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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

DOOR Jean-Pierre

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MARDI 09 MARS 2021

Stratégie vaccinale

Question de M. Jean-Pierre Door à M. Jean Castex, Premier ministre


Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Pierre Door.

M. Jean-Pierre Door. Monsieur le Premier ministre – c’est à vous que j’adresse ma question puisque le ministre de la santé n’est pas là aujourd’hui –, vous dites accélérer le rythme de la vaccination : c’est ce que nous voulons, nous aussi,…

Mme Sandra Boëlle et M. Patrick Hetzel. Eh oui !

M. Jean-Pierre Door. …mais nous n’acceptons plus vos autosatisfecit, constamment démentis par les décisions de votre administration, les ordres suivis de contre-ordres en tous sens qui discréditent la guerre contre le virus : qui fait quoi, entre l’hôpital, les médecins, les pharmaciens, les centres de vaccination ouverts et gérés par les élus locaux ? Quelle tranche d’âge doit être vaccinée et quels sont ceux qui restent sur le bord de la route ?

M. Thibault Bazin. Il a raison !

M. Jean-Pierre Door. Le message du directeur général de la santé aux médecins, dimanche soir, pour leur dire de reporter d’urgence les vaccinations programmées, au motif que des doses de vaccin avaient été transférées à leurs collègues pharmaciens, a été vécu comme vexatoire. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LR.) Ils ont dû annuler les rendez-vous de toute une population de patients qui avaient dû sacrément galérer pour les obtenir. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.) Il y a mieux à faire que cette pagaille vaccinale.

Je m’interroge aussi sur la déprogrammation d’interventions à risque, voire à haut risque, décision rendue inévitable par la pénurie de lits dans les hôpitaux. C’est l’aveu de l’échec total du ministre de la santé et du Gouvernement qui promettaient, il y a un an, d’ouvrir 14 000 lits supplémentaires.

M. Pierre Cordier. On les attend toujours !

M. Jean-Pierre Door. On a la confirmation aujourd’hui que ces lits n’ont jamais été ouverts.

M. Pierre Cordier. Bien sûr !

M. Jean-Pierre Door. l’Institut Gustave-Roussy alertait cet été sur le danger de cette décision de report, à laquelle on impute l’origine de 6 000 décès. La Ligue contre le cancer ne dit pas autre chose. Ce matin, le professeur Axel Kahn lui-même vous alertait par médias interposés sur les risques de cette décision, dénonçant une erreur politique.

Ce qu’il nous faut, monsieur le Premier ministre, c’est un pilote unique. Reprenez la main !

M. Patrick Hetzel. Très bien !

M. Jean-Pierre Door. Les Français en ont assez de la communication bavarde, assez des différentes affirmations sur le nombre de Français vaccinés. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

M. Jacques Cattin. Bravo !

Mme la présidente. La parole est à M. Adrien Taquet… La parole est à M. le Premier ministre.  Ah ! » sur les bancs du groupe LR.)

M. Jean-Paul Lecoq. Il a été vexé ! La vérité, ça dérange !

M. Jean Castex, Premier ministre. Je réponds à votre question, comme j’ai répondu à celle de M. François-Michel Lambert tout à l’heure, pour apporter certaines clarifications que vous ne voulez peut-être pas entendre. (Protestations sur les bancs du groupe LR.)

Plusieurs députés du groupe LR. Les médecins en ont ras-le-bol !

M. Pierre Cordier. Regardez les chiffres !

M. Jean Castex, Premier ministre. Je voudrais aussi vous féliciter d’avoir pu vous-même vacciner tout ce week-end grâce à l’accélération de la stratégie vaccinale décidée par le Gouvernement : bravo, monsieur le député. C’est comme ça que nous allons nous en sortir, cher Jean-Pierre, en nous unissant tous et pas en tenant ces propos polémiques qui ne vous honorent pas. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LaREM.  Protestations sur les bancs du groupe LR.)

Mesdames et messieurs, la stratégie vaccinale, je l’ai exposée ici, et nous la mettons en œuvre : à ce jour 4 millions de nos concitoyens, figurant parmi les publics prioritaires…

M. Pierre Cordier. Nous sommes parmi les derniers en Europe !

M. Jean Castex, Premier ministre. …que vous connaissez parfaitement, ont été vaccinés (M. Cyrille Isaac-Sibille applaudit) et nous avons l’objectif d’en vacciner 10 millions d’ici au 15 avril prochain. Ce n’est pas que nous ayons été lents au cours de la première vague ; c’est que beaucoup plus de doses vont nous être livrées au cours des mois de mars et d’avril qu’en janvier et février – trois fois et demie plus. (Protestations sur les bancs du groupe LR.)

M. Pierre Cordier. Trois cents vaccinés au 31 décembre !

M. Jean Castex, Premier ministre. Voilà la vérité.

Mme Barbara Bessot Ballot. Répondez aux médecins !

M. Jean Castex, Premier ministre. Il y a, vous le savez, cher Jean-Pierre, plusieurs catégories de vaccins, dont certains ne peuvent pas être administrés par les professionnels de santé libéraux en raison de leurs conditions de conservation. Ce n’est pas le cas du vaccin d’AstraZeneca, et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé, comme je l’avais annoncé devant la représentation nationale, de permettre aux professionnels de santé libéraux de vacciner, sans opposer médecins et pharmaciens car on a besoin d’eux tous. (M. Cyrille Isaac-Sibille applaudit.)

Les médecins ont suffisamment de doses pour vacciner ceux de leurs patients qui ont plus de 50 ans et qui présentent des facteurs de comorbidité importants. On a livré 1 200 000 doses la semaine dernière ; le week-end dernier, 400 000 n’avaient toujours pas été utilisées. À la fin de la semaine, ils en recevront 744 000. Les médecins ont de quoi vacciner.

M. Pierre Cordier. Et la semaine prochaine ? Et celle d’après ?

M. Jean Castex, Premier ministre. Les pharmaciens doivent maintenant entrer en lice. Cette semaine, dans les départements sous tension, ils recevront 67 000 doses, à comparer au million de doses. Ne cherchons donc pas à nouveau les querelles : tout le monde aura sa place pour vacciner, tout le monde vaccinera et nous nous en sortirons. (Exclamations continues sur les bancs du groupe LR.)

M. Thibault Bazin. C’est la chienlit !

M. Jean Castex, Premier ministre. J’étais encore ce matin à Nevers où je visitais un centre de vaccination : ça marche très bien ; il y a beaucoup d’élus qui ne cherchent pas à polémiquer mais à travailler. Il ne faut pas être démagogue : il faut dire à nos concitoyens qu’on vaccine au rythme de la livraison des doses vaccinales. C’est ce que nous faisons partout, avec l’ensemble des acteurs qui coopèrent sur le territoire. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

M. Pierre Cordier. Allez voir ailleurs !

M. Erwan Balanant. Mais regardez les chiffres !