Olivier Marleix, député LR d'Eure-et-Loir, dénonce depuis de nombreuses années l'abandon de l'industrie française. Il appelle l'État à faire preuve de plus d'interventionnisme pour sécuriser les entreprises stratégiques.

Comment expliquer que les entreprises françaises soient à ce point des proies de choix pour les groupes étrangers ?

Il y a une structure très particulière du capitalisme français : 80 entreprises concentrent aujourd’hui à elles seules la moitié de la production industrielle du pays ! Dans le même temps ces groupes sont très mal contrôlés. En Allemagne ou en Italie, vous avez beaucoup d’entreprises de taille intermédiaire, dont le capital est concentré entre un nombre réduit de personnes; en France, depuis quarante ans, on a pris beaucoup de mesures pour dissuader les gens de devenir patron. Le résultat, c’est que nos entreprises sont très mal contrôlées : si vous regardez le Cac 40, le premier actionnaire détient en moyenne 26 % du capital. Cela donne des entreprises qui sont facilement OPAbles, notamment par des acteurs étrangers.

Quelles mesures faudrait-il prendre aujourd’hui pour inverser la tendance ?

Depuis le milieu des années 1980, la France a fait le choix de toujours plus d’ouverture au grand marché mondial (on produit à 2 euros de l’heure en Chine…) et, dans le même temps, de toujours plus de redistribution pour en corriger les effets dévastateurs, c’est-à-dire toujours plus d’impôts et de charges pour les entreprises. En clair, les entrepreneurs ont deux boulets à chaque pied, les normes et les impôts, et on leur dit « sautez dans le grand bain de la mondialisation » ! La solution c’est d’inverser cette logique. Plus de liberté à l’intérieur, et un peu de protection —grâce à un État un peu plus stratège— vis-à-vis de l’extérieur. Avec un appareil productif plus puissant on n’aurait pas besoin de la “serpillière sociale”.

 

Lire la suite sur valeursactuelles.com