MARITON HervéQuelle est la bonne réforme pour les territoires ?

C'est celle qui permet de faire des économies et de maintenir une très forte responsabilité des élus envers les citoyens. J'assume la réduction du nombre des régions et la disparition des départements. Ce qui ne me va pas, c'est que la réforme prospère sur l'ambiguïté de l'intercommunalité à la française, alors qu'on a besoin d'un mouvement de fusions de communes. Je suis volontiers audacieux sur le sujet, je ne reprocherai pas au gouvernement de l'être aussi.

De quelle ambiguïté parlez-vous ?

Celle qui consiste à garder les communes et l'intercommunalité. Le renforcement de l'intercommunalité en maintenant le fait communal a ajouté une strate, un échelon supplémentaire... et un discours de plus dans les inaugurations ! On a érigé les intercommunalités en quasi collectivités, et on a appauvri les communes en les laissant comme le lieu de la démocratie. L'interco se vit comme une manière de faire le bonheur des gens malgré eux, avec un vice de démocratie. Vous aurez observé qu'on a eu, aux dernières élections municipales, des communes qui ont connu l'alternance sans que l'interco alterne, avec parfois un maire battu qui reste président de l'interco. C'est tout de même problématique !

Où met-on la barre pour fusionner les communes ?

C'est affaire de bassins de vie, de situations locales. Soit une commune a la taille suffisante pour exister, et l'intercommunalité doit être un échelon purement technique. Soit elle ne l'a pas et il faut pousser de façon plus ardente vers des communes nouvelles, par exemple à l'échelon des anciens cantons.

Localement, les esprits sont-ils mûrs pour ces fusions ?

Oui. Je le constate sur le terrain, beaucoup plus qu'avant. Les gens sont plus disponibles qu'on ne pouvait le penser.

L'UMP est-elle aussi volontariste que vous sur le sujet ?

On trouve sur le site de l'UMP la trace d'une proposition de 8 régions et la suppression des départements là où il y a une métropole. C'est une prise de position du 18 décembre 2013, pudiquement oubliée depuis. L'opposition doit s'opposer lorsque c'est justifié, mais lorsqu'un sujet intéressant est mis sur la table, elle doit être exigeante sur le contenu et critique sur ce qui ne nous conviendrait pas. Une réforme doit se faire, acceptons ce débat. Est-ce que ce serait un crime qu'il y ait un consensus entre majorité et opposition sur un sujet ? Je ne le crois pas.

Y compris avec une réforme constitutionnelle ?

Si on est capable de trouver un accord, oui, il vaut mieux assumer une modification de la Constitution. Mais le président de la République, dans son absolue sagesse, ne doit pas en profiter pour essayer de faire passer, par exemple, le vote des étrangers.

Consulter l'article sur le site de l'Opinion