Pour le président de la commission des finances, la priorité des baisses d’impôts devrait aller aux entreprises « qui sont au cœur de la création de richesse et de la hausse du pouvoir d’achat des Français ​»

Les faits: Bercy a présenté mercredi son traditionnel programme de stabilité, qui revoit à la baisse les prévisions de croissance à 1,4 % et acte la dégradation de la trajectoire des finances publiques sur le quinquennat (1,2 % de déficit en 2022). La baisse d’impôt pour les ménages atteindra 10 milliards d’euros cette année. Rien n’est prévu pour les entreprises. Le document sera rapidement amendé après les annonces présidentielles suite au Grand débat, attendues dans le courant de la semaine prochaine.

L'Opinion: - Le gouvernement prévoit une croissance de 1,4 % jusqu’à la fin du quinquennat. Le Haut conseil aux finances publiques a jugé ces prévisions sincères. Et vous ?

Eric Woerth: - Je salue la sincérité de l’exécutif, il prévoit bien, mais ce qu’il prévoit est-il bien ? Non. Jamais un programme de stabilité n’a été aussi empreint d’une telle instabilité. Il ne contient rien des annonces présidentielles à venir suite au Grand débat. Des annonces qu’on promet fondamentales. Elles auront donc des conséquences tout aussi fondamentales sur le budget.

C’est un programme de stabilité à durée déterminée ?...

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TRIBUNE - Les Français n’ont pas attendu le grand débat pour être convaincus de la nécessité de diminuer les dépenses publiques. Aussi éprouvent-ils une irritante impression de surplace. Pour accomplir enfin de vraies réformes, méditons quelques maximes inspirées par Thatcher et Schröder, argumente le député et historien.

Après quatre mois de jacqueries, 500.000 contributeurs mobilisés et 12 millions d’euros dépensés, il ne ressort du grand débat que des évidences: la France souffre de trop de dépenses publiques et donc de trop de taxes et impôts! Depuis des années, think-tanks et experts (Ifrap, Iref, Institut Montaigne, Institut Molinari, Coe-Rexecode, Fipeco) n’ont cessé dele répéter et de le démontrer: dans notre pays, la dépense publique atteint 57 % du PIB, contre une moyenne de 48 % dans la zone euro.

Afin de restaurer notre compétitivité et rendre aux Français en pouvoir d’achat le fruit de leurs efforts, il n’est pas d’autre choix que de réduire cette dépense publique, avec un objectif à terme d’environ 80 milliards. Les priorités sont connues de tous: unification des régimes de retraite, augmentation de l’âge de la retraite (indispensable alors que l’espérance de vie n’a cessé de croître et qu’une année de travail de plus représente environ 18 milliards d’économies), réforme de l’aide ...

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Cinq mois après le début d’une crise sans précédent, l’Assemblée nationale se réunit pour débattre sans voter alors que l’urgence n’est plus de débattre, mais de prendre des décisions.

Ce débat, voulu en réalité par le Président de la République, est une curiosité. Une sorte d’ovni politique d’autant moins identifié qu’il intervient moins de 2 ans après l’élection présidentielle qui est le moment, dans la vie politique française, où les Français fixent le cap.

Finalement, le moment que nous vivons avec ce Débat ne démontre-t-il pas que le Président de la République a eu raison de théoriser les conditions de son élection : « une effraction ». Ce n’est pas moi qui le dis. C’est lui.

La vérité, c’est même que sa politique d’aujourd’hui est le fruit d’une double effraction : son élection et celle de sa majorité parlementaire dont on mesure chaque mois qui passe davantage la faiblesse, son incapacité à prendre le pouls du pays, en un mot une forme de déconnexion.

L’histoire retiendra qu’un jeune Président a été élu en 2017. Plus jeune que le Président Giscard, plus jeune que tous les autres qui n’auraient été que les représentants éteints, éreintés et fatigués d’un ancien monde.

Le nouveau monde arrivait donc avec ses certitudes, avec une suffisance et une arrogance qu’il a fallu, je le concède, un peu de temps aux Français pour découvrir.

Des Français avaient voulu y croire, pour la France, pour eux-mêmes aussi, avec l’espoir que la promesse allait advenir.

Je ne dois pas vous cacher que nous, nous ne sommes pas déçus car nous n’y avons jamais cru. Jamais cru parce que le « en même temps » raisonne comme une forme d’embrouillamini, un « attrape-tout » et en définitive un immobilisme.


