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Chaque semaine durant la session ordinaire, deux séances d'une heure sont consacrées aux questions au gouvernement, les mardis et mercredis après-midi. Ce temps est réduit à une seule séance hebdomadaire d'une heure lors des sessions extraordinaires.

Ces questions, dont la durée est de 4 minutes réponse du ministre comprise, concernent principalement les sujets de politique générale. Leur sujet est libre et, n'étant généralement pas déposées, elles conférent une grande spontanéïté au déroulement de ces séances. Elles sont réparties sur le même principe que les questions orales sans débat, alternant les interventions de l'opposition et de la majorité.

BAZIN Thibault

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT - MARDI 16 MARS 2021

Gestion de la crise sanitaire

Question de M. Thibault Bazin à M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé


M. le président. La parole est à M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin. Monsieur le Premier ministre, demain sera le triste anniversaire du premier confinement. J’ai bien conscience que le Gouvernement a dû faire face à une crise d’une violence inouïe.

M. Patrick Mignola. Merci !

M. Thibault Bazin. Néanmoins, le bilan de sa gestion est bien sombre.

En effet, votre gouvernement a durement attenté aux libertés des Français au prix d’une détresse psychologique, chez eux, parfois dramatique. La France paie un coût économique très élevé et vous n’avez pas su suffisamment protéger nos concitoyens. Les Français et les soignants ont en effet manqué de tout : pénurie de masques, de tests, manques de lits de réanimation, pénurie de blouses, de surblouses, manque de kits de séquençage et, désormais, de doses de vaccins. (Mme Caroline Fiat applaudit.)

M. Maxime Minot. Eh oui !

M. Thibault Bazin. Nous avons subi un défaut d’anticipation quasi systématique, des lourdeurs administratives incroyables avec moult attestations et protocoles indigestes, et un recul de notre souveraineté.

Le démarrage de la vaccination s’est révélé catastrophique – une vaccination à deux vitesses entre les métropoles et le reste du territoire. Quelque 4 millions de Français devaient être vaccinés au 28 février ; or seuls 2,7 millions à peine avaient reçu les deux doses à cette date !

M. Pierre Cordier. Très juste !

M. Thibault Bazin. Le 15 mars, 5 millions de Français avaient reçu une première injection, contre 25 millions de Britanniques outre-Manche…

Enfin, depuis un an, nous subissons l’accumulation d’ordres et de contre-ordres, avec des ministres qui disent souvent le lendemain le contraire de ce qu’ils affirmaient la veille.

M. Fabien Di Filippo. N’est-ce pas, monsieur Véran ?

M. Thibault Bazin. D’abord sur le masque, puis sur les tests massifs et maintenant sur le vaccin AstraZeneca.

Monsieur le Premier ministre, vous avez incité les Français, dimanche soir, à avoir confiance dans ce vaccin avant que, vingt-quatre heures plus tard, le Président de la République n’en suspende l’utilisation.

M. Pierre Cordier. Eh oui, il faudrait s’accorder !

M. Erwan Balanant. Vous êtes irresponsables !

M. Thibault Bazin. Résultat catastrophique : angoisse des Français, démobilisation des professionnels.

Alors que la France compte plus de 90 000 morts du covid-19, alors que l’on nous menace à nouveau de confinement, quand allez-vous cesser de faire de la mauvaise communication et d’infantiliser nos concitoyens ? Les Français en ont marre ! Ils veulent être protégés et retrouver leur liberté. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LR.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.

M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Vous demandez de la constance. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

M. Pierre Cordier. Vous ne risquez pas de nous l’apporter !

M. Olivier Véran, ministre. Or vous en avez fait preuve, pendant un an, monsieur le député. Les oppositions, du moins certaines, nous ont en effet demandé avec constance tout et son contraire. Vous terminez votre intervention en affirmant que les Français veulent être protégés et retrouver leur liberté. Je suis venu à sept reprises vous présenter un texte sur l’état d’urgence sanitaire, à chaque fois pour demander la confiance du Parlement, notamment de votre groupe, afin de prendre toutes les mesures à même de protéger les Français et de leur permettre de retrouver la liberté. (Exclamations sur les bancs du groupe LR.)

Quand vous nous exhortez, en même temps, à rouvrir les bars, les restaurants et à lutter contre la pandémie, je ne suis pas sûr qu’au bout de cette année les Français soient parfaitement convaincus par l’attitude des groupes de l’opposition vis-à-vis de l’action du Gouvernement. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Dem.)

M. Pierre Cordier. Caricature, Véran !

M. Olivier Véran, ministre. Vous nous demandez de la constance mais également de la transparence et de la pédagogie, et de redonner confiance aux Français. Que s’est-il passé avec le vaccin AstraZeneca ? Ce vaccin est très efficace et précieux dans notre lutte contre la pandémie.

M. Pierre Cordier. C’est à Emmanuel Macron qu’il faut dire ça, pas à nous !

M. Olivier Véran, ministre. Nous nous sommes toujours engagés à la plus grande transparence quant à son utilisation, ses éventuels effets indésirables, par le moyen d’un système de pharmacovigilance national et européen. L’Agence européenne des médicaments estime que ce vaccin est efficace et que la balance bénéfice-risque est positive.

Plusieurs députés du groupe LR. Alors pourquoi en avoir suspendu l’utilisation ?

M. Olivier Véran, ministre. Cependant, ladite agence instruit pendant quarante-huit heures, avec des scientifiques de toute l’Europe, la déclaration de cas très rares de complications trombo-emboliques qui pourraient éventuellement en modifier partiellement les indications.

M. Pierre Cordier. Vous semez le doute, Véran !

M. Olivier Véran, ministre. Nous devons écouter l’ensemble des pays membres de l’Union européenne et, ici, nous donner quarante-huit heures de recul pour revenir avec confiance devant les Français ; je le souhaite de tout mon cœur comme ministre et comme Français et savez-vous pourquoi, monsieur le député ? Quand on aime son pays, on a envie qu’il s’en sorte et on fait tout pour l’aider et non pour le tirer vers le bas. (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et Dem. – Exclamations sur les bancs du groupe LR.)

M. Pierre Cordier. Quel scandale !

M. le président. La parole est à M. Thibault Bazin.

M. Thibault Bazin. Il y a une solution, monsieur le ministre : vacciner, vacciner et vacciner ; et en finir avec les injonctions contradictoires. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

M. Pierre Cordier. Bravo !