MARITON HervéLa prise en charge du handicap s'améliore-t-elle en France ?

Non. À force de dire que tout est solidarité, les pouvoirs publics en oublient la solidarité essentielle qu'est la solidarité avec les handicapés, quitte à trahir les promesses de la loi de 2005 qui imposent aux établissements recevant du public de se rendre accessibles aux handicapés en 2015 au plus tard. Pour nous, cette échéance de 2015 n'est pas négociable, même si nous pouvons comprendre une adaptation et une hiérarchisation dans les solutions. Nous proposons que l'application de la loi de 2005 devienne l'objectif prioritaire de toutes les aides de l'État dans le domaine du handicap.

Vous voulez aussi « sanctuariser » le budget de la politique du handicap. Est-ce tenable, vu l'état des finances publiques ?

L'UMP n'a pas l'habitude de se brider dans sa recherche d'économies, mais, pour nous, le budget de la politique du handicap doit être préservé quoi qu'il arrive. On peut dépenser moins pour l'assurance-chômage, pour l'assurance-maladie, les retraites, à condition que ce soit dans le cadre d'une stratégie d'ensemble, telle que nous la proposons, et qu'elle soit portée par une volonté forte. Malheureusement, aujourd'hui, le manque de poids politique de la ministre en charge du portefeuille ministériel est frappant. Marie-Arlette Carlotti a plus fait parler d'elle comme candidate malheureuse à la primaire du PS à Marseille que comme ministre en charge des personnes handicapées.

La décentralisation de la politique du handicap annoncée par le gouvernement va-t-elle dans le bon sens ?

Non. Nous proposons au contraire de la renationaliser, pour éviter les disparités et les aléas de gestion locale, en assumant de transformer les départements en simples guichets d'une politique définie nationalement. Ce qui n'empêche pas d'imaginer parallèlement une déconcentration qui se fasse de l'État vers les collectivités locales, et pas seulement de l'État central vers ses services sur le terrain.

Le Figaro