CIOTTI EricLe président du conseil général des Alpes-Maritimes et député UMP Eric Ciotti était ce lundi au Danemark.

Vous vous rendez à Copenhague ?

Ce déplacement était en fait prévu de longue date dans le cadre de la commission d'enquête que je préside sur les filières djihadistes.Nous avions d'ailleurs prévu de rencontrer l'ambassadeur de France qui était présent sur les lieux de l'attaque et les autorités danoises.Compte tenu de ce qu'il vient de se passer ce déplacement prend bien sûr une dimension particulière.Nous participerons d'ailleurs, avec les parlementaires qui m'accompagnent, au rassemblement prévu demain [lire aujourd'hui] à 18 heures à Copenhague où nous déposerons une gerbe.

Pourquoi aviez-vous prévu ce déplacement au Danemark?

Pour visiter le centre de déradicalisation qui se trouve dans la ville d'Aarhus.Il s'agit d'un centre en milieu ouvert, assez récent. Dans le cadre de notre commission d'enquête nous voulions voir et évaluer cette expérimentation.Le Danemark est un peu pilote en la matière.

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LARRIVÉ GuillaumeLe Figaro - Champs libres Débats

Le député de l'Yonne pointe plusieurs initiatives conduites Place Vendôme au détriment de l'autorité judiciaire.

Face au terrorisme islamiste, il y a sans doute un devoir d'unité, mais plus encore un devoir de vérité et d'efficacité. L'union ne serait qu'une illusion erratique si elle ressemblait à une confusion amnésique. Disons les choses telles qu'elles sont : nous ne pouvons approuver que, au moment même où la France doit se réarmer face à la criminalité terroriste, la garde des Sceaux accélère le désarmement pénal de notre pays. Les efforts juridiques et opérationnels mis en œuvre Place Beauvau sont directement contrariés par les initiatives conduites Place Vendôme au détriment de l'autorité judiciaire. Car la politique pénale et pénitentiaire de Mme Taubira est une accumulation de fautes contre l'intérêt national, contraires à l'effort de guerre contre le terrorisme.

La première faute consiste à refuser de désigner lucidement notre ennemi. Il faut écouter les envolées de Mme Taubira à l'Assemblée nationale, qui empruntent autant à Frantz Fanon qu'à Pierre Bourdieu. En prose comme en vers, sa logorrhée laisse entendre que les délinquants sont les nouveaux « damnés de la terre ». Et elle n'est pas loin de procéder alors à une scandaleuse inversion : les coupables, qui agressent et volent réellement, sont regardés comme les victimes d'une société française qui agresse et vole symboliquement, en discriminant les enfants perdus de la République et en les soumettant à une logique de classe. Plutôt que de châtier, il faudrait donc s'excuser et réparer.

Le jour même des prises d'otages, le 9 janvier, la garde des Sceaux demandait aux procureurs de veiller à ce que les réductions de peines des récidivistes soient alignées sur celles des primodélinquants »

Cette idéologie pernicieuse a été appliquée dès la circulaire du 19 septembre 2012, par laquelle la garde des Sceaux a ordonné aux parquets de ne plus requérir de « peines planchers » contre les récidivistes et les primodélinquants les plus violents (dispositif qui, depuis 2007, avait entraîné 4 000 années supplémentaires d'emprisonnement par an et augmenté la durée moyenne de détention). Cette mansuétude est désormais gravée dans le marbre législatif, avec la funeste loi du 15 août 2014 abrogeant les peines minimales, multipliant les mécanismes de réduction de peines de prison et créant une mesure alternative à l'emprisonnement pudiquement appelée « contrainte pénale ». Sous l'effet de cette nouvelle mesure, un voyou ayant agressé un policier ou un prédicateur faisant l'apologie du terrorisme, auteurs de délits jusqu'alors punis de cinq ans de détention, pourraient ne pas passer une journée en prison et être seulement soumis à de vagues « mesures de contrôle et d'assistance ».

Et, dès le 1er janvier 2017, tous les auteurs de délits, même les trafiquants d'armes et de drogue, quel que soit le quantum de la peine encourue, pourront prétendre en bénéficier ! Pour en connaître l'impact global, il suffit de lire les termes mêmes de l'étude d'impact publiée par la ministre de la Justice, sans doute très fière d'annoncer « une baisse du stock de personnes détenues à un instant donné entre 2 600 personnes et 6 600 personnes trois ans après l'entrée en vigueur de la loi ». Ainsi la créativité juridique débridée de Mme Taubira va-t-elle laisser dans nos rues, libres de leurs agissements et de leurs méfaits, des milliers de malfrats, de trafiquants et d'agresseurs. Pour être bien certaine d'obtenir l'effet recherché, la garde des Sceaux multiplie, depuis Noël, les dépêches d'instruction générale aux parquets. Le jour même des prises d'otages, le 9 janvier, elle demandait aux procureurs de veiller à ce que les réductions de peine des récidivistes soient alignées sur celles des primodélinquants.

