Invité dimanche d'Europe 1, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale Damien Abad est revenu sur le retrait de la liste LREM au profit du président de la région Paca Renaud Muselier. Une telle alliance, estime-t-il, "va contribuer à la victoire du RN" - INTERVIEW

À quelques semaines des élections régionales, la droite se serait bien passée d'une telle crise. Dimanche, le Premier ministre Jean Castex a annoncé le retrait de la liste LREM en PACA au profit du président sortant LR Renaud Muselier, poussant le patron des Républicains Christian Jabob à retirer l'investiture à ce dernier. Interrogé par Europe 1, le président du groupe LR à l'Assemblée nationale Damien Abad défend la décision de son parti, fustigeant une alliance "contre-nature" qui "va contribuer à la victoire du RN" dans la région. 

"On ne peut pas vouloir porter les couleurs de LR et faire des alliances de circonstance avec un parti que l'on combat au niveau national", estime-t-il. Par ailleurs, assure Damien Abad, "je ne suis pas sûr que cette alliance puisse faire barrage au RN. Je pense à l'inverse qu'elle va contribuer à la victoire du RN, car l'électorat de droite va se sentir déboussolé, isolé, et risque soit d'aller au RN soit de se réfugier dans l'abstention".

"Au premier tour, on doit défendre ses couleurs". Pour Damien Abad, la personne de Renaud Muselier, qui "a fait un travail remarquable" à la tête de la région, n'est pas en cause. La question, précise-t-il, "est politique". "On ne peut pas faire de la confusion avec LREM alors que l'objectif de la droite doit être de porter un candidat à la présidentielle pour incarner une alternance à Emmanuel Macron et Marine Le Pen", martèle-t-il. Aussi, Christian Jacob "a bien fait" de décider de retirer l'investiture au président sortant.

 

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Alors que les sujets régaliens reviennent en force, le député Les Républicains des Alpes-Maritimes remet les pendules à l’heure dans un parti désorienté. Et refuse fermement tout rapprochement électoraliste avec la Macronie. Entretien.

Valeurs actuelles. Votre parti apparaît scindé entre les partisans d’un rapprochement avec La République en marche et les tenants d’une ligne fermement démarquée. À un an de la présidentielle et à la veille des élections régionales, est-ce une situation qui vous irrite ?

Eric Ciotti. Je n’ai jamais eu confiance en ce qu’incarnait le nouveau monde macroniste. Aujourd’hui, nous voyons les dégâts qui ont été commis, sans parler de la gestion chaotique de la crise sanitaire. Je ne trouve aucun point positif dans ce bilan. Jamais l’insécurité n’a été aussi élevée dans notre pays. Nous avons franchi tous les records en matière d’entrée d’étrangers. L’islamisme a continué à progresser et à conquérir des territoires qu’il gangrène méthodiquement. Sur le plan économique, la fiscalité n’a pas été allégée, bien au contraire. Nous vivons dans un monde marqué par l’avancée d’une bureaucratie paralysante. Ma position est très claire, on ne peut pas s’allier avec un parti que l’on combat et qui a beaucoup abîmé notre pays. Pour autant, la droite républicaine a toujours connu en son sein des sensibilités qui reposaient sur des personnalités différentes. Notre région n’échappe pas à cette histoire et cela ne me dérange pas, à partir du moment où l’on est clair sur les objectifs. Dans toute élection, on peut faire appel à des personnalités aux profils différents dans un objectif de rassemblement, mais la ligne directrice ne peut souffrir d’aucune ambiguïté. Je viens d’être réélu président de la fédération des Républicains des Alpes-Maritimes. Avec Michèle Tabarot, qui en est la secrétaire départementale, et Charles-Ange Ginesy, qui préside le Conseil départemental, notre ligne ne souffre d’aucune ambivalence. C’est à chacun de se déterminer, pas à notre parti de se conformer à des sensibilités qui sont très loin d’être majoritaires.

Que diriez-vous à ceux, parmi vos électeurs, qui seraient tentés de rejoindre Marine Le Pen en 2022, estimant vos propositions sur l’immigration et l’insécurité finalement pas si différentes ?

D’abord, j’ai envie de dire à ces électeurs que je respecte profondément et que je comprends leur colère, mais je veux leur dire aussi que voter Le Pen au premier tour, c’est quasi certainement assurer l’élection de Macron au second. Ce qui veut dire plus d’immigration, plus d’insécurité et plus de communautarisme. Je crois que quand on a un discours constant et des idées claires, les électeurs ne se trompent pas. J’appelle de mes voeux un référendum pour limiter considérablement l’immigration et appelle à sortir de certaines conventions internationales qui nous privent de notre souveraineté juridique. Je souhaite que l’on construise des places de prison pour qu’on exécute les peines. J’ai des convictions profondes, elles n’ont jamais varié et je ne me situe pas par rapport à tel ou tel parti politique, j’ai des convictions anciennes et solides que j’ai toujours défendues, mais je trouve absurde que lorsque le RN dit qu’il pleut, la bien-pensance dit qu’il fait soleil.

