CARREZ GillesGilles Carrez, président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale, a dénoncé mardi le "double discours permanent" entre la volonté affichée par l'Elysée de réaliser des économies et les ministres qui "tous les jours proposent des dépenses supplémentaires".

"Il y a un écart colossal entre ce que dit François Hollande et le comportement de ses ministres. François Hollande dit « on va faire 50 milliards d'économies ». Tous les jours, il y a un ministre qui propose des dépenses supplémentaires ou qui refuse des économies", a déclaré M. Carrez sur Europe 1.

"On est dans le double discours permanent, il y a un discours à l'Elysée et il y a des faits, des réalités différentes au gouvernement. Ce qui explique tous ces zig-zag, ces allers-retours", a-t-il ajouté.

"Ce qu'on appelle le pacte de responsabilité, qui consiste à diminuer fortement le coût du travail, est une bonne orientation. La question que je pose est: on ne peut plus baisser les impôts et les charges si parallèlement, on ne diminue pas les dépenses. Où sont les 50 milliards d'économies de François Hollande ?", s'est interrogé le député du Val-de-Marne.

Interrogé sur le statut des intermittents du spectacle, remis en cause par le Medef, M. Carrez a répondu: "il ne faut pas le supprimer mais il faut le réformer. Cela fait quinze ans que l'on fait des rapports là-dessus. Quand j'entends Aurélie Filippetti oser en dire que toucher au statut des intermittents, c'est tuer la culture, on voit qu'on est dans l'excès total. Cela montre que dans le secteur de la culture, il n'y a aucune volonté de réforme".

"Il faut basculer le régime des intermittents dans le régime du chômage dit des intérimaires et par ailleurs favoriser, s'agissant d'un certain nombre d'intermittents, l'installation en profession libérale indépendante", a prôné M. Carrez, qui en attendrait "3 à 400 millions d'euros par an" d'économies.

"Les aides au cinéma sont tout à fait excessives, on produit, je crois, 300 films par an, ce qu'on appelle des films d'auteur avec un public très réduit, je pense qu'il faudrait avoir une analyse plus fine entre les aides publiques et l'audience, le succès commercial de ces différents films", a également estimé le président de la Commission des finances.

AFP, le 18 février 2014