Il fallait de la constance, des convictions et une colonne vertébrale pour résister à l’unanimisme auquel les commentateurs nous incitaient dans les premiers temps.
MACRON allait, non pas réformer, mais transformer la France. Rendez-vous compte : transformer la France.

Et pas seulement la France. C’est l’Europe elle-même qu’il allait rebâtir. A renfort de grands discours, notamment celui de la Sorbonne, il nous le promettait.

Avec le recul, il est permis d’en sourire et nous aurions dû être enseignés par l’accueil, extrêmement froid que ses propositions ont reçu partout en Europe. Mais, à ce moment, il fallait circuler et s’incliner devant les promesses du nouveau Prince de l’Europe.

Aujourd’hui, on a compris qu’il ne sauverait pas l’Europe, ni même la France.

La question, au moment où l’on parle, est de savoir s’il parviendra à se sauver lui-même.

Celui qui aspirait à transformer le pays, a réussi l’impensable : mettre le pays dans un état pré-insurrectionnel. Voilà la réalité. 18 mois après son élection, Monsieur MACRON a perdu la confiance, et plus grave encore, le respect des Français. C’est un des enseignements de la crise qui a éclaté en novembre dernier.

On ne s’est pas suffisamment arrêté au projet macroniste de « transformation ». On a sous-estimé la charge symbolique extrêmement violente de cette idée de transformation. Car dans transformer, il y a l’idée de modifier la forme, de chambouler, de déformer. Nos concitoyens –et c’est aussi ce que la crise des gilets jaunes nous enseigne- n’aspirent pas à tout déformer pour le plaisir de tout déformer.

Ils y aspirent d’autant moins qu’ils ne comprennent pas le sens de cette transformation et qu’ils ne voient pas où le Président de la République veut les amener avec ce projet de société.

Ajoutez-y les excès verbaux du Président de la République qui a rarement su trouver les mots pour montrer aux Français qu’il les respecte, vous comprenez le rejet qu’il suscite.

Une grande majorité de nos concitoyens ont été blessés par des attaques à répétition. Je n’y reviendrai pas car au fond, je suis sûr, Monsieur le Premier Ministre, que vous êtes d’accord avec nous.

Je suis sûr que vous condamnez avec nous les fautes de goût incompréhensibles pour un Président de la République : une pose photographique avec un délinquant torse-nu aux Antilles, une pose photo à l’Elysée avec un groupe de musique en bas résille. Nous ne pensions pas, en toute franchise, parce que nous sommes parfaitement attachés au prestige de la Présidence de la République, tomber si bas.

Les Français ont également tous bien compris qu’un très proche collaborateur de Monsieur MACRON a bénéficié de cette proximité pour s’arroger des droits exorbitants dans l’organisation de la sécurité de la Présidence. Et peut-être davantage si l’on en croit les liens que Monsieur BENALLA a pu avoir avec des oligarques russes.

Au regard de la gravité de cette affaire, nous avons tous été abasourdis de la violence de vos attaques contre le Sénat. Contre le Sénat qui n’a eu qu’un tort : transmettre à la justice les dossiers des proches du Président qui se sont rendus coupables de parjure pour protéger Monsieur BENALLA.

C’est l’honneur d’une assemblée parlementaire, dans une grande démocratie comme la France, de jouer son rôle institutionnel de contrôle de l’exécutif. L’Assemblée nationale se serait grandie à remplir cette mission au lieu d’apparaître comme une assemblée inféodée et caporalisée à un pouvoir qui a manifestement fauté.

Cela aurait été votre honneur, Monsieur le Premier-Ministre, de jouer pleinement votre rôle institutionnel de Chef de gouvernement. Vous n’êtes pas un collaborateur du Président de la République. Vous avez une responsabilité, celle de défendre le Sénat quand il exerce sa mission avec rigueur. Celle aussi, par exemple, de condamner la Présidence de la République lorsqu’elle se livre à des sombres montages et trucages d’images.

Ces comportements délétères pèsent très lourds dans la défiance qui frappe Monsieur MACRON. On nous a survendu un « nouveau monde » qui est en fait pire que l’ancien, car il est blessant, hautain et condescendant.
Ce pouvoir paye également très durement sa verticalité, sans aucune fondation solide. Il paye sa volonté d’exclure tous les corps intermédiaires et les élus.

Il y a urgence à écouter les élus de France.

