MARSAUD AlainInvité du « Talk Orange-Le Figaro » , Alain Marsaud s'est félicité de l'engagement de la Brigade franco-allemande au Mali, annoncé mercredi lors du sommet franco-allemand de défense et de sécurité à Paris. "Cela nous soulagera un petit peu, même si nous restons dans la symbolique" , a affirmé le député des Français de l'étranger. Il s'agit du premier déploiement en Afrique de cette unité créée il y a un an, qui s'intégrera dans la mission européenne EUTM-Mali de formation des forces armées maliennes.

Alain Marsaud s'est montré, en revanche, pessimiste sur la situation en Centrafrique, d'où il rentre. Contrairement à ce que souhaite la présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, "on ne pourra pas tenir des élections en 2015" , pronostique l'ancien juge antiterroriste qui dresse un constat sombre de la situation. "Le pays n'existe plus. En province, les préfectures ont été rasées. On ne paie plus un seul fonctionnaire. La Centrafrique est dans un état semblable à Haïti il y a quelques années".

Mardi prochain, le député de l'opposition votera "sans état d'âme" avec la majorité le maintien de l'opération « Sangaris ». "J'ai été l'un des premiers à alerter nos autorités sur l'urgence qu'il y avait à intervenir en Centrafrique au nom de la défense des Français" sur place, qui ne sont plus que 600, contre le double il y a trois mois. Mais "il est, selon lui, urgent que l'on passe à une mission de maintien de la paix sous drapeau onusien" , dans la mesure où la France n'a plus les moyens de financer une telle opération, qui suscite les plus grandes réserves de pays européens, comme ceux du nord du Vieux Continent. "On a pensé qu'on était en présence de quelques coupeurs de routes et de malfaisants qu'on allait mater en envoyant quelques troupes d'infanterie de marine. On s'est effectivement trompé" , reconnaît Alain Marsaud, qui ne condamne pas pour autant le gouvernement. "On est engagé en Centrafrique pour bien longtemps, mais on ne pourra pas le faire seul. Je souhaite une unité nationale sur la question", a souligné le député des Français de l'étranger.

CARREZ GillesGilles Carrez, président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale, a dénoncé mardi le "double discours permanent" entre la volonté affichée par l'Elysée de réaliser des économies et les ministres qui "tous les jours proposent des dépenses supplémentaires".

"Il y a un écart colossal entre ce que dit François Hollande et le comportement de ses ministres. François Hollande dit « on va faire 50 milliards d'économies ». Tous les jours, il y a un ministre qui propose des dépenses supplémentaires ou qui refuse des économies", a déclaré M. Carrez sur Europe 1.

"On est dans le double discours permanent, il y a un discours à l'Elysée et il y a des faits, des réalités différentes au gouvernement. Ce qui explique tous ces zig-zag, ces allers-retours", a-t-il ajouté.

"Ce qu'on appelle le pacte de responsabilité, qui consiste à diminuer fortement le coût du travail, est une bonne orientation. La question que je pose est: on ne peut plus baisser les impôts et les charges si parallèlement, on ne diminue pas les dépenses. Où sont les 50 milliards d'économies de François Hollande ?", s'est interrogé le député du Val-de-Marne.

Interrogé sur le statut des intermittents du spectacle, remis en cause par le Medef, M. Carrez a répondu: "il ne faut pas le supprimer mais il faut le réformer. Cela fait quinze ans que l'on fait des rapports là-dessus. Quand j'entends Aurélie Filippetti oser en dire que toucher au statut des intermittents, c'est tuer la culture, on voit qu'on est dans l'excès total. Cela montre que dans le secteur de la culture, il n'y a aucune volonté de réforme".

"Il faut basculer le régime des intermittents dans le régime du chômage dit des intérimaires et par ailleurs favoriser, s'agissant d'un certain nombre d'intermittents, l'installation en profession libérale indépendante", a prôné M. Carrez, qui en attendrait "3 à 400 millions d'euros par an" d'économies.

"Les aides au cinéma sont tout à fait excessives, on produit, je crois, 300 films par an, ce qu'on appelle des films d'auteur avec un public très réduit, je pense qu'il faudrait avoir une analyse plus fine entre les aides publiques et l'audience, le succès commercial de ces différents films", a également estimé le président de la Commission des finances.

AFP, le 18 février 2014

JACOB ChristianL'UMP envisage d'envoyer une délégation de ses députés en Centrafrique, n'ayant pu obtenir la création d'une mission parlementaire sur l'intervention française sur ce sujet, a annoncé mardi le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob.

"On souhaitait une mission d'information comme ça avait été le cas pour le Mali, de façon à pouvoir aller sur place, rendre compte aux parlementaires et qu'ensuite le Parlement ainsi éclairé puisse prendre des décisions. A ma grande surprise, cette mission a été refusée par la conférence des présidents (qui réunit les présidents des commissions et des groupes parlementaires ainsi que le ministre des Relations avec le Parlement)", a déclaré M. Jacob à la presse.

"Je réitérerai cette demande la semaine prochaine. Si ça n'était pas le cas, on envisage d'envoyer une délégation de parlementaires sur place", a-t-il ajouté.

Députés et sénateurs seront appelés à débattre de la Centrafrique fin mars car la Constitution prévoit que l'autorisation du Parlement est obligatoire pour prolonger une intervention militaire au-delà de quatre mois.