Avant les journées parlementaires des députés Les Républicains, organisées à Nîmes jeudi et vendredi, le président du groupe à l’Assemblée souligne les enjeux d’un rassemblement où les cinq candidats de la droite sont attendus, en présence de Laurent Wauquiez.

Les Républicains se retrouvent à Nîmes jeudi pour leur dernière rentrée parlementaire avant la présidentielle. Quel message lancez-vous aux députés LR ?

La force du collectif est le slogan de notre groupe et cela doit devenir une réalité partagée par tous. La période est incertaine mais notre groupe peut être un pilier sur lequel notre candidat pourra s’appuyer et construire une majorité parlementaire.

Les grandes manœuvres ont commencé en vue des prochaines élections législatives. François Bayrou veut un « seul mouvement unitaire et large » rassemblant notamment LREM, le MoDem et Agir. Ce projet de recomposition d’une majorité ne risque-t-il pas de séduire certains parlementaires, lassés d’être dans l’opposition ?

Le meilleur antidote pour ne plus être dans l’opposition est une victoire à la présidentielle. Un mouvement politique doit être cohérent, fort et homogène. Il ne peut pas faire l’objet de petites tambouilles politiciennes. Nous, nous voulons faire vivre le pluralisme politique au sein d’un parlement abîmé, piétiné et déconsidéré par la majorité. Contrairement à ce que dit leur président Christophe Castaner, Les Marcheurs ne peuvent pas incarner le camp de la raison parce qu’ils sont celui des fractures et des factures. On nous avait promis le dépassement des clivages, nous avons connu une majorité pétrie de certitudes, enfermée dans un sectarisme inquiétant pour l’avenir de notre démocratie.

 

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Candidat à la primaire de la droite, Éric Ciotti veut faire entendre un discours fort sur l'immigration et la sécurité. Le député LR des Alpes- Maritimes propose d'en finir avec le droit du sol et souhaite inscrire les racines “judéo-chrétiennes” de la France dans la Constitution. Entretien.

Valeurs actuelles. De quoi la situation catastrophique à Marseille, où le président de la République s’est rendu, est-elle le nom ?

Eric Ciotti. Je crains que la situation de Marseille ne traduise les prémices de ce qui risque d’arriver demain à l’ensemble de notre pays. Des quartiers entiers sont livrés aux narcotrafiquants, une partie de la population est communautarisée et l’immigration de masse a modifié les équilibres de cette ville. La perte d’autorité de l’État est telle que nous sommes incapables de faire appliquer nos lois dans des quartiers, où l’on voit devant les caméras de télévision des dealers tenir un check-point, se vanter de faire obéir la population et de ne pas laisser rentrer les policiers. Depuis début juillet, douze personnes, y compris des mineurs, ont été assassinées, victimes de règlements de comptes liés à la drogue. Cette situation n’est pas propre à la cité phocéenne. On la retrouve hélas dans beaucoup de quartiers de nos villes. La France devient Orange mécanique et tend à l’ensauvagement. Si on ne met pas un coup d’arrêt brutal à cette dérive, c’est une situation qui, à terme, gagnera la France entière.

Que proposez-vous pour résoudre cette situation qui s’aggrave d’année en année ?

Je travaille sur ces questions depuis que je suis élu à l’Assemblée nationale. Je l’ai fait avec une forme de constance, voire d’obstination. Ce qui m’a valu quelquefois des critiques, y compris au sein de ma famille politique. Je constate que j’ai sans doute eu raison trop tôt puisque tout le monde vient aujourd’hui sur cette thématique.

J’appelle tout d’abord à restaurer l’autorité. Il faut réarmer l’État pour mieux protéger les Français, le réarmer budgétairement, judiciairement et moralement. Cela passe d’abord par une réponse pénale plus ferme, plus rapide et donc plus dissuasive. Pour cela, je propose sur le quinquennat que nous atteignions 100 000 places de prison, dont au moins 5 000 nouvelles places immédiatement construites grâce à des modules préfabriqués.

J’entends ensuite réduire fortement l’immigration. Notre pays se trouve dans l’incapacité d’assimiler aux valeurs nationales un nombre d’étrangers accueillis chaque année de façon trop importante. Il faut donc réduire très fortement les flux migratoires et retrouver notre capacité d’assimilation notamment grâce à un profond travail au sein de l’école de la République.

Comment limiter les flux ?

