.

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Réforme des Retraites

200115 Damien Abad

Lettre de Damien Abad, Président du Groupe les Républicains de l'Assemblée nationale à Edouard Philippe, Premier Ministre.

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