CHATEL LucLuc Chatel, ex-ministre de l'Education nationale aujourd'hui conseiller politique de Nicolas Sarkozy, reste sceptique face aux mesures présentées par le gouvernement.

Paris Match. Le plan de "mobilisation pour l'école" présenté la semaine dernière va-t-il dans le bon sens ?

Luc Chatel. Ne faisons pas de l'école un bouc émissaire. C'est trop ­facile. Les frères Kouachi ne sont pas des victimes de l'Education nationale. Leur dérive fondamentaliste n'a rien à voir avec l'école.

Le non-respect dans certains établissements de la minute de silence imposée aux élèves vous choque ?

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LELLOUCHE PierreFIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Pierre Lellouche, parler d'«Apartheid» est une erreur de diagnostic. Il invite à sortir du déni et à regarder en face la question du regroupement familial et celle de l'islam en France.

Ancien Ministre, Pierre Lellouche est Député UMP de la 1ère circonscription de Paris, Conseiller de Paris et Délégué général de l'UMP aux Relations internationales.

Manuels Valls, dit-on, n'est pas adepte de la «langue de bois». Il «parle cash» comme on dit aujourd'hui. Mais «parler cash» ne veut pas nécessairement dire «parler vrai», encore moins lorsqu'il s'agit d'asséner à un pays meurtri par la tragédie qu'il découvre, une monumentale erreur de diagnostic sur l'état de la Nation, et donc les remèdes qu'en tant que Premier ministre, il envisage de prescrire au pays.

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JACOB ChristianInterview du Président du Groupe UMP à l'Assemblée nationale - le Figaro

Pourquoi combattez-vous le projet de loi Macron, qui est pourtant d'inspiration libérale ?

Ce projet de loi est d'abord une vaste opération de communication. Messieurs VALLS et MACRON ont besoin d'un brevet de réformisme. Leur préoccupation n'est absolument pas le contenu du texte, c'est exclusivement de tenter d'accréditer l'idée que la gauche est moderne.

Or, il n'y a aucune réforme structurelle dans ce texte, ni sur le temps de travail, ni sur le code du travail, ni sur le coût du travail.

Faire croire aux Français que cette loi va libérer la croissance dans le pays, c'est tout simplement un mensonge.

Quels sont les points qui vous paraissent les plus contestables ?

Nous sommes très inquiets sur 2 sujets. D'abord, l'organisation à moyen terme de déserts notariaux en France. Demain, les notaires ne s'installeront plus dans les zones rurales ou semi-rurales. La liberté d'installation aura des effets pervers et nous vivrons la même chose qu'avec les médecins généralistes. Le système actuel marche, pourquoi en changer ?

2ème sujet d'inquiétude pour nous : la libéralisation du travail le dimanche.

Justement les maires auront le pouvoir d'autoriser l'ouverture dominicale jusqu'à douze dimanches par an. Une bonne mesure ?

Le dispositif proposé est une vraie usine à gaz. Le système actuel était un point d'équilibre avec 5 dimanches à la discrétion du Maire. Avec le texte Macron, on va faire intervenir le conseil municipal pour les 5 premiers dimanches, puis l'intercommunalité pour les 7 suivants. On va passer d'un système simple où le Maire peut décider en souplesse à un système lourd et complexe.

Par ailleurs, un grand nombre de mes collègues du groupe UMP continuent de penser que le dimanche est un jour particulier, un jour de respiration familiale où il est possible de faire autre chose que consommer. Je note également que si une famille a 1500€ à dépenser sur 25 jours ouvrés, elle n'en aura pas plus sur 30 jours.

Enfin, pour les zones touristiques, la loi de 2009 permet déjà aux Maires qui le souhaitent d'autoriser l'ouverture des commerces le dimanche.

Combien de députés UMP sont susceptibles de voter le texte ?

Le Groupe, après le passage du texte en commission , reste quasi-unanimement opposé à ce texte.

La gauche accuse la droite d'avoir mis fin au climat d'unité nationale. Quelle est votre analyse ?

L'esprit du 11 janvier comme aime à le décrire le Premier Ministre, a pu éclore car l'opposition parlementaire a eu un sens aigu des responsabilités.

Le Gouvernement ne peut indéfiniment tirer la ficelle de l'unité nationale pour gagner du temps. Il doit maintenant poser les fondements d'une unité durable en acceptant certaines de nos propositions.

Elles sont simples : un collectif budgétaire rapidement pour sanctuariser les moyens de nos forces de police et de gendarmerie ; une révision forte de la loi de programmation militaire ; une réforme de la politique pénale qui doit être implacable pour les terroristes ; et enfin une réforme du renseignement pour rendre plus souple la géolocalisation en temps réel et les écoutes sur les entourages

L'unité nationale est-elle « une méthode de travail », selon l'expression de Bernard Accoyer ?