En abordant avec courage la question de l’immigration familiale, qui représente aujourd’hui la part la plus importante des titres de séjour délivrés chaque année. Je propose de mettre un terme au regroupement familial automatique. Pour cela, il faudra sortir de l’espace Schengen et renégocier notre adhésion à Schengen et à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) pour créer un nouveau cadre où le principe de libre circulation ne ferait pas de nos frontières des passoires.

Il faut également mettre en place des quotas migratoires pour revenir à des niveaux plus raisonnables mais aussi s’attaquer au dévoiement du droit d’asile. Les premiers pays d’origine des demandeurs étant des pays sûrs, il faut sans attendre permettre le placement en rétention administrative des demandeurs d’asile afin d’accélérer l’examen et faciliter les expulsions.

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Député du Lot et secrétaire général des Républicains, Aurélien Pradié tire la sonnette d'alarme. Il appelle les candidats à la présidentielle à droite à ne pas se tromper de cible et à « faire du pacte social une question aussi importante que le régalien ».

Les députés LR ouvrent ce jeudi leurs journées parlementaires à Nîmes. Tous les candidats à la présidentielle à droite y sont attendus, y compris Valérie Pécresse et Xavier Bertrand qui ne sont plus membres du parti. Aurélien Pradié, député du Lot et secrétaire général des Républicains, les exhorte à ne pas délaisser « la question sociale ».

Vous aviez appelé les candidats à droite à « se mettre d'accord pendant l'été ». Non seulement cela n'a pas été le cas mais les sondages se resserrent. LR peut-il encore échapper à une primaire ?

 

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ENTRETIEN - Le député LR dit approuver la position du président de la République sur les réfugiés Afghans, qu’il estime «adaptée aux réalités».

LE FIGARO. - La France doit-elle assouplir le droit d’asile et accorder systématiquement le statut de réfugié aux Afghans?

Guillaume LARRIVÉ. - C’est pour rester fidèles à nos principes que nous devons les appliquer avec discernement. La Constitution proclame que «tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile» en France. Refuser l’asile à des Afghans personnellement et directement menacés par les talibans serait une trahison. Mais promettre d’accueillir tous les Afghans serait une illusion doublement dangereuse, pour notre sécurité nationale et pour les Afghans eux-mêmes, en les mettant dans les mains des filières exploitant leur détresse.

 

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Le projet de loi comportant les nouvelles mesures anti-Covid doit être examiné cette semaine par le Parlement. Le président du groupe LR à l'Assemblée prône « un meilleur équilibre » sur le pass sanitaire, jugeant les sanctions « disproportionnées ». Il épingle le « défaut d'anticipation » de l'exécutif mais fustige les « slogans haineux » des « antivax ».

Les députés LR voteront-ils le durcissement des restrictions face aux variants du Covid ?

Nous sommes favorables à la vaccination obligatoire pour les soignants et tout le personnel qui travaille, de près ou de loin, dans le monde médical et médico-social.
Nous sommes aussi favorables au renforcement de la politique d’isolement, depuis le début le maillon faible de la crise sanitaire. Il y a en revanche de plus grandes interrogations sur le pass sanitaire. Je comprends que les restrictions portent en priorité sur les personnes non vaccinées mais il faut trouver un meilleur équilibre entre protection de la santé des Français et respect des libertés individuelles. A la limite, la vaccination obligatoire pour tous ceux qui reçoivent du public aurait été plus transparente et moins hypocrite qu’un système de pass sanitaire qui revient à une vaccination obligatoire déguisée.

 

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Eric Woerth est député LR de l’Oise. Il préside depuis juin 2017 la commission des finances à l’Assemblée. Ce féru d’alpinisme, qui a porté la réforme des retraites de 2010, connaît parfaitement bien les questions budgétaires pour avoir été de 2007 à 2010, en pleine crise financière, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique dans les premiers gouvernements Fillon. Il a également été plusieurs fois responsable des volets économiques des programmes présidentiels de son parti.

LE FIGARO. - Le «quoi qu’il en coûte» présidentiel, en place depuis plus d’un an pour aider les entreprises face à la crise, doit-il s’arrêter?

Eric Woerth. - Le gouvernement doit progressivement débrancher les aides d’urgence dans les mois qui viennent. Sinon, à un moment donné, le «quoi qu’il en coûte» risque de coûter plus cher que le bénéfice collectif que l’on en retire.

 

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