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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

GAULTIER Jean-Jacques

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MARDI 26 JANVIER 2021

Approvisionnement en vaccins

Question de M. Jean-Jacques Gaultier à M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé


M. le président. La parole est à M. Jean-Jacques Gaultier.

M. Jean-Jacques Gaultier. Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, après les retards, les ratés, les faux départs et les couacs, et, pour tout dire, le fiasco du début de la campagne (Exclamations sur les bancs du groupe LaREM),…

M. Raphaël Schellenberger. C’est la réalité, et vos mensonges n’y changeront rien !

M. Jean-Jacques Gaultier. …un million de Français ont pu être vaccinés en un mois. Cela ne représente donc que 1 % de la population, ce qui nous laisse toujours derrière l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, et même très loin derrière le Royaume-Uni qui compte déjà près de sept millions de vaccinées. À peine partis, déjà au ralenti !

Pourtant, les élus et les collectivités sont prêts ; les soignants et les Français sont prêts. Mais le Gouvernement l’est-il ? Nos centres de vaccinations souffrent clairement d’un manque de doses. Vous avez fait naître beaucoup d’espoirs ; on sent désormais beaucoup de frustrations.

Ma première question est d’ordre national : cette pandémie marque malheureusement le déclin industriel, et la dépendance de l’Europe et de la France en masques, en tests, en vaccins.

M. Fabien Di Filippo. Il a raison !

M. Jean-Jacques Gaultier. Alors que l’institut Pasteur a jeté l’éponge, que Sanofi est au ralenti, y a-t-il encore la place et le temps pour un vaccin français ? N’arrivera-t-il pas après la bataille ? Pourrait-on au moins aider à produire, sous licence, des vaccins déjà autorisés et prêts ?

Ma seconde question est d’ordre territorial : il y a une semaine, vous étiez à Nancy, monsieur le ministre. Les frigos y étaient pleins mais, un peu plus au sud, dans les Vosges, ils sont désespérément vides. Nous avons sept centres de vaccination, dont trois sont situés dans ma circonscription…

M. Fabien Di Filippo. Véran ne sait pas compter !

M. Jean-Jacques Gaultier. Or ni Neufchateau, ni Mirecourt, ni Vittel, qui étaient pourtant prêts avant Nancy, ne peuvent être réapprovisionnés à l’heure où je vous parle. Merci pour les ruraux !

Je vois la vie en Vosges, mais surtout les Vosges sans vaccin. Quand les ruraux seront-ils enfin traités comme les urbains ? Quand serons-nous réapprovisionnés ? Pourrons-nous, comme les autres, bénéficier du vaccin de Moderna ? Quand serons-nous véritablement acteurs et non plus spectateurs de cette crise ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Ne le prenez pas mal, monsieur le député, mais en entendant votre question, je n’ai pu m’empêcher de penser à cette vieille publicité télévisée de Renault, me semble-t-il, où l’on répétait à chaque fois : « Ça ne marchera jamais ! » Et pourtant, ça marche !

M. Raphaël Schellenberger. Quel dédain !

M. Fabien Di Filippo. Méthode Coué !

M. Olivier Véran, ministre. Plus d’un million de Français ont reçu une première injection de vaccin, ils seront plus d’un million et demi d’ici à la fin de la semaine, c’est-à-dire 50 % de plus que l’objectif que nous nous étions fixé.

M. Pierre Cordier. Un peu de modestie, Véran !

M. Olivier Véran, ministre. En dehors de l’Angleterre, la France est désormais le pays d’Europe où le rythme de vaccination est le plus soutenu. Mais je ne désespère pas, monsieur le député, de vous convaincre que la France est pleine de ressources, de talents, de richesses, d’envie d’aller de l’avant…

M. Fabien Di Filippo. Et l’institut Pasteur ?

M. Olivier Véran, ministre. Elle n’attend pas nécessairement, en écoutant ses représentants nationaux, qu’on dise d’elle qu’elle n’y arrivera jamais. Et de fait, la France y arrive. Les soignants, les élus, les agences régionales de santé, les préfectures sont mobilisés…

M. Maxime Minot. Mais il n’y a pas de doses !

M. Olivier Véran, ministre. …et les Français sont chaque jour plus nombreux à être vaccinés. C’est une bonne nouvelle.

Vous vous inquiétez de la capacité des entreprises françaises à identifier un vaccin. Je tiens d’abord à rappeler que cette campagne vaccinale est avant tout une aventure scientifique…

M. Raphaël Schellenberger. Ce n’est pas une aventure, c’est une pandémie ! Mais c’est vrai que votre mandat, vous le vivez comme une aventure !

M. Olivier Véran, ministre. …qui a permis d’identifier un vaccin en moins de onze mois après la découverte du virus. C’est ensuite une aventure industrielle, puisque l’ensemble des laboratoires du monde sont mobilisés pour produire du vaccin en quantités astronomiques – plus d’un milliard de doses sont produites chaque mois dans le monde. C’est enfin une aventure humaine et sanitaire : lorsque vous parlez de la campagne vaccinale, monsieur le député, vous parlez en réalité des dizaines de milliers de personnes mobilisées pour protéger les Français.

M. Maxime Minot. Qui en ont marre de ne pas avoir de doses !

M. Olivier Véran, ministre. Soyez rassuré : nous avons des vaccins. Hier encore, avec ma collègue Agnès Pannier-Runacher, nous avons discuté avec les grands laboratoires afin qu’ils puissent produire, en France comme en Europe, les vaccins qui fonctionnent pour le compte d’autres entreprises qui ont réussi à les mettre au point. La recherche française continue à travailler, y compris chez Sanofi et à l’institut Pasteur. Ensemble, nous y arriverons.

M. Jean-Jacques Gaultier. Il n’y a pas de vaccins !

M. Olivier Véran, ministre. Je le répète : sur un tel sujet d’intérêt général et de santé publique, il n’y a pas lieu d’avoir des controverses et des disputes. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.)