INFO LE FIGARO. Les deux anciens ministres dévoilent douze propositions lors d'une convention organisée au siège des Républicains mardi soir.

« N'ayez pas peur ! ». Éric Woerth et Jean-François Copé exhortent la droite à oser une vraie réforme de l'État en posant douze propositions sur la table des Républicains. Création d'un nouveau contrat dans la fonction publique, restauration du cumul des mandats, possibilité d'orienter 5% de ses impôts vers les grandes politiques publiques de son choix, mener de front une triple réforme (retraites, assurance-chômage et santé) pour ne pas laisser le fardeau des dépenses sociales actuelles sur les épaules des générations futures...

 

Ces solutions (lire tableau ci-après), dont certaines ne manqueront pas de susciter le débat, seront présentées mardi soir au siège du mouvement LR lors d'une convention consacrée à l'efficacité de l'action publique. Mais les deux anciens ministres veulent aussi partager leur projet «transpartisan et transcourant» avec les Français et le monde politique. La crise leur semble être une opportunité pour poser ces nouveaux «repères».

 

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Pour le numéro un de LR, Christian Jacob, le reconfinement marque "l’échec de notre capacité à tester, à isoler, à vacciner "et Emmanuel Macron en est "le seul responsable".

Le président des Républicains, Christian Jacob, estime que "le confinement est un échec". "Depuis un an, nous n’assistons qu’à des réactions au coup par coup, une communication désordonnée, des contradictions permanentes. Et le seul responsable en est Emmanuel Macron. Il a court-circuité le Parlement comme le Conseil des ministres. Tout passe par le conseil de défense, où il décide seul. Le problème, ce n’est pas l’administration", estime-t-il dans une interview au JDD.

Le gouvernement a annoncé jeudi de nouvelles restrictions pour 21 millions de Français. Était-ce inévitable?

Le confinement, c’est un échec. C’est l’échec de notre capacité à tester, à isoler, à vacciner. Au mois de décembre, le gouvernement nous annonçait 15 millions de personnes vaccinées d’ici au printemps. Nous y sommes aujourd’hui : seuls 2,3 millions de Français ont été vaccinés. En janvier, Olivier Véran nous promettait 70 millions de vaccinés cet été. Nous en serons très loin…

 

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Le député LR du Vaucluse explique pourquoi il a décidé, avec ses collègues, de s’abstenir sur le projet de loi inscrivant le climat à l’article 1er de la Constitution

La semaine dernière s’est discuté à l’Assemblée nationale le projet de loi portant réforme constitutionnelle afin de modifier l’article premier de la Constitution en y inscrivant que la France « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique ».

Une telle formulation est inutile, car la charte de l’environnement annexée à la Constitution a déjà hissé dans notre « bloc de constitutionnalité » les préceptes environnementaux. Certes, la lutte contre le réchauffement climatique n’y est pas explicitement mentionnée mais une adjonction à la charte suffirait. C’est d’ailleurs ce qui a été proposé en séance... mais rejeté par la majorité !

En réalité, toute la subtilité est dans le « quasi » car par sa formulation, le gouvernement s’est bien gardé de garantir une baisse des émissions de CO2 : la garantie ne porte que sur la préservation environnementale, la partie « réchauffement » n’étant concernée que par une obligation de moyens (la France « lutte contre le dérèglement climatique »). Emmanuel Macron prend donc pour des imbéciles tous ceux qui croient qu’il y aura un grand pas en avant vers des résultats. Il n’y aura au contraire qu’une augmentation des contentieux portés par des groupes de pression qui pourront jouer sur l’ambiguïté de la formulation requise.

 

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TRIBUNE - Olivier Marleix, Marc Le Fur, vice-président de l’Assemblée, Patrick Hetzel, François Cornut-Gentille, Philippe Gosselin et 19 autres députés LR expliquent les raisons de leur vote contre le projet de loi constitutionnelle inscrivant la préservation de l’environnement à l’article 1er de la Constitution. Le scrutin est prévu ce mardi à l’Assemblée.

En proposant d’introduire à l’article 1er de la Constitution que la France «garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique», l’ancien spécialiste de Machiavel devenu président de la République française a habilement suscité deux types d’oppositions qui s’annihilent: ceux qui dénoncent l’apparente indigence de la formule retenue, ceux qui en dénoncent les dangers extrêmes.

Pour y voir clair, pourtant, il suffit de lire l’avis du Conseil d’État. La plus haute juridiction administrative française nous met en garde contre le gouvernement des juges.

 

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Olivier Marleix, député LR d'Eure-et-Loir, dénonce depuis de nombreuses années l'abandon de l'industrie française. Il appelle l'État à faire preuve de plus d'interventionnisme pour sécuriser les entreprises stratégiques.

Comment expliquer que les entreprises françaises soient à ce point des proies de choix pour les groupes étrangers ?

Il y a une structure très particulière du capitalisme français : 80 entreprises concentrent aujourd’hui à elles seules la moitié de la production industrielle du pays ! Dans le même temps ces groupes sont très mal contrôlés. En Allemagne ou en Italie, vous avez beaucoup d’entreprises de taille intermédiaire, dont le capital est concentré entre un nombre réduit de personnes; en France, depuis quarante ans, on a pris beaucoup de mesures pour dissuader les gens de devenir patron. Le résultat, c’est que nos entreprises sont très mal contrôlées : si vous regardez le Cac 40, le premier actionnaire détient en moyenne 26 % du capital. Cela donne des entreprises qui sont facilement OPAbles, notamment par des acteurs étrangers.

Quelles mesures faudrait-il prendre aujourd’hui pour inverser la tendance ?

Depuis le milieu des années 1980, la France a fait le choix de toujours plus d’ouverture au grand marché mondial (on produit à 2 euros de l’heure en Chine…) et, dans le même temps, de toujours plus de redistribution pour en corriger les effets dévastateurs, c’est-à-dire toujours plus d’impôts et de charges pour les entreprises. En clair, les entrepreneurs ont deux boulets à chaque pied, les normes et les impôts, et on leur dit « sautez dans le grand bain de la mondialisation » ! La solution c’est d’inverser cette logique. Plus de liberté à l’intérieur, et un peu de protection —grâce à un État un peu plus stratège— vis-à-vis de l’extérieur. Avec un appareil productif plus puissant on n’aurait pas besoin de la “serpillière sociale”.

 

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