L'unité nationale ne peut pas être à sens unique. Elle ne peut être le paravent du pouvoir exécutif pour se refaire une santé dans les sondages. Et jusqu'à aujourd'hui, nous n'avons pas eu beaucoup de signes positifs. Pourquoi par exemple le Gouvernement n'accepte-t-il pas d'inscrire à l'ordre du jour nos propositions sur la déchéance de nationalité pour les binationaux et sur l'indignité nationale pour les Français qui ont porté les armes contre la France ?

Jugez vous, à l'instar de Nicolas Sarkozy, que Manuel Valls a commis une « faute » en parlant d' « apartheid » dans certaines banlieues ?

C'est clairement un dérapage et ce n'est pas le premier. L'apartheid, c'est historiquement en Afrique du Sud la domination de la minorité blanche sur la majorité noire. C'est un racisme d'Etat. Qui peut considérer que c'est la situation en France ? En parler même, c'est une insulte à la République.

Près des deux tiers des Français estiment qu'un « gouvernement d'union nationale serait efficace pour relancer la croissance ». Qu'en pensez-vous ?

Un gouvernement d'union nationale passe par un accord de projets. Avec François HOLLANDE, nous avons des désaccords fondamentaux : sur sa politique économique et sociale, sur sa politique fiscale et budgétaire, sur sa politique en matière d'éducation, sur sa politique familiale, sur sa politique en matière de sécurité et de justice.

GUAINO HenriFIGAROVOX/EXTRAITS - Deux semaines après les attentats parisiens, l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy souligne la vulnérabilité de la société française en proie à une profonde crise d'identité qui pourrait la mener jusqu'à la guerre civile.

Le chef de l'État, après le moment d'unité nationale, dit qu'il faut garder l'esprit du 11 janvier...

Dans ces moments terribles, le gouvernement a fait son travail. L'opposition a fait son devoir. Mais l'unité n'est pas l'unanimisme, c'est-à-dire l'occultation de tous les problèmes gravissimes que les événements nous jettent à la figure.

De quoi ces massacres sont-ils le nom?

Ceux qui ont armé la main des assassins veulent créer le chaos dans tout l'Occident en suscitant une surenchère communautaire, religieuse pour conduire à quelque chose qu'il faut nommer: la guerre civile, la guerre de religion.

Nous touchons du doigt la vulnérabilité de notre société que les commanditaires du crime connaissent parfaitement. Cette fragilité face aux coups que l'on nous porte est le fruit de tous nos reniements, nos renoncements, nos lâchetés oollectives depuis quarante ans.

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FILLON FrançoisFrançois Fillon, député (UMP) de Paris et ancien premier ministre (2007-2012), est candidat à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017.

Les attentats perpétrés à Paris début janvier doivent-ils entraîner un changement de stratégie de la part de la France dans sa lutte contre les djihadismes ?

François Fillon : Oui, j'appelle à un aggiornamento diplomatique car le terrorisme n'est pas uniquement une question intérieure, liée à nos failles en matière de sécurité, d'intégration ou d'éducation. C'est une conséquence de la montée en puissance d'un totalitarisme islamiste observable du Pakistan au Nigeria. C'est une crise mondiale. Face à cette menace, la France a le devoir de s'interroger sur l'efficacité de la lutte qu'elle mène avec ses alliés. La stratégie occidentale au Proche-Orient est un échec. L'intervention de l'OTAN en Afghanistan n'a pas porté ses fruits ; l'Irak et la Libye sont en situation de chaos ; la Syrie connaît une guerre civile et constitue le foyer le plus dangereux dans la région ; le Yémen n'a quasiment plus d'Etat... Les pays arabes et du Moyen-Orient, ainsi que les pays africains, sont les premiers menacés par le terrorisme. Il n'y a donc pas de choc de civilisations mais bien un fléau global.

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LELLOUCHE PierrePierre Lelouche, l'ex-secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy, en charge des relations internationales à l'UMP, revient sur ces dix derniers jours.

Paris Match. Vous avez hésité à participer à la marche du 11 janvier ?

Pierre Lellouche. J'ai en effet hésité. Comment rester à l'écart de ce moment de recueillement national et d'émotion ? Mais comment cautionner une manifestation entièrement placée sous la bannière de "Charlie" ? A son corps défendant, sans doute, François Hollande a fait exploser le modèle de l'intégration à la française, puisque la majorité de nos compatriotes musulmans ont refusé de s'y associer. Quant à notre politique étrangère, l'image d'unité de ce dimanche a laissé place à un profond divorce avec la majorité des Etats musulmans, même ­modérés, même amis ou alliés de la France.

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