Philippe Gosselin, député LR de la Manche, s’est rendu pour l’Assemblée en Guadeloupe en septembre. Selon lui, un statut renouvelé des départements d’outre-mer pourrait être une solution à la crise sociale.

Les nuits se suivent et se ressemblent en Guadeloupe. Voilà plusieurs jours que la mobilisation contre le pass sanitaire et l’obligation vaccinale en Guadeloupe a dégénéré en violences urbaines. Fin septembre, une délégation de députés s’était rendue sur place dans le cadre d’une mission d’observation en pleine quatrième vague. Le député LR de la Manche, Philippe Gosselin, en faisait partie. Il décrit une situation extrêmement tendue, liée à une forte défiance par rapport à la vaccination, au pouvoir parisien et aux nombreux problèmes économiques et sociaux.

Compte tenu de vos observations lors de la mission d’information, pensez-vous qu’une telle crise était inévitable ?

La pression était sans doute trop montée ces dernières semaines. D’autant que c’est le résultat d’une réelle accumulation. Quand on a une partie de la Guadeloupe qui n’est pas bien approvisionnée en eau potable parce qu’elle est polluée ou que les réseaux ne sont pas à jour, c’est tentant de s’en prendre à l’Etat.

Et il faut y ajouter l’épisode du chlordécone. Il a marqué de nombreux Guadeloupéens qui ne font plus confiance à l’Etat et qui se disent : « On nous a bernés une fois, on peut nous berner une seconde fois». Quand vous avez beaucoup de jeunes sans emploi avec des problèmes de formation, un chômage élevé, c’est évident qu’on a tous les ingrédients pour que ce soit un vrai détonateur.

Le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, ne s’est pas encore rendu sur place. Est-ce un problème ?

Avec une telle crise, il devrait être en Guadeloupe. L’Etat doit être présent sur place pour travailler, faire des propositions, ce qui ne veut pas dire reculer sur tout. Tout ce qui peut permettre de tendre la main, de nouer les fils du dialogue est indispensable. Cela peut, dans un premier temps, faire monter la pression, mais différer n’est pas bon. La considération passe par une présence, par un dialogue et une approche les yeux dans les yeux.

 

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