Les élus nationaux d’abord, les parlementaires qui sont devenus, avec cette présidence, des élus de seconde zone. Ils seraient trop nombreux, trop payés, incompétents. Pour toutes celles et ceux qui aiment l’Assemblée nationale, qui pensent qu’elle joue un rôle majeur dans l’équilibre des pouvoirs, qui pensent que l’antiparlementarisme est un fléau et que le Président de la République devrait être à nos côtés pour défendre cette Institution. Pour tout cela, il est temps de relever la tête.

A ce stade, permettez-moi de vous dire solennellement que, si vous décidiez que la sortie du Grand Débat passe par une réforme du mode de scrutin, vous prendriez un risque insensé. Un risque qui nous ferait changer de régime et qui affaiblirait la Vème République.

La proportionnelle n’est pas ce dont la France a besoin. Elle a besoin de députés enracinés réellement au contact des citoyens, dans des Circonscriptions à taille humaine.

Les élus locaux ont aussi été des cibles faciles au début du quinquennat : trop nombreux, trop dépensiers, empêcheurs de tourner en rond pour un Président qui voulait tout régenter. Avant d’assister à une marche- arrière toute qui n’a eu qu’un but : utiliser les maires comme bouclier contre la colère des Français. Personne n’a été dupe de cette grossière manœuvre. La calinothérapie, après le « Balance ton Maire », admettez que cela ne sonnait pas juste.

Cette tactique a été habile, mais absolument pas sincère. Il ne s’agissait que de gagner du temps. Gagner du temps, c’est la marque de fabrique du Grand débat.

Là encore, tout le monde a vu votre jeu.

Qui peut nier que vous avez parié sur le pourrissement du mouvement des Gilets jaunes qui a été encouragé notamment au cours des premières semaines du mouvement et que cela a débouché sur la situation que l’on a connue, le 1er décembre et le 16 mars. Une faillite totale de l’autorité de l’Etat.

Des scènes inimaginables, au cœur de Paris, qui ont abouti au limogeage d’un Préfet de Police qui n’a eu qu’un tort : obéir aux ordres imprécis d’un Ministre qui lui, a sauvé sa tête. Elle est belle la République des fusibles.

C’est une honte, d’autant plus vive que tout le monde sait que le Préfet Delpuech est une victime collatérale de l’affaire Benalla. Après le Général de Villiers, ce Préfet est la seconde victime expiatoire d’un Président gonflé de vanité et de morgue.

Aucun Président avant Monsieur MACRON n’a mis le pays dans une telle situation. Pour tenter de sauver ce qu’il est encore possible de sauver, le Président a souhaité organiser un Grand Débat avec les Français, faisant mine d’oublier que son élection vient d’avoir lieu.

En vérité, le contrat qui le lie aux Français, celui de son élection, est déchiré. Ce n’est plus réellement d’un débat dont le pays aurait besoin, mais d’une nouvelle élection. Pourquoi une élection ? Simplement parce qu’en démocratie, l’élection est le seul juge de paix pour s’assurer de la légitimité d’un gouvernement.

Vous avez choisi une autre voix, habile et sinueuse. La voie de la délibération permanente pour brouiller les pistes, reprendre de l’oxygène, gagner du temps et plus grave, tenter d’enjamber les élections européennes.

Il y a beaucoup à dire sur les conditions d’organisation de ce débat. On se rappelle de la démission fracassante de la Présidente de la Commission nationale du Débat public qui a contesté le rôle joué par le Gouvernement. Elle a dénoncé le manque de neutralité. (Pour une fois qu’elle avait raison). Des garants ont été appelés à la rescousse pour en donner l’illusion.

Que dire aussi de votre décision de réduire le champ du débat en imposant 4 thèmes. 4 thèmes importants mais des sujets majeurs de préoccupation des Français ont été mis sous le tapis.

C’est vrai de la sécurité, alors que la délinquance, petite et grande, pourrit le quotidien des Français et que des quartiers entiers, comme l’a reconnu votre ancien Ministre de l’Intérieur, sont en sécession républicaine. On a finalement bien compris que vous vouliez faire l’impasse sur ce sujet pour une raison simple : vous ne voulez pas assumer la continuité délétère de votre politique judiciaire avec celle de Monsieur Hollande et Madame Taubira.

Rien non plus dans ce débat sur les sujets au cœur du pacte républicain. La lutte contre le communautarisme qui est un poison pour la République française.

