Candidat à la primaire de la droite, Éric Ciotti veut faire entendre un discours fort sur l'immigration et la sécurité. Le député LR des Alpes- Maritimes propose d'en finir avec le droit du sol et souhaite inscrire les racines “judéo-chrétiennes” de la France dans la Constitution. Entretien.

Valeurs actuelles. De quoi la situation catastrophique à Marseille, où le président de la République s’est rendu, est-elle le nom ?

Eric Ciotti. Je crains que la situation de Marseille ne traduise les prémices de ce qui risque d’arriver demain à l’ensemble de notre pays. Des quartiers entiers sont livrés aux narcotrafiquants, une partie de la population est communautarisée et l’immigration de masse a modifié les équilibres de cette ville. La perte d’autorité de l’État est telle que nous sommes incapables de faire appliquer nos lois dans des quartiers, où l’on voit devant les caméras de télévision des dealers tenir un check-point, se vanter de faire obéir la population et de ne pas laisser rentrer les policiers. Depuis début juillet, douze personnes, y compris des mineurs, ont été assassinées, victimes de règlements de comptes liés à la drogue. Cette situation n’est pas propre à la cité phocéenne. On la retrouve hélas dans beaucoup de quartiers de nos villes. La France devient Orange mécanique et tend à l’ensauvagement. Si on ne met pas un coup d’arrêt brutal à cette dérive, c’est une situation qui, à terme, gagnera la France entière.

Que proposez-vous pour résoudre cette situation qui s’aggrave d’année en année ?

Je travaille sur ces questions depuis que je suis élu à l’Assemblée nationale. Je l’ai fait avec une forme de constance, voire d’obstination. Ce qui m’a valu quelquefois des critiques, y compris au sein de ma famille politique. Je constate que j’ai sans doute eu raison trop tôt puisque tout le monde vient aujourd’hui sur cette thématique.

J’appelle tout d’abord à restaurer l’autorité. Il faut réarmer l’État pour mieux protéger les Français, le réarmer budgétairement, judiciairement et moralement. Cela passe d’abord par une réponse pénale plus ferme, plus rapide et donc plus dissuasive. Pour cela, je propose sur le quinquennat que nous atteignions 100 000 places de prison, dont au moins 5 000 nouvelles places immédiatement construites grâce à des modules préfabriqués.

J’entends ensuite réduire fortement l’immigration. Notre pays se trouve dans l’incapacité d’assimiler aux valeurs nationales un nombre d’étrangers accueillis chaque année de façon trop importante. Il faut donc réduire très fortement les flux migratoires et retrouver notre capacité d’assimilation notamment grâce à un profond travail au sein de l’école de la République.

Comment limiter les flux ?

En abordant avec courage la question de l’immigration familiale, qui représente aujourd’hui la part la plus importante des titres de séjour délivrés chaque année. Je propose de mettre un terme au regroupement familial automatique. Pour cela, il faudra sortir de l’espace Schengen et renégocier notre adhésion à Schengen et à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) pour créer un nouveau cadre où le principe de libre circulation ne ferait pas de nos frontières des passoires.

Il faut également mettre en place des quotas migratoires pour revenir à des niveaux plus raisonnables mais aussi s’attaquer au dévoiement du droit d’asile. Les premiers pays d’origine des demandeurs étant des pays sûrs, il faut sans attendre permettre le placement en rétention administrative des demandeurs d’asile afin d’accélérer l’examen et faciliter les expulsions.

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