La deuxième faute est de faire semblant de croire que la libération de délinquants de droit commun n'aurait aucun lien avec la criminalité terroriste. Comme s'il s'agissait de deux mondes parfaitement étanches l'un à l'autre ! Quelle cécité volontaire conduit la garde des Sceaux à ne pas voir l'évidence ? Amedy Coulibaly comme Chérif Kouachi sont d'abord des délinquants de droit commun ayant bénéficié d'une clémence impardonnable (une réduction de peine avec port de bracelet électronique pour l'un, un simple contrôle judiciaire pour l'autre, ne l'ayant pas empêché de se rendre au Yémen) avant que de commettre des crimes terroristes. Ces barbares sont, hélas, la démonstration des errements anciens d'un système judiciaire incapable d'appliquer fermement les peines d'emprisonnement. Loin de combler ces failles, la Chancellerie s'évertue à les creuser. Ainsi la loi de 2014 facilite-t-elle les déplacements à l'étranger de condamnés faisant l'objet d'un sursis avec mise à l'épreuve (SME). Jusqu'alors, leur sortie du territoire était soumise à l'autorisation du juge d'application des peines et le refus d'autorisation entraînait une inscription au fichier des personnes recherchées (FPR). Cette précaution élémentaire a été supprimée par la loi Taubira.

La troisième faute consiste à refuser d'augmenter raisonnablement, c'est-à-dire massivement, le nombre de places de prison. Il n'y a pas « surpopulation carcérale », puisque la France compte 117 personnes sous écrou pour 100 000 habitants, contre 149 en moyenne en Europe. Mais le parc pénitentiaire est sous-dimensionné : 66 270 détenus pour 57 000 places de prison. Le gouvernement ne prévoit pas de porter cette capacité au-delà de 60 397 places en 2017, ce qui reste très loin, par exemple, des 96 000 places de prison au Royaume-Uni. À cette carence quantitative s'ajoute le déni de la radicalisation islamiste en milieu carcéral, sous-évaluée, insuffisamment ciblée et traitée de manière aussi improvisée qu'aléatoire.

De ces fautes contre la France, M me Taubira devra répondre devant les Français. Avant qu'il ne soit trop tard.

WAUQUIEZ LaurentAprès une semaine de turbulences à l'UMP, Laurent Wauquiez, secrétaire général, s'inquiète pour l'avenir de son parti.

Député de Haute-Loire, l'ancien ministre Laurent Wauquiez assume le ni PSni FN pour le second tour de la partielle dans le Doubs et estime que le parti pourra reprendre la majorité dans une dizaine de départements aux prochaines élections.

Nicolas Sarkozy dirige aujourd'hui un conseil national à la Mutualité, là même où il fit ses adieux le 6 mai 2012. Un symbole ?

LAURENT WAUQUIEZ. Il y a effectivement un symbole particulier. Le 6 mai 2012, il a prononcé un discours très fort et très digne. Je pense que lui-même ne pensait pas, trois ans plus tard, revenir là. Et d'une certaine façon, c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre. Une manière d'assumer deux choses : répondre à la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays et en finir avec les déchirements à l'intérieur de notre famille.

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DASSAULT OlivierQuand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur, écrivait Beaumarchais. Depuis ce terrible mois de janvier, la France a peur ; des milliers de militaires se sont déployés dans la capitale comme si nous étions en guerre, protégeant les organes de presse, les institutions officielles et les lieux de culte juifs.

Aujourd'hui, la France a peur de ses propres ressortissants, des enfants d'immigrés musulmans de deuxième ou troisième génération, ceux qui étaient venus d'Afrique pour travailler dans nos usines et espérer une vie meilleure, mais aussi de jeunes convertis et radicalisés sur Internet en quelques mois.

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ROBINET ArnaudPar Arnaud Robinet, député-maire UMP de Reims, et Jacques Bichot, professeur des Universités

Nous célébrerons en octobre la signature des ordonnances ayant créé la sécurité sociale en 1945, après la Libération. À l'occasion de ce 70e anniversaire, la classe politique réaffirmera son attachement au programme du Conseil national de la Résistance (CNR), dont les rédacteurs préfigurèrent le modèle social actuel.

Mais aussi légitime soit-il, cet hommage ne doit pas nous dispenser d'une remise en cause profonde d'un système qui, à force de n'avoir jamais su maîtriser la progression des dépenses, est devenu un des premiers motifs d'inquiétude de nos partenaires européens comme de nos concitoyens. Au-delà de son enjeu financier, l'avenir de notre modèle social exige de repenser le rapport de l'assuré à la collectivité.

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