L’ambiguïté du Président de la République, et d’un grand nombre de vos ministres sur la laïcité devient insupportable. Est-ce que nous sommes capables de revenir à l’essence de la loi de 1905 ? Sommes-nous capables, collectivement, d’assurer que, les valeurs de la République, la liberté de conscience, l’égalité entre les hommes et les femmes, l’héritage culturel de la France, soient respectés dans nos écoles, dans nos hôpitaux, dans l’espace public ?

Pensez-vous que les dérives de l’islamisme radical peuvent être contenues ? C’est ce qui nous sépare car nous pensons, nous, qu’il faut les combattre, avec la première force car il sera peut-être bientôt trop tard. Ce débat était une occasion de poser cette question sans tabous. Ce sera une occasion manquée.

C’est le grand paradoxe de ce débat. Il devait être national, ce qui aurait dû autoriser à parler franchement de la Nation, de sa cohésion, de ce qu’il faut respecter pour devenir Français, de l’héritage historique, culturel et républicain de la France.

Nous savons que, pour vous, la maîtrise ferme de l’immigration et le retour aux sources d’une politique républicaine d’intégration qui n’a pas peur de l’assimilation, sont des tabous. Vous avez tort et nous regrettons profondément que ce sujet, majeur pour le pays, ait été exclu du débat parce que votre Gouvernement et votre majorité sont mal à l’aise, divisés et très ambigus sur la question.

Le Débat national est donc marqué par ces vices de conception. C’est déjà beaucoup. Mais rien au regard du fait qu’il a d’abord été un débat de Macron pour Macron lui servant en réalité uniquement à se mettre en scène. Reconnaissez avec nous que vous avez souffert des interminables monologues présidentiels qui ont donné le tournis. C’était l’objectif et de ce point de vue, c’est plutôt réussi.

Vous avez tiré sur la ficelle du grand débat autant que vous avez pu. Mais le sablier s’est vidé et vous êtes aujourd’hui au pied du mur.

Vous êtes au pied du mur car votre bilan économique et social est mauvais, très mauvais.

Beaucoup de commentateurs continuent pourtant de défendre la thèse incongrue d’un gouvernement qui aurait beaucoup réformé et qui aurait fait voter des réformes dont la droite aurait rêvé.

Après presque 2 ans d’exercice du pouvoir, il est temps, grand temps de tordre le cou à ce canard.

Nous n’avons jamais rêvé, nous, de la hausse de la CSG pour les retraités, d’un matraquage fiscal sans précédent, de taxes, toujours de taxes, sur l’essence, sur l’électricité.

Vous venez, peut-être de la droite. Mais vous êtes partis à gauche ; Dans une majorité qui a son centre de gravité au parti socialiste.

La preuve, c’est le temps que vous avez mis à reprendre la loi anticasseurs votée au Sénat, une loi que vous auriez été incapables de faire voter par votre majorité sans notre groupe.

La preuve, c’est aussi qu’il y a eu en 2 ans en tout et pour tout 2 demies- réformes : les ordonnances sur le travail qui n’ont rien apporté sur les questions cruciales du temps de travail et du coût de travail. Et la réforme de la SNCF dont on n’a pas encore vu ce qu’elle change vraiment. Vous réformez beaucoup dans les discours, beaucoup moins dans l’action.

Le pays est à l’arrêt depuis 5 mois. Nous ne voyons rien venir de très clair : ni sur les retraites, ni sur l’assurance-chômage, ni sur les dépenses publiques, ni sur la fiscalité.

Un mot sur la réforme des retraites. Pour que les choses soient bien claires, sachez que nous ne serons pas d’une réforme des retraites qui fera baisser le montant des pensions ou qui s’attaquera aux droits familiaux et aux pensions de reversion.

Les retraités et les familles ont payé un tribut très lourd à votre politique fiscale. Vous avez fait suffisamment de dégâts avec la CSG et la désindexation des retraites. N’en rajoutez plus.

