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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

AUBERT Julien

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MARDI 26 JANVIER 2021

Politique énergétique et gestion de la consommation

Question de M. Julien Aubert à Mme Barbara Pompili, ministre de la transition écologique


M. le président. La parole est à M. Julien Aubert.

M. Julien Aubert. Ma question s’adresse à madame le ministre de la transition écologique. Vendredi 8 janvier dernier, nous avons été incités par RTE, le réseau de transport d’électricité, à réduire notre consommation électrique afin d’éviter que notre réseau, soumis à un pic de consommation, ne s’effondre. L’aveu est de taille ! Il y a encore quelques années, avant l’arrivée au pouvoir des socialistes, la France disposait d’une capacité excédentaire de production électrique ; il nous faut désormais nous serrer la ceinture ! Ce dernier pic n’avait pourtant rien d’exceptionnel : en 2012, nous avions dû faire face à une consommation de 102 gigawatts, alors qu’elle était à peine de 87 gigawatts cette fois-ci.

Comment l’expliquer ? Vous dites qu’une partie de notre parc électronucléaire est indisponible à cause du report d’opérations de maintenance. Vous oubliez de préciser, au passage, que si vous aviez laissé EDF mener ses opérations de maintenance pendant le premier confinement, nous n’en serions pas là !

Une autre explication, plus globale, relève de la politique énergétique que vous menez en faisant le choix de privilégier le développement des énergies électriques intermittentes au détriment des énergies pilotables. Depuis 2012, celles-ci ont été réduites de 10 %, en raison notamment de l’arrêt de la centrale de Fessenheim, alors que l’EPR de Flamanville n’est pas encore en service.

M. Raphaël Schellenberger. Un scandale d’État ! Un abandon de territoire !

M. Julien Aubert. Notre système électrique n’a désormais plus de marge. Que se passera-t-il, madame le ministre, si un confinement intervient en février et que l’hiver est rude ? Votre Gouvernement entend-il changer de politique énergétique ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre de la transition écologique.

Mme Barbara Pompili, ministre de la transition écologique. Monsieur le député Julien Aubert, ce n’est pas en répétant cent cinquante fois quelque chose de faux que vous en ferez une vérité.

M. Raphaël Schellenberger. C’est à vous que cela s’applique !

Mme Barbara Pompili, ministre. Je vous le répète une nouvelle fois : premièrement, les Français seront normalement approvisionnés en électricité cet hiver.

M. Raphaël Schellenberger. Produite avec du charbon allemand !

Mme Barbara Pompili, ministre. Il n’y aura pas de black-out, contrairement à l’idée que vous essayez de répandre. Deuxièmement, s’il y a des problèmes de pics de consommation, qui rendent parfois nécessaire un lissage de la consommation,…

Mme Valérie Beauvais. Les faits sont têtus !

Mme Barbara Pompili, ministre. …c’est parce que les opérations de maintenance n’ont pas pu être réalisées pendant le confinement, quelle que soit la raison que vous invoquez.

M. Raphaël Schellenberger. À cause de votre mauvaise gestion du premier confinement !

Mme Barbara Pompili, ministre. La fermeture de la centrale Fessenheim n’y est évidemment pour rien.

M. Raphaël Schellenberger. Bien sûr que si !

Mme Barbara Pompili, ministre. Vous le dites vous-même : 20 % environ de notre capacité nucléaire ne sont actuellement pas exploités, pour des raisons notamment de maintenance.

M. Raphaël Schellenberger. De votre fait !

Mme Barbara Pompili, ministre. Soyons clairs : la poursuite de la production à Fessenheim n’y aurait pas changé grand-chose, sinon rien du tout.

Vous n’avez pas parlé des centrales à charbon et je vous en remercie : si nous les utilisons, elles ne représentent plus que 1 à 3 % environ de notre consommation, un pourcentage de plus en plus bas.

M. Raphaël Schellenberger. Et l’importation d’électricité produite par le charbon allemand ?

Mme Barbara Pompili, ministre. Nous les arrêterons d’ailleurs d’ici à 2022. Vous devriez cesser d’avoir une vision idéologisée des choses, monsieur Aubert. (Vives exclamations et rires sur les bancs du groupe LR.) Un rapport sortira demain, qui remettra les choses à plat, d’un point de vue technique et non pas idéologique ! Enfin, plus de 70 % de notre électricité est encore d’origine nucléaire. Pensons surtout à ne plus gaspiller notre électricité : ce serait déjà une bonne chose ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)

M. Raphaël Schellenberger. Elle n’est pas très applaudie !

M. le président. La parole est à M. Julien Aubert.

M. Julien Aubert. Madame le ministre, vous mentez lorsque vous dites qu’il n’y a pas de risque de black-out : le même jour, le 8 janvier, un accident est survenu en Roumanie et l’on a dû isoler une partie du réseau électrique européen pour éviter un black-out ! Vous mentez ! Ensuite, c’est un simple calcul arithmétique : avec 1,6 gigawatt supplémentaire produit par Fessenheim, il aurait été plus facile de passer le pic de consommation ! Enfin, j’aimerais savoir comment vous ferez en 2021 et 2022 sans les importations d’électricité allemande, dans la mesure où nous allons perdre ces capacités. Bientôt, ce ne sera pas le black-out, mais le « green out » du Gouvernement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)