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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

ANTHOINE Emmanuelle

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MARDI 16 FÉVRIER 2021

Approvisionnement en matériel de lutte contre la Covid 19

Question de Mme Emmanuelle Anthoine à M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé


M. le président. La parole est à Mme Emmanuelle Anthoine.

Mme Emmanuelle Anthoine. Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, après le manque criant de masques de protection qui a poussé le Gouvernement à remettre en cause leur efficacité, après les lacunes du traçage des cas contacts, après l’échec de la stratégie de dépistage et la trop lente montée en puissance de la capacité de tests PCR, après le décollage poussif de la campagne de vaccination, après les listes d’attente des personnes de plus de 75 ans souhaitant se faire vacciner – listes qui ne cessent de s’allonger –, voici le nouvel épisode de la saga des défauts d’anticipation du Gouvernement : la pénurie de kits de séquençage du génome du virus SARS-CoV-2.

Les centres nationaux de référence chargés de ce séquençage sont, en effet, confrontés à des problèmes d’approvisionnement en matériels et en réactifs chimiques. Le séquençage est pourtant vital, en ce qu’il permet de suivre la circulation des variants du virus. Les professionnels alertent ainsi depuis des mois sur la nécessité de passer des commandes pour éviter toute pénurie : la situation est telle que les besoins pour le suivi de l’épidémie risquent d’entrer en concurrence avec les besoins de séquençage pour les soins oncologiques.

Une fois encore, la France est en retard. Le 1er février dernier, le Royaume-Uni a partagé 195 000 séquences, le Danemark, plus de 34 000 et la France 4 300 seulement, derrière l’Allemagne, l’Espagne et les Pays-Bas, notamment.

Un député du groupe LR. Véran, t’es nul !

Mme Emmanuelle Anthoine. Or si nous pouvions bénéficier de telles capacités de séquençage du virus, nous pourrions suivre, au plus près, la circulation des variants, notamment en Moselle, pour éviter que la situation ne nous échappe…

Un député du groupe LR. Eh oui !

Mme Emmanuelle Anthoine. Autrement dit, l’efficacité des vaccins et l’immunité des personnes déjà contaminées pourraient être remises en cause, repoussant ainsi les perspectives de sortie de crise. Les Français n’en peuvent plus de cette crise ! Alors, monsieur le ministre, le Gouvernement va-t-il enfin déployer les efforts qui s’imposent pour traquer la circulation des variants en France ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Vos chiffres sont faux, madame la députée, et il me semble important de rétablir la vérité. Vous dites que la France n’a réalisé que 4 000 séquençages, alors que nous en sommes à plus de 5 000 par semaine ! La France est le seul pays européen à effectuer plus de 80 % de criblage des tests PCR. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

Plusieurs députés du groupe LaREM. Eh oui !

M. Olivier Véran, ministre. L’Allemagne procède à un séquençage un jour donné toutes les deux semaines, alors que nous procédons, quotidiennement, au criblage de 80 % des tests PCR réalisés ! Nous sommes le seul pays à pouvoir établir, en valeur absolue, le nombre de variants par territoire. C’est d’ailleurs ainsi que je me suis rendu en Moselle, car cette technologie nous a permis de démontrer que les variants y progressaient et de déterminer le nombre précis de patients positifs. Vos chiffres sont donc faux.

Quand vous dites que la France accuse un retard en matière de vaccination, permettez-moi de vous donner trois chiffres : tout d’abord, la France est, à date, le pays européen, excepté l’Angleterre évidemment, qui a réalisé le plus de primo-vaccinations proportionnellement à sa population, devant l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

M. Hervé Berville. Eh oui !

M. Olivier Véran, ministre. Ensuite, 72 % des personnes âgées résidant en EHPAD ont été au moins primo-vaccinées et une grande partie d’entre elles sont même totalement vaccinées, ce qui fait de la France le seul pays européen à obtenir un tel taux de couverture s’agissant des personnes les plus fragiles. (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)

Enfin, l’âge moyen des personnes vaccinées dans notre pays est de 67 ans ; il est de 60 ans en Allemagne, de 55 ans, je crois, en Espagne et il est inférieur encore en Italie. Nous avons fait le choix de cibler les personnes âgées les plus fragiles et, franchement, je n’ai pas de regrets.

Vous évoquez en revanche un vrai problème de fond : la pénurie mondiale de polypropylène, cette structure en plastique que l’ensemble de la planète recherche pour produire des petits cônes indispensables aux tests PCR. Nous disposons de deux semaines de stock dans le secteur public, de deux mois dans le secteur privé. La direction générale des entreprises, la DGE, est mobilisée depuis des semaines pour lancer la production, en impression 3D, au sein d’entreprises françaises et passer des commandes à l’étranger de ces précieux cônes dont nous avons effectivement besoin.

Un député du groupe LR. Où sont-ils ?

M. Olivier Véran, ministre. Nous en faisons, par ailleurs, un usage raisonné en biologie, afin de maintenir nos capacités de séquençage. Il s’agit d’un défi collectif, que nous relèverons ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM.)