5 chiffres illustrent l’échec de votre Gouvernement. Pour celles et ceux qui ont encore un doute ou qui ne veulent pas entendre que Macron, c’est finalement Hollande en pire, ces 5 chiffres vont être un choc :

- Sur la dépense publique, en dépassant la Finlande, la France est devenue championne d’Europe avec 56.5% du PIB soit 10 points de plus que la moyenne européenne. 1330 milliards de dépenses, ce qui représente 57 milliards de plus en 2 ans. Le record de François Hollande (37 milliards) est pulvérisé. Macron, c’est plus de dépenses publiques qu’Hollande. Quand je vous disais qu’il est socialiste.
- Le taux des prélèvements obligatoires a atteint 45.3% du PIB. C’est un point de plus qu’avec Hollande qui était pourtant le champion toutes catégories de l’impôt.
- Dans ce contexte, lorsque les Français vous ont entendu hier décréter l’état d’urgence fiscale, ils peuvent légitimement se demander si c’est un trait d’humour ou si vous vous moquez ouvertement d’eux sachant que ce soir, ici même, votre Ministre de l’Economie et des Finances va proposer d’augmenter de 5 points le taux d’IS sur les grandes entreprises.
- Le déficit public se creuse pour la première fois depuis 10 ans. Pire déficit de la zone euro : 2.8% du PIB en 2018. Et pour 2019, c’est le grand brouillard. Aucun projet de loi de finances rectificatives -encore un grand manque de respect à l’égard du Parlement- n’a été voté après le plan de 10 milliards d’euros du mois de décembre. On nous annonce 3.2% de déficit. Comment vous faire confiance ?
- La dette va atteindre 100% du PIB en 2019. Plus de 2300 milliards de dettes !
- Enfin, le déficit commercial a atteint 60 milliards d’euros en 2018 contre 42 milliards en 2015. Seul le Royaume-Uni fait pire. Pendant ce temps, vous nous expliquez que la France est plus attractive et que nos entreprises retrouvent de la compétitivité.

Ces résultats, qui ne sont pas des indicateurs, mais des preuves, sont le signe du « 0 réforme ». Rien contre le matraquage fiscal, rien pour juguler les dépenses publiques. Rien en vérité non plus pour la compétitivité des entreprises.

Vous pouvez, pour vous disculper, tenter d’expliquer que cet échec est un échec collectif. Nous refusons cette facilité. Est- ce que nous gouvernons avec vous ? Non. C’est vous et vous seul qui êtes aux manettes.

Le Président de la République est entré à l’Elysée en 2012 avec François HOLLANDE. Il est devenu Ministre de l’Economie puis Président de la République. Depuis 7 ans maintenant, il inspire la politique économique et sociale française. Nous pensons que c’est assez pour tirer un premier bilan de son action.

C’est sur ce terrain que nous vous attendons, que les Français vous attendent.

Je vois bien la tentation que vous pourriez avoir de déplacer le débat sur des sujets institutionnels, sur les modes de scrutin, sur des grandes questions qui pourraient être intéressantes mais qui ne sont pas au cœur des préoccupations des Français.

Nous, nous vous attendons sur 2 sujets simples :
- Le pouvoir d’achat des Français
- Et leur vie quotidienne
Parce qu’avec vous depuis 2 ans, la montagne a accouché d’une souris, nous ne vous jugerons pas sur vos discours, ni le vôtre aujourd’hui, ni ceux du Président de la République dont il s’enivre pensant qu’un discours vaut une réforme.

De ce point de vue, les signes ne sont pas encourageants. Jeudi dernier, en plein grand Débat à l’Assemblée, vous avez balayé d’un revers de main, notre proposition de loi sur le pouvoir d’achat. Nous avons proposé l’annulation pour tous les retraités de la hausse de la CSG, la réindexation des pensions et allocations familiales sur l’inflation, la baisse de 10 % sur l’impôt sur le revenu, le retour au niveau de 2012 du quotient familial.

C’est dans cette voie clairement, qu’il faut vous engager pour provoquer un choc de confiance. Les Français, asphyxiés de prélèvements, veulent une rupture avec le tout impôt. Cela impose un courage, celui de baisser la dépense publique.

Si dans vos décisions budgétaires, vous empruntez ce chemin, vous irez dans la bonne direction, celle que les Français réclament, celle où le travail, la liberté d’entreprendre, l’envie de produire de la richesse, sont encouragés.

Reste, pour prendre la mesure de la crise actuelle, à répondre à l’attente de considération et d’équité des Français où qu’ils vivent sur le territoire national.

La France s’est bâtie sur la promesse républicaine d’équilibre, d’aménagement et d’équité territoriale.

Depuis deux ans, vous avez mené une politique dans laquelle la France des territoires ne s’est pas retrouvée. Pire, elle s’est sentie oubliée, voire humiliée.

