DARMANIN GéraldLe député-maire de Tourcoing plaide, comme Xavier Bertrand, pour un septennat non-renouvelable.

La Manufacture, le «laboratoire d'idées» de Xavier Bertrand, a organisé le 18 novembre un colloque sur les institutions. Pourquoi les politiques parlent-ils en permanence de ce sujet?

Car tout commence par là! Quand De Gaulle revient au pouvoir, en plein drame algérien, alors que le franc est attaqué, il s'occupe d'abord des institutions. Lorsque Napoléon arrive à la tête d'un pays meurtri par la Révolution, alors que l'économie est au plus bas, il fait d'abord la Constitution. La France est un pays très juridique. Les institutions permettent de civiliser les débats politiques pour éviter la violence «mimétique», selon le mot de René Girard. C'est donc un sujet essentiel. Et il vaut mieux y réfléchir à froid, lorsque l'on est dans l'opposition. Au pouvoir, tout changement institutionnel n'est qu'intéressé. En se prononçant dès 2013 pour le septennat non renouvelable, Xavier Bertrand a montré qu'il voulait réfléchir de longue date sur le sujet. C'est pour lui le moyen de redonner du temps long à la politique. L'autre point de départ de notre réflexion, c'est la solidité de la Ve République. L'une des seules choses qui fonctionne encore aujourd'hui, ce sont nos institutions. Elle donne une assisse, une stabilité, même en cas d'extrême impopularité. Sans elles, dans un régime parlementaire lambda, François Hollande aurait été destitué depuis longtemps. C'est pourquoi nous avons intitulé notre colloque «Et si on revenait à la Ve République?». Il faut reconsidérer celle-ci plutôt que de vouloir passer à la VIe.

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