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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

DARMANIN Gérald

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MERCREDI 9 AVRIL 2014

Devenir des classes moyennes

Question de M. Gérald Darmanin à M. Michel Sapin, ministre


M. le président. La parole est à M. Gérald Darmanin, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire. (Les députés du groupe UMP se lèvent et applaudissent.)

M. Gérald Darmanin. Avant de poser ma question à M. le Premier ministre, vous me permettrez d’avoir une pensée émue pour tous les habitants de Tourcoing qui nous ont fait confiance et qui ont mis fin à vingt-cinq ans de gestion socialiste. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. – Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)

Monsieur le Premier ministre, durant la dernière campagne électorale, nous avons entendu encore plus qu’auparavant le cri de souffrance de la classe moyenne, éternelle oubliée, éternelle sacrifiée. Hier encore, comme disait le poète, dans votre discours, vous n’avez pas eu un mot pour elle, éternelle oubliée, éternelle sacrifiée.



M. Claude Goasguen. Vous ne l’avez même pas citée !

M. Gérald Darmanin. Dans ma circonscription de Tourcoing-Vallée de la Lys, je ne compte plus les motifs de mécontentement de mes électeurs, de la défiscalisation des heures supplémentaires au recalcul du quotient familial. Éternelle oubliée, éternelle sacrifiée.

Vous avez annoncé 50 milliards d’économies, monsieur le Premier ministre. Mais vous n’avez pas dit pas dans quelles poches vous les prendrez. Tout indique, malheureusement, que c’est dans celles des salariés, des fonctionnaires, des retraités, de tous ceux qui donnent de l’énergie à notre économie nationale. Éternelle oubliée, éternelle sacrifiée.

Alors, monsieur le Premier ministre, ici et maintenant, rassurez l’essentiel de ceux qui font la France, rassurez les classes moyennes, rassurez les Français ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des finances et des comptes publics.

M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics. Monsieur le député, nul n’est propriétaire d’une catégorie de Français, qu’il s’agisse des plus modestes ou qu’il s’agisse des classes moyennes auxquelles, à juste raison, vous vous intéressez. C’est vrai que bien souvent, peut-être même trop souvent, lorsque la France est en difficulté – elle l’a été, elle l’est encore –, c’est à elles que l’on demande des efforts : des efforts à caractère fiscal – vous en avez demandé, nous en avons demandé –, des efforts en termes de mobilisation personnelle au travail afin que cette classe moyenne qui fait la richesse de la France apporte sa capacité d’innovation, sa capacité de travail, sa capacité de mobilisation pour permettre à notre pays de s’en sortir.

M. Christian Jacob. C’est de la bouillie pour les chats, cette réponse !

M. Michel Sapin, ministre. Oui, nous devons nous préoccuper aussi du devenir de ces classes moyennes. Trop souvent, l’augmentation fiscale se fait sur leur dos.

Monsieur le député, vous me demandiez dans quelles poches nous allions prendre ces 50 milliards d’euros. Mais ces 50 milliards ne sont pris dans aucune poche, ces 50 milliards proviennent d’économies budgétaires et c’est toute la différence ! Nous n’allons pas augmenter les impôts, ni pour les classes moyennes, ni pour d’autres. Pour pouvoir baisser le coût du travail ou apporter des réponses à un certain nombre de Français en très grande difficulté, nous allons faire des économies : cet argent, nous ne le prenons pas dans les poches de nos concitoyens, nous le leur rendons et ce faisant, nous le rendons aussi aux classes moyennes.

M. Franck Gilard. Vous n’avez pas à « rendre » ce qui ne vous appartient pas !

M. Michel Sapin, ministre. Les classes moyennes, ce sont aussi elles qui ont envie que leurs enfants soient accueillis à l’école, et que l’ascenseur social fonctionne de nouveau. C’est tout l’enjeu de la mobilisation de la jeunesse et de notre système éducatif, pour permettre à tous de progresser. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)