 

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Président LR de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier a officialisé ce mardi sa candidature à un nouveau mandat. « Le bon sens voudrait que la majorité présidentielle me soutienne », a-t-il indiqué sur BFMTV. Vous partagez cet avis ?

Cela dépend ce qu’il entend par le mot « soutien ». Moi je plaide pour le soutien sans participation comme le disaient les communistes. Si Emmanuel Macron estime qu’il ne peut pas prendre le risque que PACA bascule aux mains du RN, c’est à lui de prendre ses responsabilités et de retirer la liste que la majorité, conduite par Sophie Cluzel, veut présenter.

Et si cela se traduit par un soutien avec participation, que ferez-vous ? Même si Renaud Muselier assure qu’il n’y aura pas d’accord d’appareils, beaucoup susurrent à Marseille comme à Paris, qu’il pourrait y avoir une entente dès le premier tour avec les macronistes…

La question est de savoir si on veut nationaliser le scrutin des régionales ou non. Aujourd’hui Thierry Mariani, la tête de liste du RN en PACA, n’a qu’un objectif : offrir notre région à Marine Le Pen dans la perspective de la présidentielle. Ce serait, de notre côté, une erreur de se servir de la région pour préparer la campagne d’Emmanuel Macron en 2022. Si on donne le sentiment que le match se joue entre ceux qui se mettent dans la roue d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen, quelle place nous restera-t-il ? Je combats Emmanuel Macron au plan national, chaque semaine dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Je ne peux pas faire alliance au niveau régional avec ses ministres ou ses députés. Je ne participerai pas à une telle association. Cela consisterait à dire que l’on pense pareil, qu’entre nous, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

 

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Député du Lot, numéro trois du parti Les Républicains, Aurélien Pradié est aussi candidat à la présidence de la région Occitanie. Face à la présidente socialiste sortante Carole Delga, et à Jean-Paul Garraud pour le RN, il défend une candidature de courage.

Les français iront bien voter en juin. «Je suis satisfait que l’on respecte le calendrier démocratique», a réagi Aurélien Pradié, jeudi, au «Talk-Le Figaro». «Ça sentait la manœuvre, le coup tordu politique», a-t-il ajouté, convaincu que «depuis le début, Emmanuel Macron et son gouvernement ont tout fait pour essayer de contourner le rendez-vous démocratique». Branle-bas de combat vendredi soir, «jusqu’à cette petite manœuvre de l’exécutif avec les maires». «Au lieu d’un blanc-seing des maires pour reporter l’échéance du scrutin, il s’est passé l’effet inverse», se délecte le Républicain. L’exécutif a eu le droit «à un effet boomerang de la part des élus locaux» appuie-t-il. Pour l’élu, il était capital, «dans une période où tous les principes s’effacent peu à peu, en termes de liberté, de démocratie, de tenir bon sur ces rendez-vous démocratiques».

Député du Lot, numéro trois du parti Les Républicains, Aurélien Pradié est aussi candidat à la présidence de la région Occitanie, territoire qui l’a vu naître et grandir, tenu par le PS depuis de nombreuses année. Le Cadurcien va affronter, entre autres, la présidente socialiste sortante Carole Delga, et Jean-Paul Garraud pour le RN. Le combat s’avère compliqué. «On mesure la solidité des responsables politiques au courage qu’ils ont à mener des batailles difficiles», argue le trentenaire. «Ma candidature est d’abord une candidature de courage», ajoute-t-il.

 

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François Cornut-Gentille, député Les Républicains de la Haute-Marne, publie un essai chez Gallimard, Savoir pour pouvoir. Sortir de l’impuissance démocratique.

LE FIGARO. - Comment relever la France au lendemain de la crise?

François CORNUT-GENTILLE. - Il y a des priorités économiques et sociales immédiates et l’on ne pourra pas rester durablement dans le vide actuel. Le débat s’engage sur les moyens d’en sortir, mais toutes les mesures envisagées ne seront pas compréhensibles si elles ne sont pas mises en perspective. La vraie priorité, plus profonde et plus lourde à mon sens, est de définir un nouvel espoir politique. Cette tâche est sans doute la plus difficile.

Quelles leçons retenez-vous des impuissances de notre pays?

Cette crise est un accélérateur, un miroir grossissant de toutes les faiblesses de l’État que l’on ne veut pas voir depuis près de trente ans. Mondialisation, immigration, environnement… 

 

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