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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

HETZEL Patrick

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MARDI 02 FÉVRIER 2021

Politique de la recherche

Question de M. Patrick Hetzel à M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santére


M. le président. La parole est à M. Patrick Hetzel.

M. Patrick Hetzel. Ma question s’adresse directement à M. le Premier ministre. Après le fiasco des masques puis celui des tests, nous voici face au fiasco de la vaccination. C’est un cri unanime des professionnels de santé : la campagne de vaccination en France est hélas un modèle de désorganisation.

Mais il y a plus grave encore. Considérés comme les fers de lance de la filière pharmaceutique française, symboles de l’excellence et du rayonnement de la France à l’étranger, l’Institut Pasteur et Sanofi annoncent publiquement ne plus être dans la course pour un projet de vaccin contre la covid-19 au moment même où plusieurs laboratoires concurrents lancent l’homologation de leurs produits.

Et comme si cela ne suffisait pas, nous venons d’apprendre que Valvena, entreprise française implantée à Nantes, et dont Bpifrance est actionnaire, va produire un vaccin pour nos voisins anglais plutôt que pour la France, tout ceci parce que votre Gouvernement n’a même pas eu l’idée de commander directement des vaccins à cette belle entreprise française. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.)

Mes propos mettent cruellement en lumière la faiblesse de la politique de recherche de votre Gouvernement. Or, s’il est bien un domaine où nous devons défendre notre souveraineté, c’est celui de la recherche. La crise sanitaire accentue encore cette absence abyssale de politique de recherche. C’est désormais rien moins que la crédibilité de l’État Français, auprès de nos concitoyens mais aussi à l’international, qui est en jeu.

Dans cette période cruciale, comment pouvez-vous accepter que le directeur général de la recherche et de l’innovation, qui a démissionné pour cause de désaccord majeur avec votre Gouvernement, n’ait pas été remplacé, et ce depuis le 25 novembre dernier ?

M. Raphaël Schellenberger. Scandaleux !

M. Patrick Hetzel. Ma question est simple : quelle mesure comptez-vous enfin prendre pour que la France retrouve une politique de recherche digne de ce nom ? Ne vous dérobez pas, monsieur le Premier ministre. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. La France est un très grand pays de recherche fondamentale, appliquée et clinique. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Vous le savez, monsieur Hetzel, puisque vous vous êtes investi dans les questions de recherche et de gouvernance depuis que vous êtes député, soit depuis près de dix ans – vous êtes même un spécialiste de ces questions au sein de votre groupe parlementaire.

Tout d’abord, ne dénigrons pas la qualité de la recherche dans notre pays ; c’est notre fierté nationale. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.) Ne dénigrons pas non plus les grands organismes de recherche publique présents sur notre territoire.

M. Fabien Di Filippo. Ce n’est pas la question !

M. Olivier Véran, ministre. Je ne vous ai pas entendu célébrer par des cocoricos le jour où ce même Institut Pasteur, que vous avez incriminé dans votre question, a été le premier organisme au monde capable – en seulement trois jours –, de séquencer le génome du virus du covid-19, une découverte qu’il a partagée avec le monde entier. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. –  M. Erwan Balanant applaudit également.) C’est toujours pareil : ne parlons surtout pas de ce qui marche dans notre pays mais mettons en avant ce qui peut nous servir à attaquer ses adversaires.

Je ne peux plus entendre parler de fiasco des tests alors que nous sommes depuis des mois le pays d’Europe dans lequel on se teste le plus (Brouhaha.) Il faut désormais 0,6 jour pour être testé, quel que soit l’endroit où l’on se trouve dans le pays ; il faut moins de 24 heures dans 95 % des cas pour avoir le résultat ; et dans 92 % des cas on est appelé par l’ARS ou par l’assurance maladie dans les 24 heures qui suivent son test. Aucun pays au monde n’enregistre de telles performances. Et vous savez quoi ? C’est gratuit, sans ordonnance et vous faites ce test quand vous voulez. Je suis sûr que vous bénéficiez de ce dispositif lorsque vous estimez que c’est nécessaire. Est-ce le fiasco dans vous parlez ? Dans ce cas, vive les fiascos ! Je ne crois pas que cela en soit un.

De la même manière, s’agissant de la vaccination, vous avez parlé de l’unanimité des professionnels de santé. Mais ce qui réunit ces milliers de soignants, c’est le fait qu’ils travaillent tous les jours dans les centres de vaccination, qu’ils ont monté, non pas cinquante centres comme en Allemagne, mais 1 000 centres pour assurer un maximum de proximité, et qu’ils ont déjà vacciné plus d’1 million et demi de Français en quelques semaines, une campagne qui continue de monter en puissance.

Encore une fois, soyez fier de votre pays, de ceux qui le font avancer, qui recherchent, qui découvrent, qui créent. Et lorsqu’un laboratoire de recherche ne trouve pas forcément un traitement tout de suite, tolérez que l’on ne gagne pas à tous les coups. Soyez confiants, nous y arriverons. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)