qg

Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

HERBILLON Michel

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MARDI 19 JANVIER 2021

Hommage à Marielle de Sarnez

Question de M. Michel Herbillon à M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères


M. le président. La parole est à M. Michel Herbillon.

M. Michel Herbillon. Je souhaite à mon tour rendre hommage, au nom de l’ensemble des députés du groupe Les Républicains, à la mémoire de notre collègue et amie, Marielle de Sarnez. (Applaudissements sur tous les bancs.)

Sa disparition a suscité, bien au-delà de sa famille politique, une profonde émotion à la hauteur de la trace qu’elle laisse dans cet hémicycle, elle qui était si attachée au pouvoir du Parlement.

Marielle de Sarnez aura lutté avec infiniment de force mais aussi beaucoup de pudeur face à la maladie et son courage fut en tout point admirable.

Je veux aussi retenir ses combats politiques, que nous avons souvent partagés, la force et la constance de ses convictions, symbolisées notamment par son inlassable engagement européen, qui a façonné son parcours politique.

Je retiendrai enfant que Marielle de Sarnez fut une grande présidente de la commission des affaires étrangères, reconnue de tous (mêmes mouvements) pour son exigence, sa compétence, sa parfaite indépendance et sa hauteur de vue. La commission lui rendra d’ailleurs hommage demain matin.

Jusque sur son lit d’hôpital, elle aura exercé ses responsabilités et elle se sera battue pour remettre un remarquable rapport parlementaire, en décembre dernier, sur les dimensions européennes et internationales de la crise. Face à une pandémie mondiale, elle avait compris la nécessité absolue d’une réponse internationale coordonnée en matière sanitaire. Elle avait regretté, tout comme nous, la réaction trop tardive de l’Union européenne, qui doit se doter enfin d’une véritable autonomie stratégique.

Elle déplorait la faiblesse du multilatéralisme et le manque de coopération internationale illustrés par l’absence de transparence de la Chine, au moment de l’apparition du virus. Elle s’inquiétait également des risques pour l’Afrique, qui se sont hélas confirmés, avec l’identification du variant sud-africain du virus, particulièrement virulent.

Monsieur le Premier ministre, dans un contexte géopolitique aussi instable, que comptez-vous faire pour appliquer les recommandations du rapport de Marielle de Sarnez, afin d’amplifier la réaction internationale dans la lutte contre la covid-19 ? Les appliquer serait la plus belle façon de lui rendre hommage. (Les députés de tous les groupes se lèvent et applaudissent.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères.

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Je partage votre émotion et veux m’associer à l’hommage que vous venez de rendre à Marielle de Sarnez, dont l’engagement européen passionné se conjuguait avec un regard lucide sur l’Europe.

Je veux aussi souligner le talent avec lequel elle menait les travaux et les débats de la commission des affaires étrangères de cette assemblée depuis 2017, et je peux témoigner que, grâce à elle, nos échanges ont toujours servi notre diplomatie.

Dans un monde où les enjeux nationaux et internationaux ne cessent de se télescoper, pour le meilleur mais souvent pour le pire, une diplomatie forte est une diplomatie ouverte au débat et aux exigences des sociétés civiles. La diplomatie parlementaire a donc un rôle majeur à jouer, et Marielle de Sarnez y veillait, avec la rigueur intellectuelle et l’expérience politique que nous lui connaissions ; sa disparition est donc une perte immense pour notre diplomatie.

Marielle luttait contre la maladie avec un courage et une détermination que vous avez soulignés, et le rapport que vous venez d’évoquer n’en est que plus remarquable puisque rédigé dans les conditions que vous savez. C’est avec beaucoup d’intérêt et de passion que j’ai pris connaissance de ses conclusions, de la portée qu’elle voulait donner aux conséquences géopolitiques de la crise pandémique et des enseignements à en tirer.

Je suis tout disposé à venir devant la commission pour discuter de ce rapport, en particulier des trois enseignements majeurs qu’il recèle : la nécessité pour l’Europe de renforcer son autonomie stratégique, celle, pour le multilatéralisme, de soutenir plus avant les biens publics mondiaux que sont en particulier les enjeux sanitaires et les enjeux climatiques, enfin la nécessaire solidarité avec les pays les plus en difficulté – je pense en particulier à l’Afrique. Cela serait un bel hommage à lui rendre. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)