Tous les Français ne vivent et n’aspirent pas à vivre dans de grandes métropoles.

Ils demandent une chose simple à laquelle ils ont droit, parce qu’ils ne sont pas des Français de seconde zone.

Ils demandent l’égalité de traitement dans l’accès aux services publics. Ce doit être notre grande priorité nationale si nous ne voulons pas que l’harmonie de ce pays, son équilibre, sa cohésion patiemment bâtie par les générations passées, s’évanouissent.

C’est maintenant que cela se joue. Après il sera trop tard.
Cela signifie que d’abord, il faut réinvestir dans des services publics de proximité, un bouclier territorial avec des élus de proximité, auxquels on donne les moyens d’agir. Si vous répondez à la crise actuelle, par moins d’élus, ou pire par des élus sans ancrage territorial, vous amplifierez la défiance.
De grâce, n’opposez pas les Français et leurs élus par pure démagogie. Vous n’y gagnerez rien. Nous avons besoin d’élus municipaux, départementaux, régionaux, pour mailler le territoire, pour faire vivre la démocratie de proximité.

Des élus responsables, avec de vrais budgets, avec de vraies ressources, pour faire vivre la décentralisation au bénéfice de nos habitants.

Les élus de France attendent ce signe d’espoir. Réinventer le pacte territorial républicain, au-delà des grandes déclarations de principe, c’est dire clairement que les hôpitaux de proximité sans maternité et sans chirurgie, ce n’est pas possible.

Dire que les centaines de fermetures de classes en zone rurale ou des lycées privés de certaines spécialités, ce n’est plus tenable. Dire que les fermetures de maternité à grande échelle, c’est un déclassement pour les territoires.

Monsieur le Premier ministre, la France a besoin de respirer. Les Français, ceux qui ont travaillé et qui veulent pouvoir simplement profiter de leur retraite, et aider les leurs, ceux qui travaillent dur pour élever leurs enfants nous ont adressé un message clair.

Nous l’avons tous reçu cinq sur cinq. Nous pensons qu’en définitive, leurs attentes sont au cœur des valeurs que nous portons et du projet politique qui est celui de notre Mouvement et de notre Groupe parlementaire.

Vous êtes aujourd’hui, aux responsabilités et c’est à vous de répondre au défi qu’ils ont lancé à leurs dirigeants.

Ce défi, c’est celui d’un modèle social et économique plus libre, avec moins, beaucoup moins d’impôts et des pouvoirs locaux plus forts.

C’est autour de ce trépied que les solutions d’avenir doivent être construites.

Si ce débat débouche sur ces solutions, il aura servi à quelque chose. Il aura servi à fortifier la France, car, lorsque l’on fait abstraction du reste, c’est ce qui nous anime par-dessus tout.

Sinon, le pire est devant vous et cela risque de très mal se terminer.

Christian Jacob, le président des députés à l’Assemblée nationale, estime que le grand débat n’est qu’un leurre qui ne débouchera sur aucune réforme majeure.

Après le discours d’Edouard Philippe ce lundi matin à l’occasion de la restitution des contributions des Français, Christian Jacob, patron des députés à l’Assemblée nationale, appelle à une politique ambitieuse de baisse d’impôts.

Le Parisien: Le grand débat est à peine terminé et vous êtes déjà vent debout…

CHRISTIAN JACOB. Mais parce que c’est une grande mascarade. Voilà un débat qui devait s’achever le 15 mars et dont on ne voit pas le bout. Ce que veulent le gouvernement et Emmanuel Macron, c’est enjamber les européennes. Mais les Français en ont ras le bol. Ils veulent des propositions. Or, l’exécutif fait tout pour bloquer toute discussion. Notamment à l’Assemblée nationale.

Mais le Premier ministre doit s’exprimer ce mardi devant l’Assemblée nationale

Ce sera une discussion sans vote de la part des députés. L’Assemblée n’est ni une salle des fêtes, ni un gymnase ! Jeudi dernier, nous avons déposé une proposition de loi sur le renforcement du pouvoir d’achat des Français mais elle a été renvoyée par le gouvernement en Commission sans même être débattue dans l’hémicycle. Nous assistons à une succession de monologues de la part des députés auxquels les ministres ne répondent pas car le président de la République les en empêche...

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Conférence de Christian Jacob, président du Groupe LR - Mardi 26 mars 2019
Conférence de Christian Jacob, président du Groupe LR - Mardi 26 mars 2019

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